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Défilé d'associations de femmes dans les rues de Diego Suarez
Défilé d'associations de femmes dans les rues de Diego Suarez

Alors que Madagascar est traditionnellement présentée comme une des seules sociétés matriarcales de la planète, et que les femmes y ont le droit de vote et de se présenter depuis l’avènement de la République, peu se présentent aux élections et encore moins sont élues. Actuellement, de nombreux efforts sont faits au niveau de la société civile avec l’appui d’organismes internationaux pour promouvoir les candidatures féminines

La Cour Electorale Spéciale a exclut huit personnes de la liste des candidats à l’élection présidentielle dont deux femmes : Lalao Rakotonirainy Ravalomanana et Emma Roseline Rasolovoahangy. Parmi les trente trois candidats retenus, il ne reste donc plus que deux femmes : Saraha Georget Rabearisoa du parti vert Hasin’i Madagasikara et Brigitte Ihantanirina Rabemananantsoa de l’AMP (Ampela Manao Pôlitika), mais leurs candidatures sont loin d’être négligeables. Elles devront cependant affronter, comme les candidates aux législatives, de nombreux obstacles parmi lesquels les préjugés machistes ne sont pas les moindres.

Toutes s’accordent à le dire, être candidate aux élections, c’est faire preuve de beaucoup de courage, d’autres appelleraient cela de l’audace, ou même de l’inconscience car il faut bien reconnaître que dans la plupart des régions de Madagascar la femme est perçue comme celle qui écoute, qui obéit. Et si parfois on tolère ses conseils, en aucun cas on s’attend à ce que ce soit elle qui dirige ou donne les ordres. Prétendre à un poste de décision pour une femme l’oblige à surmonter de nombreux obstacles, aller à l’encontre des préjugés. La femme soutenue par les membres de sa famille et de son parti ou de son association peut réussir, pourtant force est de constater que les préjugés sexistes proviennent le plus souvent de l’époux lui-même et des parents. Le Conseil national des femmes de Madagascar rapporte que les femmes consacrent quatre fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes. «Une fille sur deux est mariée traditionnellement avant d’atteindre 18 ans et a eu au moins un enfant… ces filles ont été obligées d’interrompre leur scolarisation.» Les femmes s’accordent à dire que pour briller dans un domaine déjà dominé par les hommes, le parcours doit être exemplaire, le comportement irréprochable. « A Madagascar, un homme candidat qui boit un verre dans un bar est un politicien qui se rapproche de ses électeurs, mais une femme qui va dans un bar, même si elle n’y est pas pour l’alcool est une femme de mauvaise vie.» déclare une femme candidate aux élections législatives pour expliquer que certaines attitudes des hommes candidats sont justifiées et même louées alors que de la part d’une femme, elles ne sont pas pardonnées. Une élue soutient par ailleurs que ses alliés tout comme ses opposants suivent de très près chacun de ses faits et gestes « plus qu’il n’en faut et plus que ce qui est fait aux hommes élus ». Selon la maire d’Antanamitarana, Amina Anondaza, qui est la seule femme maire du district d’Antsiranana II, ces attentes et exigences ne la poussent qu’à faire son maximum, à se dépasser et acquérir encore plus d’expériences, ce qui la conduit actuellement à se présenter aux législatives pour Antsiranana II. Le Pr Cécile Manorohanta, présidente de l’université d’Antsiranana et Ministre de la Défense du temps du président Marc Ravalomanana quant à elle, soutient que la collaboration entre hommes et femmes pour « constituer une équipe solide derrière soit » est primordiale.
Pour les législatives, la province d’Antsiranana, soit neuf districts, compte une trentaine de femmes potentiellement candidates. Parmi elles, des figures déjà familières telles que le membre du Conseil Supérieur de la Transition Jocelyne Maxime, l’actuelle maire d’Antanamitarana Amina Anondaza… Pour la région DIANA, plus de trente femmes entendent se présenter aux élections communales. Au niveau des chiffres, l’on constate que si les femmes obtiennent des sièges à responsabilités quand ils sont attribués par désignation, pour les élections le pourcentage est moindre. 2,6% des chefs fokontany sont des femmes, ce pourcentage est de 4,7% pour les maires, les femmes occupaient 3,8% des sièges parlementaires en 2002, 9,4% en 2007. Au sein du Congrès de la Transition qui a été désigné, 18% des membres sont des femmes et 26% au sein du gouvernement. Il semble que si la notion de parité progresse au sein des milieux politiques, il n’en est pas de même au niveau de l’électorat. Aux législatives de 2002, les femmes candidates représentaient 8,5% des candidatures contre 11,2% en 2007. Les associations et organismes qui œuvrent pour la promotion du genre avancent que les partis politiques malgaches restent des institutions très masculinisées car la politique est conçue comme une sphère réservée aux hommes. De plus, les femmes candidates subissent souvent diverses formes d’intimidations et la perception par la société de la candidature des femmes aux élections est encore négative. Pour Madagascar, divers moyens (formations, transfert de compétences, renforcement de capacités, etc.) sont mis du côté des femmes pour que soit atteinte ou que la participation se rapproche le plus possible de l’objectif posé par la SADC sur la promotion de l’égalité des genres : 50% des postes de prise de décision publique et privée occupés par des femmes en 2015. Il faut admettre que le pays est encore loin de cet objectif alors que les élections vont se tenir dans quelques mois.

■ V.M

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