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Electrification durable de Madagascar
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Samedi, 17 Juillet 2010 17:50


Mad’éole "branche" les villages perdus

L’électrification rurale progresse - Dans la région, sous l’impulsion de l’association Mad’Eole, plusieurs villages sont maintenant électrifiés.
Après le village pilote de Sahasifotra en 2007, trois villages de pecheurs sont nouvellement électrifiés : Ambolobozikely (152 foyers), Ambolobozibe (253 foyers), et Ivovona (140 foyers). Ce résultat a été obtenu par une procédure mise en place par Mad’Eole qui associe et responsabilise les communautés villageoises.

La population doit participer aux travaux d’excavation, et de construction des locaux techniques. Des villageois sont choisis et formés pour obtenir des électriciens chargés de la maintenance des installations et de leur administration (encaissement des factures). Avant l’exécution du projet les tarifs sont négociés avec la communauté villageoise puis visés et autorisés par l’ORE (Office de Régulation de l’Energie – qui dépend de l’Etat).
Le coût moyen pour un ménage qui utilise quatre ampoules, une télé et un lecteur de CDs est d’environ 10 000 Ar par mois. Ce montant ne couvre que la maintenance mais en aucun cas l’amortissement du matériel : en effet le coût d’une installation est estimé entre 540 et 700 millions d’Ariarys pour un village. Le financement d’une telle somme n’est assuré par le village que a concurrence de 1 à 2%, ce qui reste très faible. Le reste se réparti entre l’ADER (Agence de Développement de l’Electrification Rurale), émanation de l’administration Malgache, pour 30 à 50% et les donateurs (quasi exclusivement étrangers : Suisses, Allemands, Autrichiens …)
L’électrification des villages ruraux va modifier profondément le mode de vie et l’économie de ces communautés. D’abord en favorisant une gestion de budget par les familles qui doit dépasser le quotidien ou l’hebdomadaire pour mettre en place une gestion mensuelle pour s’accorder à la facturation. D’autre part l’électrification peut permettre aux villages de pécheurs de se doter de réfrigérateurs ou d’infrastructure telles que salles des fêtes ou discothèques qui devraient favoriser le développement économique et ce faisant limiter l’exode rural vers les villes.
Pour autant, des points de blocage subsistent pour amplifier cette électrification :
- si la lopi de 2001 a libéralisé la production, l’exploitation et la distribution d’énergie électrique, les décrets d’applications laissent subsister des monopoles locaux. En effet, si un opérateur couvre déjà une zone, il faudra son autorisation pour vendre sur « sa zone ». Des communes comme Antsiranana ou Ramena dépendent toujours du bon vouloir de la JIRAMA qui doit autoriser tout nouvel opérateur.
Pour un particulier, si rien ne lui interdit de produire sa propre électricité, il ne peut la vendre ou la réinjecter dans le réseau de la JIRAMA.
- Au niveau du financement, les mairies et collectivités locales de la région ont pris l’habitude de compter sur l’assistance de donateurs étrangers, ce qui ne plaide pas pour le développement de la responsabilité. Cela est d’autant plus regrettable que les terrains communaux pourraient très facilement être donnés à bail à des investisseurs étrangers, le produit de ces baux couvrirait très largement des coûts d’électrification – y compris le matériel. Encore faudrait il que les terrains communaux ne soient pas bradés à des particuliers qui réaliseraient eux les plus-values au détriment des communes, des plus pauvres et des plus démunis.
- actuellement les matériels installés sont fabriqués à l’étranger pour bénéficier des meilleures technologies. Ont peut espérer que la région qui dispose d’une université technologique et d’instituts universitaires tels que l’ESP et ESPA favorise et initie la production de matériels locaux moins couteux.

Séraphin B

Mad’Eole: C’est qui, c’est quoi?
Mad’Eole est une association malgache qui a pour but de promouvoir le développement durable par les énergies renouvelables. C’est une association de droit Malgache basée à Diego Suarez qui aide les villages à monter des dossiers pour l’obtention d’aides le plus souvent sous forme de dons ou subventions.
Son directeur est Stéphan Frey.
  Association Mad’Eole BP 639 201 Diego Suarez Tél : +261 32 40 487 37 E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Web : www.madeole.org  



 

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