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Vente illicite des médicaments
Vente illicite des médicaments

L’inexistence de données relatives à l’administration de médicaments vendus illicitement est loin d’être rassurante. En effet, elle ne signifie pas que les décès, les handicaps, l’aggravation des maladies qui résultent de cette pratique n’existent pas

A Antsiranana, les antalgiques, les anti-inflammatoires et certains antibiotiques s’achètent dans les épiceries. Des produits cosmétiques et de soin de la peau sont vendus n’importe où, sur les trottoirs et au soleil. Dans le district de Diego Suarez II, c’est la pharmacie par terre qui prend de l’ampleur. Les médicaments sont étalés comme n’importe quel produit maraîcher, les clients choisissent ce dont ils ont besoin dans le tas. L’individu qui effectue ce commerce dispose d’une moto. Il fait le tour des villages et des communes dont Sadjoavato et Antsalaka… une véritable pharmacie mobile.
De telles ventes sont interdites par la loi. Les peines sont expressément prévues par le code de la santé et pourtant la répression ne survient pas systématiquement. Depuis leur début dans le métier et jusqu’à aujourd’hui, les Dr Randriantsangambelona Abel et Issa Aboudou Houssen qui sont pharmaciens à Antsiranana n’ont jamais vu de vendeurs illicites qui se sont faits arrêter ou obligés de cesser leurs activités. Le représentant de l’ordre des pharmaciens de Madagascar dans la DIANA est convaincu que la lutte contre le marché illicite se base sur la conviction des usagers quant au danger que cela représente. Les pharmaciens priorisent donc l’éducation avant la répression  : faire connaître et faire comprendre aux usagers le risque que représentent les médicaments achetés en dehors des pharmacies. « Il faut savoir que tout comme la vente, l’achat de médicaments sur le marché illicite est aussi interdit  » avance Issa Aboudou Houssen. Les pharmaciens d’Antsiranana constatent que si la lutte contre la vente illicite de médicaments est rude c’est parce qu’elle profite aux usagers en difficulté financière. Les médicaments vendus illicitement sont moins chers que ceux en pharmacie. «  Ces médicaments ne suivent pas le circuit légal, il est logique qu’ils ne coûtent pas chers car les vendeurs du marché noir ne payent pas de taxes » explique Issa Aboudou Houssen (représentant du comité de lutte contre le marché illicite de médicaments). Une habituée des médicaments d’épicerie explique « en pharmacie, il faut au moins acheter une plaquette d’anti-inflammatoire ou d’antibiotique. A l’épicerie je peux acheter la quantité que je désire et selon l’argent dont je dispose. Il n’y a que les médicaments pour les traitements de longue durée que je me procure en pharmacie. Pour les cas sérieux ».
Les pharmaciens rapportent que des médicaments entrent sur le territoire par l’intermédiaire des associations. Il n’y a pas de suivi quant à leur finalité. Toute la quantité importée est-elle réellement utilisée dans les actes de bienfaisance ? S’y ajoute les lacunes dans le suivi et contrôle du circuit : de la douane jusqu’à l’arrivée des médicaments sur le marché.

Un danger qui plane sur les malades

La cliente des médicaments d’épicerie admet ne pas connaître la date de péremption « l’épicier coupe la plaquette à l’aide de ciseaux donc on ne voit plus de date. Je lui fais confiance là-dessus vu que ses médicaments sont efficaces. Enfin, je crois ». Les cas constatés par les pharmaciens actuellement se rapportent à l’utilisation de produits cosmétiques non conformes ou/et contrefaits. « Les victimes ont le visage rouge, la peau se détériore » raconte le Dr Randriantsangambelona Abel.
Le danger de la consommation de médicaments hors du domaine médical revêt plusieurs formes. Il peut s’agir de médicaments contrefaits ou de médicaments non conformes. Si pour les premiers, le but est de vendre de faux médicaments, pour les seconds, le doute porte sur la présence ou non de principes actifs. Pour Antsiranana, le risque se rapporte surtout à la conservation des médicaments. Une conservation non conforme conduit à la déformation des principes actifs et nuit à la santé de celui ou celle qui les consomme. La date de péremption est soit inconnue soit modifiée. La posologie n’est pas comme celle recommandée d’où sous-dosage ou surdosage. L’interaction médicamenteuse et la compatibilité avec les aliments sont à prendre en considération et que seul le personnel médicalement formé peut indiquer.

La solution

Jusqu’à aujourd’hui, la vente de médicaments est le monopole des pharmacies. Pour les zones rurales, ce sont les dépositaires de médicaments qui ont l’autorisation de vente après un stage d’au moins un mois au sein d’une pharmacie. Ces dépositaires de médicaments tout comme les pharmacies sont inspectés périodiquement par l’agence du médicament de Madagascar.
L’ordre des pharmaciens n’a pas le pouvoir d’interdire ni de contrôler, bref d’intervenir pour mettre fin au marché illicite. Les pharmaciens proposent la mise en place d’un organisme de contrôle, de suivi et de répression. La création de comités régionaux de lutte contre le marché illicite de médicaments a été initiée en 2009, poursuivie en 2012 et relancée en septembre 2014. Pour la région DIANA, la mise en place du comité n’a pas abouti suite notamment au remplacement du Chef de région et du directeur régional de la Santé Publique. La représentation régionale de l’ordre entend relancer le sujet surtout que les membres qui vont constituer le comité sont identifiés. D’après l’arrêté du ministère de la Santé Publique portant organisation et fonctionnement du comité régional de lutte contre le marché illicite de médicaments, sa mission est « d’informer, d’éduquer, de communiquer et sensibiliser la population sur les méfaits de la vente illicite de médicaments ». Elle est aussi de coordonner les activités de lutte contre le marché illicite de médicaments, de signaler les infractions en matière de commercialisation illégale de produits pharmaceutiques dans le circuit de distribution concerné, de saisir les autorités compétentes en vue de prendre les dispositions adéquates... Sont représentés au sein de ce comité le ministère de la Justice, le secrétariat général de la gendarmerie nationale, les ordres régionaux de pharmaciens, de médecins, de odonto-stomatologistes, infirmiers… Les pharmaciens d’Antsiranana insistent à ce que le comité, une fois opérationnel, ait une liberté d’action et de décision. Qu’il ne fasse pas l’objet de manipulation et d’intervention de parts et d’autres.

■ V.M

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