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Visite à Diego Suarez de Daniel Zaïdani, le Président du Conseil Général de Mayotte
A l’occasion d’une visite informelle à Diego Suarez, Daniel Zaïdani, le nouveau Président du Conseil Général de Mayotte a bien voulu répondre à quelques questions de La Tribune de Diego sur sa vision de la coopération inter régionale.

La Tribune de Diégo :
Monsieur Zaïdani, Mayotte vient de devenir le 101ème Département français et vous en avez été élu Président du Conseil Général. Pouvez-vous nous dire comment se passe la mise en place des nouvelles institutions et quels sont selon vous les principaux défis que vous aurez à relever dans les mois à venir ?

Daniel ZAÏDANI : Avant de répondre à votre première question, permettez-moi de saluer à travers vos colonnes toute la population des régions DIANA et BOENY, avec lesquelles nos compatriotes entretiennent des relations privilégiées depuis de très nombreuses années, des relations empreintes d’amitié, de respect mutuel et de fraternité. Nos pays respectifs ont une histoire commune et cela compte beaucoup à nos yeux ! Dois-je rappeler que Mayotte fut rattachée administrativement à Madagascar durant près d’un siècle ? Aussi, pour revenir au fond de votre question, je dirais que la mise en place des nouvelles institutions à Mayotte, au lendemain de la départementalisation, se fait normalement, cependant, nous devons conjuguer nos efforts pour être sur tous les fronts à la fois. C’est un exercice difficile mais nécessaire car il nous faut rattraper certains retards cumulés par la majorité sortante dans pas mal de dossiers. Toutefois, cela n’altère en rien notre détermination à aller de l’avant pour asseoir un vrai développement économique et social dans lequel chaque Mahoraise et Mahorais, aura sa juste place.
Naturellement, les défis sont nombreux et comme nous ne pouvons pas tout faire en trois ans, nous avons choisi de nous atteler en premier, à l’organisation interne des services du Conseil Général, pour les rendre plus opérationnels et efficaces. La départementalisation nous impose des compétences nouvelles au profit de la population et notre capacité de réponse repose beaucoup sur la réactivité de nos services. Bien entendu, cette réorganisation a un coût, mais c’est un passage obligé si nous voulons être au rendez-vous et à la hauteur des enjeux de ce nouveau siècle. Notre majorité s’inscrit dans une logique de rupture avec le passé, une résolution à nous attaquer concrètement aux maux qui frappent notre société en impulsant une nouvelle dynamique de responsabilité. Vous comprendrez dans mon propos que le social a une place de choix dans la politique que j’entends mener au cours de mon mandat. Il faut aussi comprendre que les enjeux de développement à Mayotte ont également une déclinaison régionale et à ce titre, nous souhaitons également impulser une nouvelle dynamique dans la coopération régionale décentralisée « gagnant/gagnant » avec les pays voisins.


L.T.D.D : Pouvez-vous nous dire comment votre nouvelle équipe se positionne devant ces enjeux ?
D.Z : De manière générale, cette question de la coopération régionale intéresse beaucoup notre majorité. Nous comptons non seulement la maintenir mais surtout lui redonner un souffle nouveau. Il faut comprendre que pour nous, la question de l’insertion de Mayotte, département français et tête de pont de l’Union Européenne dans le canal de Mozambique, va bien au-delà de la relation difficile que nous entretenons avec nos voisins comoriens. Nos avancées actuelles et futures, nous souhaitons les partager avec nos partenaires dans le cadre d’une relation apaisée et au profit de nos populations respectives, et j’insiste dans un respect mutuel de nos identités propres. Pour coopérer, il faut être au moins deux, et cela ne peut se faire si les uns et les autres ne se reconnaissent pas pour ce qu’ils sont.
En ce qui concerne nos relations régionales et notamment avec Madagascar, une convention de coopération a été signée en 2008 entre la collectivité de Mayotte et la Région DIANA. Plusieurs axes d’interventions avaient été identifiés tels que l’agriculture (export vers Mayotte de fruits et légumes – aide à la construction d’un abattoir aux normes CE) et le tourisme (destination avantageuse pour les mahorais – tourisme de croisière dans la zone océan indien). La crise politique à Madagascar et la réforme de nos institutions ont bloqué l’avancement de ce projet. Néanmoins, il me semble que les dernières initiatives gouvernementales vont dans le bon sens. Notre collectivité traverse de graves difficultés financières depuis trois ans, des actions ont quant même été menées en 2009 (via le CNFPT, Centre National de la Fonction Publique Territoriale) dans le domaine de la formation des cadres et des politiques pour une enveloppe de 26 000 euros. Une autre action a porté sur une convention opérationnelle à l’envoi de 10 stagiaires dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie pour un financement de 184 000 euros. C’est une action d’une durée de deux ans (octobre 2010 à juillet 2012) à Nosy Be. Il y a eu également des échanges dans les domaines culturels et sportifs.


L.T.D.D : Avez-vous l’intention de vous baser sur cette convention ou envisagez-vous de repartir sur de nouvelles bases ?
D.Z : Il s’agit d’une convention de deux ans renouvelable par tacite reconduction. Donc la décision appartient au Président du Conseil Général et à sa majorité. Comme je vous l’ai indiqué ci-dessus, notre majorité s’inscrit dans une logique de rupture avec le passé. Il va donc de soi que le cadre de cette coopération avec Madagascar et les autres seront revus dans l’intérêt de tous les partenaires et un programme pluriannuel sera défini. Notre vision est que cette coopération ne doit pas rester seulement financière, l’aspect humain doit progressivement reprendre le dessus, je veux parler de la libre circulation des personnes et des biens, de la coopération dans le domaine scientifique, technique et universitaire ou encore dans les domaines administratif et politique. D’ailleurs à ce titre, nous allons prochainement participer dans la rénovation d’un bâtiment Universitaire sur le campus de Diego Suarez.

L.T.D.D : Quelles sont selon vous les priorités ?
D.Z : Le champ des échanges avec Madagascar est assez vaste. L’agriculture dans différents aspects, la formation et l’éducation me paraissent être un canal à développer en priorité. En tous les cas, nos services sont porteurs de plusieurs projets dans ces secteurs, mais il y a d’autres champs d’actions qui peuvent suivre très rapidement, si notre département se dote d’un budget spécifique très rapidement. A ce titre, je souhaiterais que le Département de Mayotte participe à la mise à valeur et la préservation du site de la Mer d’Emeraude

L.T.D.D : Quels types d’actions vous semblent pertinents ?
D.Z : L’histoire commune de Mayotte et Madagascar amène à conduire des actions dans le domaine des archives, de la formation, et de la culture (notamment l’étude du fonctionnement des langues en collaboration avec la Direction des Langues Régionales). Des actions sont possibles dans les domaines sanitaires, dans la recherche épidémiologique, les manuels scolaires ou encore la formation des enseignants. Dans la région de Majunga, une opération est en cours dans le domaine cadastral.

L.T.D.D : Des contacts ont-ils déjà été établis ?
D.Z : La direction de la Coopération Régionale Décentralisée a déjà communiqué aux autorités malgaches compétentes à propos du changement de présidence à la tête du Département de Mayotte. Une rencontre officielle avec les Chefs de Régions DIANA et BOENY est en cours d’étude.

L.T.D.D : A combien estimez vous le budget que vous pourriez consacrer à cette coopération ?
D.Z : Cela dépendra avant tout des projets que nous pourrons réellement mettre en œuvre au cours de cette année et des deux autres années à venir. Nous avons de grandes ambitions dans ce domaine et si nous écoutions notre cœur, je dirais que 2 millions d’euros seraient une enveloppe budgétaire idéale. Mais vous n’ignorez pas la conjoncture économique extrêmement difficile qui est la notre actuellement. Il faudra donc rester dans des proportions raisonnables. Néanmoins nous souhaiterions mettre en place des coopérations agricoles, économiques, humaines, intellectuelles et des coopérations sportives.

L.T.D.D : Vous venez d’effectuer une visite privée à Diego Suarez. Aurons-nous le plaisir et l’honneur de vous revoir bientôt – à titre officiel cette fois ?
D.Z : Des contacts déjà ont été pris par nos services, il nous reste plus qu’à établir un agenda.

■Propos reccueillis par JBM et PZ

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