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JIRAMA : le cauchemar du retour des délestagesAlors que la crise économique sévit, assortie de la crise politique qui semble ne jamais devoir finir, le retour des délestages dans la ville de Diego Suarez est vécu par ses habitants comme une véritable catastrophe.

Depuis quelques semaines, La Jirama et ses partenaires ne fournissent que près de 60% de la quantité d'électricité nécessaire aux heures de pointe. Les coupures d’électricité sont devenues quotidiennes à Antsiranana, ainsi que dans tous les chefs-lieux de districts de la région DIANA.

Trois machines seulement sur les cinq fonctionnelles sont en service chez ENELEC, et elles ne produisent que 3 600 kwh. En outre, les deux groupes de la Jirama et de l’EDM ne fournissent que 1 600 kwh. Or, la ville d'Antsiranana a besoin de 8 500 kwh par jour aux heures de pointe, soit un manque de 3 200 kwh. Les grandes entreprises de la région comme la STAR et la PFOI ont beau sortir du réseau à ces moments là en démarrant leurs propres groupes, la production totale reste insuffisante et oblige la JIRAMA à procéder à des coupures tournantes affectant tous les quartiers de la ville pendant environ six heures chaque jour.
Le directeur régional de la JIRAMA est intervenu à la télévision locale pour expliquer la situation. Pour calmer l’opinion publique, il a tenu à signaler que les coupures ne devraient avoir lieu seulement entre 17 h à 22 h. Au-delà, la cause est à rechercher ailleurs  : il a demandé à la population sa compréhension et son aide pour essayer de limiter les vols de câbles qui ne manquent pas de se produire dès qu’une partie du réseau n’est plus alimentée. Ce sont en effet pas moins de 4050 m de câble qui ont été volés au cours de l’année 2010. La fréquence des coupures actuelle qui facilite le travail des pillards laisse présager un nouveau (triste) record pour cette année.
Selon Helmi, directeur régional de la Jirama, « c’est n’est plus l’insuffisance de carburant pour faire fonctionner la centrale thermique qui en est la cause, mais la panne des groupes producteurs d’électricité appartenant à l’ENELEC et à l'EDM ». « En dépit des sommes énormes injectées dans le secteur par l’État et les bailleurs, nous sommes encore dans cette situation », se désole un ancien cadre de la JIRAMA à la retraite.

Conséquences économiques

Ces coupures ne vont pas sans entraîner de graves conséquences à tous les niveaux du tissu social et économique  : le délestage empêche la réalisation d’opérations chirurgicales dans les hôpitaux privés d’électricité et qui ne disposent pas toujours de groupes électrogènes de secours. Des foyers et les restaurateurs sont obligés de jeter aux ordures le contenu de leurs congélateurs. Cybercafés déserts, administrations paralysées, plus un pain de glace à vendre dans la ville ; mais une autre conséquence -pas la moins grave- est la fermeture des stations essences dont les pompes sont arrêtées, entraînant de longues files d’attentes aux rares stations en service. Un tailleur nous confie qu’il s'est remis à pédaler sur sa machine à coudre, faute d’électricité. Coco, vendeur d’appareils électroménagers se désole quant à lui que ses clients lui ramènent des appareils neufs mais déjà grillés par les variations intempestives de courant  : « Nos matériels sont tous sous garantie. Nous testons devant le client avant qu’il n’emmène l’appareil. Le problème c’est que ces derniers temps, la plupart de nos clients reviennent nous voir parce que l’appareil ne marche plus ou qu’il ne fonctionne pas correctement. S’il s’agit d’un défaut de fabrication, nous pouvons nous en rendre compte très vite et l’échanger contre un autre. Souvent ce n’est pas le cas, l’appareil a été mis hors d’usage par une surtension. Nous ne pouvons pas donner satisfaction à tout le monde sinon nous courrons à la perte. Notre renommée en souffre et nous avons chaque jour à subir des reproches qui devraient être adressés à la JIRAMA. Les gens espèrent un remboursement et comme ils ne l’obtiendront pas de la Jirama, c’est chez nous qu’ils se plaignent. Nous les comprenons, mais ce n’est pas de notre faute ».

Liliane, mère au foyer  : « Ce qui est inconcevable c’est que la Jirama ne tolère plus un seul jour de retard de paiement de la facture, vous vous attardez et c’est la coupure, vous payez ensuite plus de 9 000 Ariary de droit de remise du compteur. Il n’y a plus de relance ou de préavis et pourtant la qualité de leur service est lamentable. Des coupures en milieu de journée et à plusieurs reprises (cas de jeudi 27 octobre dernier), le courant était coupé cinq fois de la matinée jusque dans la soirée. Je n’ai entendu ni avertissement à la radio ni quelques mots d’excuse. Je ne sais pas quel est le problème au fond, mais quand même, il y a des mesures qui peuvent être prises afin d’éviter l’irréparable. Heureusement, les boulangeries ont des groupes électrogènes. »

Enfin, l’absence d’éclairage public la nuit risque de favoriser le retour de l’insécurité et ruiner les importants efforts mis en œuvre par les autorités pour enrayer ce fléau depuis ces derniers mois. Un éclairage public composé de pylônes autonomes alimentés à l’énergie solaire serait la solution à ce problème. Mais cela demanderait un investissement conséquent. A l’heure actuelle et à défaut de mieux, seuls les plus aisés ont la possibilité de se procurer des groupes électrogènes.
 

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