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Zandry Dominique, couturier de 39 ans se souvient de son enfance. Son père était débordé de commandes surtout pendant les périodes de fête « c’était dans les années 1980, la couture était prospère. Mon père refusait les demandes qui arrivaient trop tard, avant les fêtes de fin d’année, la fête nationale ou Pâques » raconte-t-il.
Zandry Dominique, couturier de 39 ans se souvient de son enfance. Son père était débordé de commandes surtout pendant les périodes de fête « c’était dans les années 1980, la couture était prospère. Mon père refusait les demandes qui arrivaient trop tard, avant les fêtes de fin d’année, la fête nationale ou Pâques » raconte-t-il.

Alors que les balles de fripes chinoises envahissent les marchés et que la plupart des tailleurs ont disparu, quelques uns résistent à cette concurrence impitoyable. Portrait

Demande en baisse

Jusqu’en 2004, les commandes devaient parvenir à l’atelier où Dominique travaille un mois avant la livraison. Depuis, les demandes ont baissé et les couturiers ne sont plus aussi débordés. Dominique avoue qu’auparavant, lui et sa collègue étaient rémunérés tous les mois. Actuellement, ils sont payés selon les demandes reçues et exécutées. Le propriétaire de l’atelier arrive tant bien que mal à supporter les charges.
Chaque année, il y a au moins une sortie de promotion de couturiers dans la ville de Diego Suarez. La plupart des sortants sont des femmes, et le savoir-faire sert principalement le foyer. Ceux qui préfèrent en faire leur métier n’attendent pas que les clients frappent à leurs portes. Certains se lancent dans la confection de rideaux, de draps, de couvertures et même de prêt-à-porter, mais là, la concurrence avec les produits importés et les friperies est rude. Chez les fripiers, l’on peut trouver des habits à 500 Ariary. La production locale de prêt-à-porter n’est pas développée. Une grande partie des produits provient de la Capitale, à plus de 80% nous dit Tina, vendeuse au Tsena. Ces produits sont constitués essentiellement de vêtements pour bébé. Elle donne son point de vue : « le prêt-à-porter Vita gasy ne parvient pas à s’imposer et pourtant la qualité de la couture et du tissu est admirable. Il n’y a que les produits pour

Notre métier a son honneur et sa dignité, nos clients ne portent pas de friperie pour aller se marier ou recevoir une médaille

nouveau-nés qui se vendent bien ». Elle estime que les couturiers d’Antsiranana n’investissent pas dans la confection de vêtements de mode. Investir, en créant un atelier de mode ; les couturières que nous avons rencontré au bazary sont réticentes. Le fonds de démarrage pose problème à certaines et pour d’autres : « c’est la créativité qui manque ». Une robe importée d’Asie coûte en moyenne 50 000 Ariary.
A Antsiranana, le mètre de tissu pour les vêtements vaut, selon la qualité, entre 5 000 Ariary et 40 000 Ariary et selon le couturier et la complexité du modèle, sa confection coûte au minimum 8 000 Ariary. En ce qui concerne les retouches, uniques occasions où les couturiers côtoient les friperies, elles se font entre 2 000 et 8 000 Ariary.

Apprentissage et formation

Zandry Dominique a appris le métier dès ses quatorze ans. Il était attiré par les travaux manuels, mais refusait les métiers qui nécessitent trop de force et d’énergie telles que la menuiserie ou la ferraillerie. Il ne regrette pas d’avoir fait ce choix car malgré la concurrence avec les produits importés, il reste convaincu que son métier a de l’avenir. Il présente d’ailleurs l’atelier où il travaille comme une référence en matière de qualité. Et même s’il admet que les jeunes désirant se former au sein de l’atelier se font rares, les centres de formation spécialisés en coupe et couture attirent beaucoup plus les gens. L’école de coupe et couture Volana vient même de s’implanter à Antsiranana. En une journée, la seule formatrice Amada Niriharinony Rabiyant accueille trente six apprentis. Dix neuf suivent les cours de la matinée et seize l’après-midi. Katiuscia suit les cours accélérées de quatre mois. Elle explique « j’apprends la couture pour mon intérêt personnel, je suis trop souvent déçue par les couturiers qui ne respectent pas mes demandes ». Annick avance un tout autre argument « je désire en faire mon métier, ouvrir mon propre atelier plus tard parce qu’il est difficile de nos jours de trouver un emploi ». Les deux femmes considèrent que les dépenses élevées de l’apprentissage font partie de l’investissement. Les frais de scolarité leur coûtent, par année de formation au moins 400 000 Ariary.
Zandry Dominique quant à lui n’a pas l’intention d’abandonner ce métier. Il est convaincu que tôt ou tard, l’on recherchera précieusement les couturiers. «  Notre métier a son honneur et sa dignité, nos clients ne portent pas de friperie pour aller se marier ou recevoir une médaille » ironise-t-il.

■ V.M

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