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L’objectif du reboisement est de mettre à la disposition des communautés villageoises des ressources forestières pour l’exploitation et la transformation en charbon.
L’objectif du reboisement est de mettre à la disposition des communautés villageoises des ressources forestières pour l’exploitation et la transformation en charbon.

Le reboisement d’eucalyptus dans la région DIANA a débuté en 1996. Aujourd’hui, la surface reboisée est de 9 700ha. C’est sur la plantation d’eucalyptus que se repose la modernisation de la filière bois-énergie selon le Programme Germano-Malgache pour l’Environnement, PGM-E/GIZ

Le charbon vert provient de la carbonisation de l’eucalyptus reboisé. Il couvre actuellement 30% des besoins en énergie domestique d’Antsiranana ville et 15 à 20% pour la région DIANA. Il faut une surface reboisée de 20 000 ha pour couvrir les besoins de toute la DIANA qui est de 30 000 tonnes de charbon par an.

Eucalyptus camaldulensis représente un intérêt particulier pour les charbonniers. Il résiste au feu et d’après l’ingénieur-encadreur au centre d’essai d’Ankitsakalaninaomby, la régénération de l’arbre coupé est rapide, offrant en plus deux fois plus (au moins) de bois à exploiter. Christian Andriamanantseheno, directeur d’ECO DIANA, conseiller technique du PGM-E/GIZ explique « les recherches du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, NDLR) sont en cours, on ne peut dire pour l’instant si le reboisement d’eucalyptus camaldulensis tue le sol ou ne tue pas le sol ». Au tout début du programme de reboisement, une trentaine d’espèces ont été testées, deux seulement ont résisté. Les deux espèces ont été retenues, mais à dominance eucalyptus camaldulensis.

Revalorisation des terrain dénudés

L’objectif du reboisement est de mettre à la disposition des communautés villageoises des ressources forestières pour l’exploitation et la transformation en charbon. Ce sont ces communautés qui choisissent les sites de reboisement. Les parcelles sont dénudées et leur utilisation ne doit pas faire concurrence à l’agriculture ou l’élevage. L’utilisation des parcelles assure à moyen terme la sécurité foncière pour ces villageois. Du point de vue environnemental, le reboisement ralentit voire stoppe la dégradation du sol et attenue la progression des lavaka (énormes crevasses). L’objectif est en plus de créer des « bassins d’approvisionnement » en bois-énergie, des ressources pouvant être exploitées de manière durable. Le reboisement d’eucalyptus contribue à atténuer les exploitations et destructions des forêts naturelles.

Meules de carbonisation améliorées
Meules de carbonisation améliorée GMDR ou Green Mad Dome Rotters
Meules de carbonisation améliorée GMDR ou Green Mad Dome Rotters

Avec l’appui technique du PGM-E/GIZ, les communautés villageoises commencent à utiliser des meules de carbonisation améliorées. Au site d’essai d’Ankitsaka (Andrafiabe), ont été mises en place des meules rectangulaires et des meules en dôme. Ces dernières sont les plus récentes. Les meules rectangulaires appelées Adam (du prénom de celui qui l’a créé) ont été abandonnées car les matériaux ne supportent pas la chaleur, les murs se sont fissurés. La température à l’intérieur atteignant les 300°. « La meule GMDR ou Green Mad Dome Rotters est plus flexible et plus résistante ». Les techniciens expliquent qu’il y a une bonne répartition de la chaleur. La meule est constituée d’une chambre à feu, d’une chambre à bois liée à une cheminée. Une deuxième cheminée est liée à la chambre à feu pour l’évacuation du gaz de méthane. Le gaz emprisonné dans la structure cimentée carbonise le bois. La phase de séchage du bois varie de 18 à 40h et la carbonisation est de 24h en moyenne. Le refroidissement dure de 24 à 30h. Les techniciens avancent que la meule traditionnelle est moins performante « il y a beaucoup de perte et de déchet ». Avec deux tonnes de bois, les meules classiques produisent 400 kg de charbon alors que les meules GMDR produisent 800 kg. La meule GMDR est un prototype, le centre d’essai achète du bois aux reboiseurs et vend le charbon produit au centre de commercialisation d’Andrafiabe. La plupart des charbonniers utilisent encore les meules classiques.

Commercialisation du charbon vert

L’association ADAM regroupant les reboiseurs-charbonniers des fokontany d’Ankitsaka, Daraina, Antsoha et Mandroso Miadana possède un centre de commercialisation du charbon vert. Les charbonniers, membres de l’association ont constitué un capital, d’apports égaux pour le démarrage de l’exploitation. Elle compte maintenant 166 détenteurs de capital. L’association achète le sac de charbon vert au producteur à 2 000 Ar le sac de 10kg. Après triage et emballage (spécial charbon vert), le sac de charbon est revendu à 3 000 Ar.

Le charbon vert provient de la carbonisation de l’eucalyptus reboisé.
Le charbon vert provient de la carbonisation de l’eucalyptus reboisé.

Les consommateurs peuvent acheter le charbon directement au centre de commercialisation, mais il existe à Ambalavola, un centre pour la distribution urbaine. Il va de soi que le prix augmente une fois en ville car le transport est à considérer. En terme d’équité, le PGM-E présente une répartition des bénéfices plus intéressante pour les producteurs. Les intermédiaires ont moins de place. Dans le système classique, ils gagnaient plus de 48% de la totalité des bénéfices, les producteurs ne récoltaient que 36%. Dans le nouveau système, 75% des bénéfices reviennent aux charbonniers. D’ailleurs, la clientèle s’élargit. En effet, le charbon vert est distribué aussi à Nosy Be grâce à la collaboration avec les entrepreneurs privés du groupement interprofessionnel de l’hôtellerie et du tourisme de l’île.
Selon le directeur d’ECO DIANA, il faut des années pour que les activités des associations puissent s’autofinancer. La marge bénéficiaire dans la production et la commercialisation de charbon est petite. « Il faut que le marché tourne plus longtemps et plus vite » dit-il. Seulement l’on apprend que la banque allemande pour le développement (KFW) a réduit le rythme de croisière à 400ha alors que ce volume est exploitable en six mois. L’ambassadeur d’Allemagne, Harald Gehrig, qui visitait avec son épouse le site d’essai et le centre de commercialisation a avancé que l’ambassade effectuerait une démarche auprès du KFW pour que le rythme de croisière augmente.
Huit charbonniers stagiaires de la région Analamanga ont effectué une visite d’échange sur le charbon vert du 24 au 29 novembre 2014. L’objectif du GIZ est d’intéresser ces charbonniers à l’utilisation de la meule GMDR. Ils étaient accompagner de deux missionnaires de ministère.

■ V.M

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