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Les tourneurs sur caoutchouc de l’ex-parcage Ambilobe
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Economie
Mercredi, 11 Janvier 2012 09:58
Les tourneurs sur caoutchouc de l'ex-parcage Ambilobe Les tourneurs sur caoutchouc de l'ex-parcage Ambilobe Les tourneurs sur caoutchouc de l'ex-parcage Ambilobe
Les tourneurs sur caoutchouc de l'ex-parcage Ambilobe

Jila et Nirina, sont en plein travail, près de la station Jovena, route d'Ambilobe. Ils fabriquent des pièces pour automobiles en caoutchouc. Un parasol pour se protéger du soleil, un marteau, un ciseau, un pied à coulisse et un tour manuel actionné à l'aide d'une manivelle constituent tous leurs outils de travail.

Sur un panneau, à côté d'eux, sont accrochés des exemples de leur production : un ensemble de cylindres de caoutchouc de toutes formes et de toutes tailles. Jila et Nirina sont en effet « tourneurs sur caoutchoucs », spécialisés dans la confection de « silent-blocs », ces bagues de matières souples utilisées en automobile pour amortir les vibrations.

Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc
Tournage d'un silent-bloc

Les conditions du pays, avec des routes très dures et l'alternance de boue et de poussière, rendent l'usure de ces pièces très rapide. Et l'infinie variété des dimensions et des modèles font qu'il est souvent très difficile d'en trouver en pièces de rechange, à moins de les commander à grands frais et s'armer de patience en les attendant.
Jila et Nirina ainsi que leur frère qui a son atelier au parcage Anamakia sont les seuls à fabriquer des pièces de ce genre à Diego Suarez.
Ils utilisent comme matière première des sections de « défenses de port » -ces grosses bandes de caoutchouc de section trapézoïdale qui sont collées le long des quais pour amortir les frottements des coques des navires quand ils y sont amarrés. Des petit blocs aux dimensions approximatives sont découpés à l'aide d'un burin. Ces blocs sont ensuite disposés sur le tour et en quelques secondes, à l'aide d'un ciseau, le tourneur retire la matière en excès pour leur donner une forme d'une régularité parfaite et dont les dimensions sont constamment contrôlées à l'aide d'un pied à coulisse.

C'est moins cher, c'est bien fait, c'est robuste et ça dure

Les clients sont très satisfaits. Un chauffeur de taxi qui emmenait un modèle pour des silent blocs nous dit : « c'est moins cher, c'est bien fait, c'est robuste et ça dure ». Et nous pouvons constater par la rapidité et la qualité de leur travail qu'ils ont toutes la technique et l'expérience nécessaire à la bonne réalisation de ces pièces. Nirina affirme que la réalisation d'une pièce dépend de la complexité et de la forme de celle-ci : « la réalisation d'une pièce va de une minute à deux heures ». Il nous raconte que c'est de leur père que lui et ses frères ont appris ce métier, « mais chaque jour il ne faut jamais s'arrêter d'apprendre » ajoute-t-il. Son père et ses aînés pratiquent cette activité depuis l'année 2000 à Antananarivo et cela fait trois ans que Nirina et Jila se sont installés à Diego. Ce qu'ils gagnent en ce moment est suffisant pour subvenir aux besoins de leurs familles et se rendre à Antananarivo dans leur famille une fois par an. Quant au développement de leur métier, « nous souhaitons vivement améliorer notre condition et faire développer notre petit atelier, mais pour l'instant nous n'en avons pas la possibilité. Tant au niveau financier qu'au niveau matériel » nous confie Jila. De plus, l'approvisionnement en matières premières est compliqué. Le caoutchouc, dont ils se servent pour la fabrication des pièces -silent bloc, relais de transmission, amortisseur- vient surtout du port de Toamasina et est expédié à Diego Suarez en passant par la Capitale.
Mais quoi que puissent être les difficultés, ces frères persévèrent et espèrent faire ce métier encore longtemps et évoluer. Les gens qui s'adressent à Jila et Nirina sont de plus en plus nombreux, « les gens nous connaissent ainsi que la qualité de notre travail, ils nous font confiance » nous dit Nirina. « Même les magasins qui vendent des pièces automobiles nous font des commandes » ajoute-t-il.

 

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