Vous êtes ici : La Une Economie Le Cacao de la vallée du Sambirano

Le Cacao de la vallée du Sambirano
PDF Imprimer Envoyer
Economie
Dimanche, 12 Février 2012 10:09
Une plantation de cacao à Ambanja, au nord de Madagascar
Une plantation de cacao à Ambanja, au nord de Madagascar

Le cacao de Madagascar est un des plus réputés au monde, même s'il ne représente qu'une très faible part de la production mondiale. C'est de la vallée du Sambirano, près d'Ambanja, que provient l'essentiel de cette production

Le cacaoyer est un arbre tropical qui peut mesurer jusqu'à 15 mètres suivant les régions du monde où il est cultivé. Dans les plantations de cacao, on récolte les fruits, appelés « cabosses » (lorsqu'ils ont atteint leur taille définitive) sur des arbres taillés de quatre à six mètres. Les principales variétés de cacaoyers cultivées sont le Forastero (80 à 90% de la production mondiale), le Trinitario (10 à 20% de la production mondiale) et le Criollo (1 à 5% de la production mondiale). Ces deux dernières variétés sont cultivées en Amérique du Sud, alors que les forasteros se trouvent principalement en Afrique de l'ouest. En Amérique Latine, le cacao est cultivé sur des grandes plantations. En Afrique, à l'inverse, il existe plus de deux millions de petites exploitations familiales. On estime qu'en Afrique, près de 16 millions de personnes dépendent de la culture du cacao. D'après les statistiques, 95% de la production mondiale de cacao provient d'une agriculture familiale paysanne vivant de un à trois hectares de plantation de cacaoyers.

Cabosses prêtes à être récoltéesCabosses prêtes à être récoltées

Le marché mondial représente 3 milliards de dollars par an avec un prix du cacao très variable qui a pu monter jusqu'à 3000 $/tonne dans les années 1970 mais qui depuis évolue entre 1000 et 2000 $/T (actuellement 2 275$/T). Après un pic en 1977, le cours du cacao a baissé pour s'effondrer au cours des années 1990. Cela est dû à une production mondiale supérieure à la consommation de manière récurrente et à l'accumulation des surplus des années précédentes.

 

Répartition de la production mondiale de Cacao
Répartition de la production mondiale de Cacao

À Madagascar

La culture du cacao à Madagascar représente une production de 6 000 tonnes par an. Les régions DIANA et SAVA, au nord de la Grande Île, sont les fiefs de cette production, principalement autour d'Ambanja et dans la vallée du Sambirano.

Séchage des fêves de cacaoSéchage des fêves de cacao

La particularité de Madagascar, quasi unique au monde, est d'accueillir les trois variétés cultivées de cacaoyer, dont la variété « Criollo », très recherchée pour son arôme prononcé et sa faible amertume.
Les premiers cacaoyers ont été introduits à Madagascar vers les années 1900. La première variété de cacao commercialisée fut le Criollo. Pendant cette période, Madagascar exportait plus de 120 tonnes de cacao par an et la grande majorité de cette production venait des plantations coloniales du pays.
Suite aux efforts récemment entrepris par la profession dans le domaine de la qualité, le cacao malgache, considéré comme étant parmi les meilleurs du monde, a obtenu le label Cacao Fine de l'Organisation Internationale du Cacao, ICCO.
Mais une limite à cette qualité provient du phénomène d'hybridation entre les espèces, dont la répartition mélangée ne permet pas le contrôle.

Une plantation à Ambanja : la SOMIA

La Société Malgache d'Industrie et d'Agriculture (SOMIA) possède environ 2 000 ha de terrains à Ambanja dont la moitié est cultivée. La production de fèves de cacao pour l'exportation (incluant la variété de Criollo) s'est élevée à 260 T par an en moyenne sur les 8 années d'exercice (330 T environ en 2011). La production de cacao est certifiée BIO.
Outre les cultures de cacao, la société possède également des cultures d'ylang-ylang (environ 10 000 pieds) et dans une moindre mesure de café, poivre et baies roses.

Le CacaoyerLe Cacaoyer

Une distillerie va être remise en état pour l'ylang-ylang et le vétiver également présent. Des travaux de rénovation des installations et bâtiments à Ambanja ont eu lieu en 2007

Selon Yvan Staub, le directeur d'exploitation de la plantation depuis 2007, une des grandes difficultés de la culture du cacao provient des aléas climatiques : les cyclones, fréquents dans cette région contribuent à déteriorer la couverture arborée dont l'ombrage est necessaire à la bonne croissance du cacaoyer ; les précipitations parfois trop faibles qui ont une grave incidence sur le volume de la production.
Le viellissement des plants, dont certains datent de l'époque coloniale nécessite également en permanence un important travail de restructuration de la plantation (restauration d'ombrage, renouvellement des plants, etc..).
Mais une autre difficulté et non des moindres, provient de la disparition de la production sur les plants suite à des pillages nocturnes qui se produisent aux moments où la demande est forte. Un important dispositif de surveillance doit donc être maintenu en permanence.
Cette société emploie 90 permanents et entre 250 et 700 pendant les périodes de récolte.

Structuration et réglementation

La filière cacao présente toutefois un cerain nombre de faiblesses qui font l'objet d'une réflexion de la part des différents acteurs qui travaillent depuis plusieurs années à la mise en place d'un cadre réglementaire comprennant notamment : l'instauration de cartes de producteurs et de collecteurs (prélèvements/ristournes), mise en place de marchés physiques, mise en place d'un contrôle qualité des fêves, etc..
De la mise en place de ces mesures dépend la pérennité de la réputation d'excellence du cacao de Madagascar.

Les étapes de la culture du cacao

La fève de cacao est le produit obtenu après fermentation et séchage de la graine fraîche.
Il faut attendre que le cacaoyer ait atteint l'âge de six ans pour avoir une première récolte rentable. Les cabosses sont cueillies deux fois par année. Le fruit du cacaoyer peut contenir jusqu'à 50 fèves de cacao. Les fruits mûrs ne tombent jamais d'eux-mêmes. S'ils ne sont pas cueillis, ils pourrissent au niveau du tronc.

1. Récolte

Cabosse ouverte laissant voir le mucilageCabosse ouverte laissant voir le mucilage

Lorsqu'elles sont arrivées à maturité, les cabosses sont détachées de l'arbre en coupant le pédoncule avec un couteau bien affûté afin de ne pas blesser les fèves. Une cabosse cueillie trop tôt produira un cacao de moindre qualité ; une cabosse cueillie trop mûre sera quant à elle moins résistante aux maladies et impropre à la production du cacao marchand.

2. Ecabossage

EcabossageEcabossage

Les cabosses sont empilées et ouvertes au moyen d'une machette avant de retirer la pulpe blanche (mucilage) dans laquelle les fèves sont enveloppées. Les cabosses ainsi vidées sont utilisées pour nourrir le bétail ou comme compost.
Au contact de l'air, les fèves de couleur crème prennent immédiatement une teinte violacée. Le processus de fermentation peut à présent commencer.

3. Fermentation

EcabossageBacs de fermentation
Fêve fermentée séchée prête à être transforméeFêve fermentée séchée prête à être transformée

Les fêves sont entreposées dans de grandes caisses en bois et brassées régulièrement pour obtenir une fermentation homogène.
L'objectif de la fermentation est le suivant : lors de ce processus, la pulpe fermente et annonce l'apparition des saveurs et arômes typiques du chocolat. Les levures et bactéries qui naîtront dans cet environnement vont agir sur les fèves et transformer le sucre renfermé dans la pulpe entourant les fèves en dioxyde de carbone et en alcool, et enfin en acide acétique. Au cours de ce processus, les graines de cacao disparaissent et leur pouvoir germinatif s'annule. Simultanément, la saveur amère et astringente, originelle s'adoucit et modifie la couleur de la fève, qui abandonne sa teinte violacée pour prendre une couleur brunâtre.
La fermentation dure environ 6 jours.

4. Séchage

Séchage des fêves de cacaoSéchage des fêves de cacao

Ce procédé consiste à arrêter la fermentation. Les fèves sont entreposées, pour sécher, soit sur des claies, soit sur des dalles de béton au soleil. On peut aussi les faire sécher de manière industrielle, c'est-à-dire en les mettant sous air chaud, dans les séchoirs, cela ne prend alors que 15 à 36h. Quand les fèves sont sèches, on dit qu'elles « croustillent ».

5. Stockage - expédition
Après le séchage, les fèves sont stockées dans des sacs de jute de 60 à 70 kilos. Ces sacs sont estampillés et numérotés. Une série d'échantillons sont prélevés afin d'apprécier la qualité des fèves. Ensuite, les fèves de cacao sont prêtes à être négociées sur le marché international.

Le Cacao de la vallée du Sambirano

Photos : Cyril CORNU

Partagez cette page : Facebook Google Technorati Digg-France Twinik

Ajouter un Commentaire

Les commentaires sont écrits par les lecteurs de La Tribune de Diego et engagent leur seule responsabilité.
La rédaction se réserve le droit de supprimer les commentaires injurieux ou inconvenants.


Code de sécurité
Rafraîchir


 

Météo

Prévisions

Vendredi

Risques de tempête
Max : 31°
Min : 23°
Samedi

Orage
Max : 30°
Min : 23°
Dimanche

Brouillard
Max : 30°
Min : 22°
Lundi

Risques de tempête
Max : 30°
Min : 22°

Toute la météo

Vendredi
MD320 /342 /343 /321 (B733)
Arrivée Départ
ANTANANARIVO 06h20
NOSYBE 07h25 07h50
ANTSIRANANA 08h15 14h50
NOSYBE 15h15 15h40
ANTANANARIVO 16h45
MD194 /195 (B733)
Arrivée Départ
ANTSIRANANA 09h20
REUNION 12h05 12h55
ANTSIRANANA 13h45

Tous les horaires

La Tribune de Diego en PDF

Télécharger La Tribune de Diego N°54 en PDF
N°54
Semaines du 16 au 29 mai 2012
Télécharger
La Une : L’enseignement public de Madagascar en crise
Commerce équitable et solidaire à Diego Suarez
Histoire : Des ailes dans le ciel de Diego Suarez... Deuxième partie : des débuts à la seconde guerre mondiale
Dossier : Zegny’Zo ! 2012 : c’est parti !



Initialisation de l'Agenda...



Bannière

Bannière
Bannière

Sports


RSS
Bannière

La situation des étrangers discutée en réunion avec le Ministre de l’Intérieur à Diego Suarez

Les instructions du Ministre de l'Intérieur Florent Rakotoarisoa ont été strictes « la situation des étrangers investisseurs et résidents à Madagascar doit obéir aux lois ». Des étrangers se trouvent en situation irrégulière, d'autres utilisent même des faux papiers pour pouvoir rester sur le territoire malgache. « Cela ne peut pas être toléré, de plus nous savons que les autres pays contrôlent strictement l'entrée des étrangers sur leurs territoires » a ajouté M. Florent Rakotoarisoa.

Lire la suite...

La Tribune de Diego
La Tribune de Diego
et du Nord de Madagascar

Tél : +261 32 75 068 35
tribunedediego@gmail.com

Galerie Impériale
5 Avenue Lally Tollendal
201 Antsiranana


LaTribune de Diego est éditée par :
SARL Groupe Nord Média

Capital : 2 000 000 Ariary
(durée 99 ans)
RCS-ANTS-2011-B-0032


Principaux associés :
Laurence D'HONDT, Laurent BOYER, Gilbert RAKOTONIRINA, Jean Marie DAVAL, Philippe ZENONE, Jean-Baptiste  MANSUY

Directeur de la publication:
Gilbert RAKOTONIRINA

Rédacteurs en chef :
Philippe ZENONE,
Jean-Baptiste MANSUY

Rédaction :
Maholy ANDRIANAIVO, Suzanne REUTT, Jean Marie DAVAL, Sandra VOKA, Christian BARBE

Fondateurs :
Laurence D'HONDT, Laurent BOYER

Responsable commercial :
Jean-Baptiste MANSUY
Tél : +261 32 75 068 35


Webmaster :
Philippe ZENONE
Tél : +261 32 04 925 17

Site hébergé par :
Amen
AMEN SASU,
12-14, Rond Point des Champs Elysées
75008 Paris.


Contenu du site :
les articles et les photos présentés sur ce site sont la propriété de leurs auteurs respectifs.

Le contenu de ce site est protégé par le droit d'auteur. Toute utilisation non strictement personnelle ne peut être faite sans l'accord de l'auteur.

Ces dispositions confèrent à l'utilisateur un droit d'usage privé, non collectif et non exclusif, sur le contenu du site. Il comprend le droit de reproduire pour stockage aux fins de représentation sur écran monoposte et de reproduction en un exemplaire, pour copie de sauvegarde ou tirage sur papier. Toute mise en réseau, toute rediffusion, sous quelque forme, même partielle, est donc interdite. Ce droit est personnel, il est réservé à l'usage exclusif et non collectif du licencié. Il n'est transmissible en aucune manière.

Tout autre usage est soumis à autorisation préalable. La violation de ces dispositions impératives soumet le contrevenant, et toutes personnes responsables, aux peines pénales et civiles prévues par la loi.

Bannière
Bannière