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Histoire de Madagascar : L'épopée des Russes à Nosy Be
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Histoire
Samedi, 17 Juillet 2010 15:40

Mais que faisaient les Russes à Nosy Be?

En 1905, la Russie et le Japon se faisaient la guerre. Dans ce contexte, la flotte russe de la Baltique tenta de rejoindre le Japon par le sud en faisant escale à Nosy Be. Les marins russes y passèrent deux mois et demi de fête arrosés au...cognac. Avant d’être battus par le Japon.


Les touristes à qui l’on vante les charmes de la « Baie des Russes », entre Nosy-Be et Nosy Iranja, se demandent souvent ce que les Russes ont bien pu venir faire à Nosy-Be. Pour retrouver les origines de cette toponymie il faut remonter à …1905 !


L’amiral Rodjestvenski,
commandant de la flotte russe

Un peu d’histoire
Au début du siècle, le Japon, inquiet des visées des Russes sur la Mandchourie et la Corée, décide d’attaquer – sans déclaration de guerre – la base navale-clé des Russes en Mandchourie : Port-Arthur. Après une succession de batailles sanglantes, la flotte russe de la Baltique sous le commandement de l’Amiral Rojdestvenski, appareilla pour se joindre à la guerre : une partie passa par le canal de Suez, l’autre contourna le Cap de Bonne-Espérance. Le regroupement se fit …à Nosy-Be.

Mouillage à Nosy-be
En fait le point de jonction devait être Diégo-Suarez mais la France étant officiellement neutre dans le conflit russojaponais, elle ne pouvait accueillir l’escadre russe dans « le point d’appui » de la flotte française. L’escadre fut donc dirigée vers la baie d’Ampasindava…du moins d’après les déclarations officielles. En fait les bateaux étaient bien dans le port de Nosy-be, c’est-àdire dans les eaux territoriales ! D’ailleurs, les Japonais ne furent pas dupes et adressèrent des protestations au gouvernement français.
Le premier navire mouilla à Nosy- Be le 24 décembre 1904. Il fut bientôt rejoint par les autres navires –une trentaine- anciens et peu opérationnels pour la plupart, dont le fameux croiseur Aurore dont partirait, en 1917, le premier coup de canon de la Révolution d’Octobre en Russie.

L’odyssée de l’Anadyr
2 bateaux russes seulement avaient fait escale à Diégo : le Kouban et l’Anadyr. Ce dernier connut une aventure f antastique. Pendant la bataille de Tsoushima, dans la nuit, ayant échappé par miracle aux contre-torpilleurs japonais, l’Anadyr se trouva isolé et profita de l’obscurité pour quitter le champ de bataille. Faisant route vers le sud, il eut la chance de ne croiser aucun vaisseau ennemi et , 45 jours après la bataille, il vint mouiller à Diégo-Suarez. D’après le récit de Mortages, ce dernier, étant monté à bord, il fut accueilli par une question du commandant qui le stupéfia : «Connaissez-vous le résultat final de la bataille de Tsoushima ? » D’ailleurs, Madagascar et l’Anadyr ont plusieurs histoires communes puisqu’un autre cargo des Messageries Maritimes, appelé également l’Anadyr fut affecté à la ligne de Madagascar, rebaptisé « Malagasy », et s’échoua le 12 mars 1965 à Fort-Dauphin.

La vie quotidienne des marins russes à Nosy-be
Le premier problème qui se posa fut celui du ravitaillement. En charbon, notamment. D’après Alphonse Mortages : « Dans le courant des mois d’octobre et novembre 1904, arrivèrent à Diégo-Suarez une douzaine de gros cargos allemands… tous chargés de charbon.
Tous ces navires étaient destinés à ravitailler la flotte russe en charbon « Il fallut aussi nourrir les équipages : plusieurs milliers d’hommes. La viande fut fournie essentiellement par M. Locamus, qui avait construit la conserverie d ’Antongombato à Diégo.
Mais pour le reste… Toujours selon Mortages : « 48 heures après l’arrivée de la flotte russe à Nosy- Be, on manquait de tout, sauf de viande de boeuf. » En fait pour le ravitaillement, la flotte vécut surtout sur ses propres stocks. Cependant, des commerçants affluèrent de toutes parts, pourvus de marchandises diverses mais surtout de cognac …faute de vodka !

Les relations avec la population
D’après les témoins, le sens du contact variait selon les interlocuteurs. Locamus fut scandalisé par la corruption qui affectait le haut commandement : « Un des matelots de l’escadre, ayant été surpris au moment où il volait une paire de souliers fut …sévèrement condamné. Or, au moment où on l’a surpris en flagrant délit, son officier empochait plusieurs milliers de francs provenant de la majoration de ses factures ». Mortages, lui, trouvait certains officiers, qui refusaient de lui serrer la main « très hautains et pleins de morgue ». Beaucoup de marins confiaient déjà leur espoir d’une révolution…
Mais dans l’ensemble, d’excellentes relations se nouèrent avec la population. En fait, ce furent, pour les marins russes, deux mois et demi de fêtes : « Tous ces petits groupes jetaient à pleines mains les livres sterling sur les tables…tout en continuant à vider les bouteilles de cognac…Les matelots et sousofficiers s’en allaient chercher fortune dans le quartier indigène et le matin un certain nombre étaient ramenés sur les quais dans des charrettes, en piteux état. »

Le départ
  Il fut annoncé le 14 mars 1905. Pendant 2 jours, sans illusions sur ce qui les attendait, compte-tenu de l’état de la flotte et des carences du commandement, les marins se pressèrent à la poste pour expédier à leur famille, en Russie, souvenirs et objets personnels. Le 16 mars, dans l’après-midi, l’escadre leva l’ancre. Certains parlent d’un bateau, le Vlötny, qui aurait été oublié… ou bien dont l’équipage se serait mutiné… et dont les marins auraient donné son nom... à la Baie des Russes.

S.Reutt - Ass. Ambre

La bataille de Tsoushima
Après s’être arrêtée en Indochine, la flotte russe partit pour Vladivostok. Dans le détroit de Tsoushima, entre la Corée et le Japon, elle se heurta à la flotte japonaise : moins nombreuse mais plus moderne, bien entraînée, la flotte japonaise détruisit presqu’entièrement l’escadre russe. Seuls 2 croiseurs (dont l’Aurore) et 2 destroyers russes réussirent à atteindre Vladivostok. Environ 10.000 marins russes furent tués ou blessés alors que les pertes japonaises s’élevaient à moins de 1000
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Commentaires  

 
+1 #1 09-12-2010 06:02
Littérature > Roman > L’Île de Nosy-Bé rentre dans la littérature française insulaire et dans l’Histoire de l’océan Indien.
Année 2043 : Autopsie D'une Mémoire.
Amith Khan est un jeune retraité de la fonction publique. Il vient d’avoir 67 ans. Il vit sur l'île française magnifique de La Réunion, région ultra-périphérique de l'Europe dans l'océan Indien. Il a voyagé partout dans le monde. Toutefois, un endroit a été omis volontairement. Mais un jour, le voile est levé. Ses enfants lui offrent un séjour complet de trois semaines, pour partir à destination de l’île de Nosy-Bé (Madagascar) - espace insulaire dans le canal du Mozambique, qu’il n’a pas revu depuis ses 18 ans - où il a passé les premières années de sa vie. Il rencontre là-bas, son ami d’enfance, Roger qui est devenu entre temps un taxi-man.
Un demi-siècle s'est écoulé entre son enfance et sa retraite. KARIMBHAY a écrit aussi le livre d’Histoire Nosy-Bé : Âme malgache, Cœur français
Bonne lecture à tous !
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