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Il a été martelé lors de la célébration de la journée mondiale des sages-femmes à Antsiranana qu'il faut que l'accouchement se fasse au sein d'établissements de santé, or pour des raisons de confiance et de confort psychologique, les femmes et leurs familles préfèrent le domicile

La journée internationale de la sage-femme est célébrée chaque année le 5 mai. Pour Madagascar, des manifestations se sont tenues à Antsiranana qui ont vu la présence de la Première dame, Voahangy Rajaonarimampianina, l'épouse du Premier Ministre, le directeur de cabinet du ministre de la santé publique, la présidente nationale de l’association des sages-femmes, Voahangy Ramahavonjy et le représentant de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population) à Madagascar, Mamadou Dicko. Profitant de la présence de ces invités de marque, le chef de Région a plaidé les problèmes récurrents du centre hospitalier universitaire de Tanambao (manara-penitra), et en particulier à pour le scanner. En effet cet appareil est indisponible depuis des mois par manque de pièces. L'utilisation effective de cet outil de dernier cri permettrait de diagnostiquer rapidement quantité de maladies sur un grand nombre de patients. Il a également souligné le manque de lits à l’hôpital d’Ambanja et la nécessité de la construction urgente d'un hôpital pour la ville d’Ambilobe. Il a aussi encouragé les jeunes filles à se consacrer pleinement à leurs études, car « il existe actuellement trois écoles qui forment les jeunes sur la filière sage-femme » dit-il. Il a incité les sages-femmes présentes de soigner leur travail plus qu'elles ne l'ont déjà fait. Elles ont entre leur mains lors d'un accouchement deux vies, celle du bébé et de sa mère. Rappel a été fait à certaines sages-femmes de changer de comportement envers les patients car beaucoup de femmes refusent d’accoucher au dispensaire. Elles préfèrent aller au domicile d'une sage-femme retraitée car elles s'y sentent en sécurité et en confiance. La présidente de l’association nationale des sages-femmes confirme que leur objectif est l’abaissement des taux de mortalité des mères et des nouveau-nés. « La priorité est de surveiller les femmes enceintes, de les prendre en main, de la naissance du bébé jusqu'à après l'accouchement ». Par ailleurs, les sages-femmes ont des expériences reconnues pour des actes infirmiers auprès de divers patients. Elles ont la capacité de réaliser des prélèvements sanguins et surtout d'offrir de l'assistance et des soins pour les personnes âgées. Une somme de 10 millions d’ariary a été offerte par la présidence à l’association des sages-femmes pour la construction d'un 6e Centre de Santé Publique, CSB, à Diego Suarez. Ce qui fait suite à la dotation de centre de santé de base à Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Toliara et Fianarantsoa. Au cours de son discours, la première dame a abordée le thème de cette journée « Femmes et nouveau-nés : au cœur de la pratique sage-femme ». Voahangy Rajaonarimampianina a incité les femmes enceintes à suivre au moins quatre consultations prénatales et d'accoucher au centre de formation sanitaire sous la surveillance de personnels qualifiés. « Les sages-femmes fournissent les soins appropriés selon les besoins des femmes avant, pendant et après l’accouchement ». Elle encourage également les mères a faire vacciner leurs enfants. UNFPA qui est le partenaire technique et financier pour cette journée a été remercié par la Première dame pour son appui au gouvernement dans la promotion de la santé de la population et de l’amélioration des pratiques des sages-femmes. Elle a encouragé les sages-femmes à redoubler d'efforts pour la réussite de leurs activités qui leur permettront de relever les défis et d’offrir aux générations présentes et futures un avenir meilleur

Être sage-femme en brousse

La célébration de la journée internationale de la sage-femme montre l'envers de ce métier qui est pratiquée majoritairement par des femmes. A Antsiranana et loin de la ville, elles sont confrontées presque chaque jour à des problèmes extrêmes, qu'elles affrontent souvent seules. Razanamino Domaine Dorothée est âgée de 30 ans. Elle est veuve depuis cinq ans et est mère de deux enfants de 9 et 6 ans, dont le cadet est atteint d’autisme. Elle travaille dans le SCB1 Ankorefo, commune rurale de Mangaoko, district d'Antsiranana II, située à 90 km du chef-lieu de région. Sur les 90 km, les 40 km se font en voiture et les 50 km à pied. Elle travaille seule au sein de ce centre de santé et assure les tâches techniques et administratives 24 h sur 24 h et 365 jours sur 365 jours durant ces cinq dernières années. Pour cette sage-femme, il est difficile de parcourir ces km lors de ses déplacements, pour se ravitailler tous les mois en intrants et en vivres, ou pour assister aux réunions mensuelles, sans oublier les suivis groupés et les supervisions des accouchements. Elle fait souvent ce trajet toute seule en portant tous les bagages à bras le corps. Depuis son arrivée à ce poste, le bâtiment se trouve dans un état déplorable, vétuste et les tôles trouées de partout. Des reptiles y ont même élu domicile et refusent d’en partir malgré les essais multiples de les déloger. Des changements ont été opérés en terme de réhabilitation et de rénovation avec l’aide de la communauté et de particuliers. Il n’y avait pas non plus d’équipement ni de matériel de travail. Elle a dû plusieurs fois les fournir avec son propre budget, à savoir : thermomètre, stéthoscope, balance, pèse-personne, car malgré ses demandes répétées, elle n'a jamais eu de réponses. Et quand elle fait des accouchements simultanés, le 2e accouchement se fait par terre sur un matelas posé à même le sol. Elle doit utiliser la même boîte de soins 2 fois de suite. Et bien entendu, les problèmes d'urgence aussi lui incombent car elle doit évacuer les patients à dos d’homme ou en brancards de fortune. Le réseau téléphonique fait lui aussi défaut car elle doit se déplacer de 2 km pour effectuer des appels. Pendant la saison de pluie, la situation est encore pire car elle est obligée de traverser des rivières infestées de crocodiles, sans parler des courants d’eau forts. Parfois il lui faut dormir sur le bagage en attendant la descente des eaux, avec tout le ravitaillement et son salaire. « C'est avec l’aide de Dieu » dit-elle qu’elle peut ainsi se sacrifier. Ses enfants ne peuvent la voir que lorsqu'elle vient en ville, à Antsiranana. C’est-à-dire une fois par mois. Elle avoue avoir de la peine pour les femmes qui doivent être transférées et qui peuvent mourir en route à cause de tous ces problèmes. Elle est sortie de son école avec brio car sans se vanter, elle était parmi les meilleurs. Depuis cinq ans, elle a effectué 183 accouchements. Pour une population de 937 habitants 3 à 4 accouchements sont attendus par mois. Elle doit affronter seule les complications liées à certaines grossesses et leurs accouchements.
■ Angéline C.

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