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Ce débat organisé par la faculté DEGSP permettait non seulement aux étudiants d’entendre les points de vue des professionnels et de ceux plus expérimentés en matière de politique administrative, mais leur donnait l’occasion de se situer dans le réel par rapport aux cours théoriques prodigués en faculté
Ce débat organisé par la faculté DEGSP permettait non seulement aux étudiants d’entendre les points de vue des professionnels et de ceux plus expérimentés en matière de politique administrative, mais leur donnait l’occasion de se situer dans le réel par rapport aux cours théoriques prodigués en faculté

La chimère Madagascar-Etat de droit est une fois de plus remise sur le tapis. Le débat qui s’est tenu à la bibliothèque universitaire réunissait les enseignants, étudiants, des magistrats et juristes d’Antsiranana, des représentants d’associations et d’organismes non gouvernementaux

Il y a deux ans, un politicien de Fianarantsoa avait remarqué que pendant son séjour d’une semaine à Antsiranana, il n’a eu vent de l’existence de débat que ce soit radiophonique, télévisé ou en salle. Ce politicien expliquait sa conviction quant au rôle des débats dans le changement de mentalité (de se cultiver), dans l’ouverture à d’autres points de vue.  Nul ne conteste d’ailleurs que les débats sont des outils nécessaires à la démocratie.
Par l’initiative de quelques organismes de la ville d’Antsiranana, des universitaires et d’associations, les choses tendent à changer. Les débats s’installent petit à petit, attirant de plus en plus l’attention et le public, suivant son intérêt pour le thème. Ces débats sont surtout d’ordres juridiques, politiques, culturels et techniques. L’Alliance française d’Antsiranana, en créant le café « L’Antirouille » a mis en place une plateforme pour de tels échanges. Des débats sont programmés, sur proposition d’intervenants qui souhaitent véhiculer leurs idées, comprendre celles des autres et surtout soulever les différents points de vue. Ils touchent des sujets sensibles tels que la Constitution, la colonisation, et ceux qui le sont moins, comme les énergies renouvelables ou le métier de dessinateur. Des débats s’organisent ailleurs, mais les objectifs restent les mêmes : promouvoir la discussion et l’échange.
Le 16 octobre, la faculté de Droit, d’Economie, de Gestion et de Science Politique, DEGSP, de l’université d’Antsiranana a organisé un débat dont le thème était « Etat de droit : difficultés et limites à Madagascar ». Les étudiants étaient attentifs aux interventions des juristes et administrateurs en la personne d’Omar Ramadany, enseignant chercheur en Droit, Bezara Michael, juge au tribunal administratif d’Antsiranana, Rabenandriamanitra Sabbatin, administrateur civil et chef de district d’Antsiranana II, Razakamanantsoa Gaby Nestor, directeur territorial du Bureau Indépendant Anti-Corruption, BIANCO, Antsiranana. Les intervenants avaient leur mot à dire sur l’Etat de droit à Madagascar, selon leurs domaines respectifs. La mise en place de la haute cour de Justice, toujours en suspens, la mauvaise gouvernance qui s’observe par l’incapacité des autorités centrales à déléguer leur pouvoir, les fréquentes violations des droits de l’homme, la tendance des citoyens à prendre leur distance vis-à-vis de la politique et surtout la limite que représente à elle seule la corruption. Sur ce dernier point, les questions et remarques affluaient. Un étudiant s’adressant au directeur du BIANCO posait la question qui certainement taraude tout citoyen par rapport à l’efficacité de cet organe « croyez-vous réellement en cette lutte contre la corruption ? ». Bref, pour ce qui est de l’Etat de droit martelé par les dirigeants dans leurs discours, la situation du pays n’est pas, en réalité, brillante. Il n’est pas vécu et la majorité de la population malagasy ne connait même pas les tenants et aboutissants de l’Etat de droit.
Ce débat organisé par la faculté DEGSP permettait non seulement aux étudiants d’entendre les points de vue des professionnels et de ceux plus expérimentés en matière de politique administrative, mais leur donnait l’occasion de se situer dans le réel par rapport aux cours théoriques prodigués en faculté.
■ V.M

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