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Catégorie : Société
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Carrière de saphir près de l’Ankarana - Photo : S. Picq
Carrière de saphir près de l’Ankarana - Photo : S. Picq

L’impact de l’exploitation incontrôlée de saphir dans l’Ankarana sur l’environnement se ressent, pourtant interdire purement et strictement l’accès ne suffit pas. Le dialogue entre les décideurs étatiques et les petits exploitants s’impose

Bien que les textes juridiques existent et que les dispositions sur les sanctions applicables soient claires, les exploitants de saphir dans l’Ankarana ne s’y soumettent pas. L’exploitation touche maintenant le noyau dur dont l’entrée et la circulation sont censées être restreintes et contrôlées. Par nombreuses interventions des forces de l’ordre, les exploitants artisanaux abandonnent les mines, puis reviennent dès que celles-ci quittent les lieux. Tout comme à Betsiaka, district d’Ambilobe, la restriction ne suffit plus pour maîtriser l’exploitation et limiter les dégâts sur l’environnement. La compréhension du phénomène est nécessaire d’où la mise en place, réalisée au niveau de la Région DIANA, d’une plateforme de dialogue. Un comité regroupant la direction régionale des mines, la direction régionale d’environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts, la direction du développement régional, la direction de l’administration générale du territoire, la société civile, PAGE/GIZ par la branche « Mines artisanales », les maires de Marivorahona, Anivorano et Betsiaka, concerte pour la pérennisation du dialogue et pour que tous les acteurs (ou au moins leurs représentants) puissent s’exprimer. Il a été en effet constaté que les décisions imposées par les autorités étatiques, bien qu’elles soient légales soient contestées car prises sans considération de l’évolution de la situation de la population concernée. Un premier dialogue a été organisé au mois de décembre 2015 à Ambilobe. Il permettait aux exploitants d’or de Betsiaka de discuter avec les différentes entités concernées par le secteur des problèmes sur place, leurs sources et les mesures à prendre. Ce qui a débouché à l’élaboration d’un nouveau « Dina », convention traditionnelle au sein d’une communauté, qui régira les exploitations à Betsiaka et les actions des commissions chargées d’assurer le respect de son contenu. Ce dina en cours d’élaboration sera conforme aux différentes (et parfois nouvelles) dispositions des textes juridiques. Clément Rabenandrasana, conseiller technique en mines artisanales au sein du programme d’appui à la gestion de l’environnement (coopération allemande) rapporte également des perspectives en termes de renforcement de capacités de la commune rurale de Betsiaka et l’établissement, prochainement, du schéma d’aménagement communal, puis le plan communal d’occupation foncière. Pour ce qui est des exploitations artisanales dans l’Ankarana, un dialogue se tiendra à l’espace Mahefa Antanamitarana ce 14 avril. Outre les acteurs des services techniques déconcentrés de l’État, des collectivités territoriales décentralisées et la société civile, trente huit miniers artisanaux sont attendus pour l’occasion ainsi que des représentants du ministère de tutelle. Les exploitants proviennent des villages environnant (Mahamasina, Andranonakoho, Ambondromifehy) et ont leurs activités dans l’Ankarana. Ce dialogue serait une étape vers la réduction de la pression exercée sur l’environnement et surtout dans le noyau dur de l’aire protégée de l’Ankarana.
■ V.M