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Jeune mariée Sakalava en tenue traditionnelle du nord de Madagascar
Jeune mariée Sakalava en tenue traditionnelle du nord de Madagascar

Partout, la signification du mariage est la réunion de deux familles qui devient une seule. Dans le Nord de Madagascar, pour parvenir à ce stade d’union, soit le jeune homme connaît une jeune fille et en parle à ses parents pour faire une demande en mariage soit ce sont les parents qui lui cherchent une épouse. La cérémonie qui s’en suit est toujours la même lorsque les époux ou les parents décident de sceller l’union par le mariage traditionnel

Le « Mahary »

Tout d’abord, les parents du jeune homme se déplacent chez la famille de la jeune fille pour lui demander sa main. Si les parents sont d’accord, ils discutent en premier lieu le « Mahary », c’est le bien que la famille du jeune homme offre aux parents de la jeune fille, qu’il s’agisse d’argent ou de zébus. Le « Mahary » doit être payé avant le mariage. S’ils se sont mis d’accord sur ce point, les proches qui ont mené les « négociations » auprès des parents de la femme rentrent faire leur rapport aux autres membres de la famille. Les règles ont été posées par les ancêtres concernant le « Mahary ». Si la femme a commis des fautes et que le couple se sépare au bout de moins d’un an de mariage, la femme n’aura pas le droit de garder le « Mahary ». Ses parents doivent rembourser la totalité à la famille de l’homme. Dans le cas où c’est le mari qui décide de laisser la femme pour des problèmes quelconques et que leur mariage ne dure pas encore un an, la femme a le droit de garder son « Mahary ».

La cérémonie : « fehimbadiana »

La semaine suivante, la famille du jeune homme retourne voir les parents de la jeune femme pour fixer le jour du mariage et payer la moitié de la somme qui a été convenue. De leur côté, les parents de la jeune fille font tout le nécessaire pour lui fournir l’équipement nécessaire à l’installation du futur ménage de leur fille. Au minimum un lit, un matelas et les ustensiles courants pour la cuisine. Auparavant une jeune femme pour se marier portait juste une natte, ce n’est que progressivement que les parents ont offert le lit. Ensuite sont venus les autres matériels comme le matelas et les assiettes. La famille de la jeune fille prépare la nourriture et s’apprête à recevoir les invités pour faire la fête. Quant à la famille du jeune homme, elle vient au mariage en groupe « hommes, femmes, jeunes et personnes âgées » avec leurs charrettes ou voitures prêtes à porter la nouvelle mariée. A leur arrivée les familles échangent les salutations d’usage, s’adressant en particulier aux adultes. Puis on leur sert le repas.
La future mariée, durant tout ce temps, est cachée quelque part, dans une chambre. Le jour du mariage, elle doit porter un ensemble de paréos « salovagna et kisaly », tenues traditionnelles des Sakalava du Nord. Son visage doit être couvert par son kisaly ou le paréo.
Une fois le repas terminé, la famille du demandeur se met à la recherche de la promise. Si elle n’arrive pas à la trouver, le demandeur donnera de l'argent à une personne de la famille, 1 000 Ariary par exemple pour que la personne les conduise jusqu’à la chambre où se cache la future mariée. Une fois la jeune femme découverte, la famille du jeune homme pousse des cris, en signe de joie.
La future mariée va être portée sur le dos d’un membre de la famille de son futur mari. Elle va être conduite dans la salle où se trouvent les autres invités.

La toilette
La mariée va être portée sur le dos d’un membre de la famille de son futur mari ; son visage est caché
La mariée va être portée sur le dos d’un membre de la famille de son futur mari ; son visage est caché

Après ces retrouvailles, un groupe de femmes vient pour changer les vêtements de la jeune fille. Ensuite ses tresses lui sont défaites. A chaque action de la famille du demandeur, elle doit chanter « mihantsa » chant traditionnel accompagné de danses. La belle famille fait de nouvelles tresses, symboles d’une nouvelle naissance. Puis une femme de la belle-famille porte la mariée sur son dos, de la salle où elle était jusqu'à la douche. Ce sont elles qui lui font la toilette. Elle la porte une fois de plus sur le dos et la ramène dans la salle. Arrivée dans la salle, elles lui changent de nouveau ses vêtements, elles la maquillent puis lui mettent des bijoux.
Durant toute la cérémonie, la future mariée doit garder la tête recouverte. Seules les femmes qui la maquillent ont le droit de voir son visage. Quant au jeune homme, il doit rester au village et attendre l’arrivée de sa femme. La raison de toutes ces attentions, ces changements d’habits, ainsi que les bijoux remis à la jeune mariée est l’honneur que le demandeur porte à la famille de sa promise. C’est pour montrer à la famille aussi qu’elle a les moyens de vêtir la mariée, donc de subvenir à ses besoins. Ces vêtements sont des paréos neufs. Cette tenue porte le nom « sandoko ».

Les Kabary

La toilettes terminée, une personne âgée du côté de la jeune mariée prend la parole et fait son discours (« Kabary ») devant les invités. Elle parle des tabous « les fady ».
Premièrement, « zahay vady sahafa hofahofana » midika fa tsy mety aminay ny tivativaina. Il s’agit de recommandations concernant les échanges au sein du couple. Même si un jour il y aura dispute, il est interdit de parler mal à la femme, de l’insulter ou de la rabaisser.
Deuxièmement, « zahay fady domonigny, tsy domony vorogno fady zahay fa domogno popoko » c’est-à-dire que l’homme n’aura pas le droit de frapper sa femme.
Et enfin, « zahay fady an-trano mahandro izay midika hoe tsy mandoky aminy tranon-drafozagna fa agnatiny tokatrano ». Ce qui signifie que l’épouse fait la cuisine et mange dans son foyer et non chez sa belle-famille ou ailleurs. Au cours de ce kabary, les personnes âgées donnent leurs bénédictions aux jeunes mariés pour que leur foyer soit prolifique et demeure dans la paix et la joie. Puis ils leur souhaitent un bon retour dans leur village.

Les cadeaux

Ensuite, ils vont commencer à sortir les affaires de la mariée. C’est le moment le plus amusant pour la famille de la jeune fille. Car elle exige que les invités chantent. A chaque matériel, une chanson à chanter et si les invités ne savent pas chanter, ils vont passer beaucoup de temps pour sortir les autres affaires. Et dans le cas où ils ne savent pas chanter ils devront payer une amende symbolique pour chaque article à sortir. A la fin de cette distribution, ils vont amener la mariée en direction de leur charrette ou voiture en chantant « nahazonay lahéé » (nous l’avons).
De leur côté, la famille de la jeune fille lui demande de se tourner. « Retourne-toi ! » disent les membres de sa famille. C’est pour que la mariée n’oublie pas d’où elle vient. Qu’elle sache qu’elle a aussi une famille qui l’attend. Moment de joie et de tristesse pour cette famille qui a un enfant qui a trouvé le bonheur, mais en même temps, cet enfant quitte les siens pour rejoindre une autre famille. C’est d’ailleurs le moment le plus difficile pour la jeune mariée durant la cérémonie car elle va laisser sa famille pour démarrer sa nouvelle vie.
Pour la famille du marié, c’est le bonheur car la famille s’agrandit et elle va avoir des descendants.
Ce n’est que lorsque toutes les affaires de la jeune mariée sont mises dans la voiture que les invités peuvent emmener la femme. Alors, une personne la porte sur son dos et la dépose dans la voiture. Ils prennent la route pour retourner au village.

La valeur sociale du mariage coutumier

Puisque c’est un mariage qui a été fait par l’intermédiaire et en présence des deux parents, en cas de problème ou difficultés au sein du couple, ils auront le droit d’intervenir. C’est ainsi qu’en cas de séparation, les deux parents interviennent dans le partage des biens du couple. Pour que la séparation se fasse sans injustice et de minimiser les blessures. En cas de maltraitance, les parents se réunissent pour trouver la solution pour le bien et pour la sécurité de leurs enfants.
Le mariage traditionnel est aussi un honneur pour les deux parents suivant le proverbe malagasy « Fanambadiana tsy vita vody ondry, henatra ny fianakaviana ny vavy, baraka ny fianankaviana ny lahy » c’est-à-dire qu’un mariage qui n’a pas respecté le « mahary » est une humiliation pour la famille de la jeune femme et une honte pour celle du jeune homme. Le mariage n’a pas reçu de bénédictions, donc un scandale pour tous les concernés. Un mariage digne et béni par les deux parents surtout du côté de la jeune fille est une fierté au sein de la société : « Vadiana vita vody ondry reharehan’ny fianakaviana »
Pour le mariage enregistré à la mairie c’est l’État qui doit intervenir, plus précisément le tribunal. Il en va de même pour le mariage religieux.
Dans le cadre du mariage coutumier, ce sont les parents qui prennent les mesures suivant les décisions des époux. L’État malagasy prend d’ailleurs en considération les unions coutumières et en prend compte dans sa prise de décision. Le mariage coutumier crée des obligations juridiques et des droits.
Un désintérêt des jeunes pour le mariage traditionnel
Auparavant, les établissements scolaires étant loin, beaucoup de jeunes se mariaient dès qu’ils atteignaient l’âge de la puberté. L’évolution a fait qu’aujourd’hui les enfants et les jeunes demeurent plus longtemps au sein de ces établissements et ne pensent que plus tard au mariage.
Puis de nos jours, peu de jeunes acceptent que leurs parents choisissent leurs époux ou épouses à leurs places. D’après les plus âgés, les jeunes s’unissent facilement et se séparent facilement aussi. Les parents ne se sentent pas responsables et ne s’en mêlent.
Beaucoup de jeunes choisissent de rester célibataires « pour ne pas avoir d’attache et des obligations » comme ils le disent. Sinon lorsqu’ils tombent amoureux, ils s’arrangent entre eux de comment mener leur union ou d’ailleurs ils ne décident rien et vivent leurs relations librement. Les liaisons ne durent pas et causent des problèmes lorsque des enfants naissent de ces unions et que l’un des parents abandonne purement et simplement.
Le mariage traditionnel perd de son prestige petit à petit malgré le nombre de personnes à la campagne qui le pratique encore. Les aînés constatent et affirment que les mariages traditionnels durent plus longtemps que ceux contractés à la mairie.
Dans la tradition du Nord de Madagascar, mahary et fehimbadiana (le mariage est ainsi noué) désignent une seule cérémonie et les liens qui se créent. Le terme fehimbadiana n’est plus très utilisé. Les Sakalava sont plus habitués à dira mahary.
■ Angeline C.

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