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Les défenseurs de l'environnement et des droits humains luttent pour que les entreprises minières respectent les droits des communautés (Photo: un village de Betsiaka)
Les défenseurs de l'environnement et des droits humains luttent pour que les entreprises minières respectent les droits des communautés (Photo: un village de Betsiaka)

La situation tend à être de plus en plus critique à Madagascar où les actions des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement sont criminalisées. Les lanceurs d’alerte sont poursuivis en justice

La société civile ne se remet pas de la condamnation de Clovis Razafimalala vers la fin du mois de juillet que l’affaire Raymond Mandiny pointait déjà son nez en août. Maintenant, Raleva, un défenseur des droits de l’Homme se retrouve dans une prison de Mananjary, sous prétexte qu’il avait usurpé le rôle du chef de District.

Les poursuites judiciaires : outils pour réduire au silence les communautés

Les représentants de l’Etat, dans ces régions où les défenseurs de l’environnement et des droits de l’Homme osent contester les décisions, n’hésitent pas à mettre en prison. Dans le cas de Raleva, il a été arrêté suite à une enquête de la police, puis transféré à la prison de Mananjary le 3 octobre. Cette arrestation fait suite à un plaidoyer qu’il a effectué lors d’une réunion publique le 27 septembre. Il a été annoncé alors que les activités minières à Marokarima, commune rurale de Vohilava, vont reprendre. En effet, l’exploitation aurifère de l’entreprise chinoise a été suspendue en début de l’année car elle ne détenait pas les permis nécessaires pour cela et qu’il y avait soupçon d’utilisation de mercure particulièrement dangereux pour l’eau, le sol, les cultures environnantes et la santé des populations riveraines. Durant cette réunion, Raleva, membre de « Justice et paix » ainsi que de l’antenne régionale de l'Observatoire Indépendant des Droits Economiques, Sociaux et Culturels à Madagascar (OIDESCM) a demandé à voir l’autorisation légale permettant à l’entreprise de reprendre son exploitation. Au lieu de faire preuve de transparence et fournit les explications importantes à la communauté, c’est l’arrestation et l’emprisonnement de Raleva qui semblent pour les autorités être la mesure appropriée. Une demande de liberté provisoire a été adressée à la chambre de détention préventive, mais celle-ci a été rejetée le 13 octobre. De plus, aucune date n’est fixée pour une instruction et pour le procès concernant cette affaire d’usurpation de fonction. La société civile considère cet emprisonnement comme une punition pour Raleva qui a osé contester et demander l’information qui doit pourtant revenir à la communauté. D'après CRAAD-OI et le collectif "Tany", le motif pour lequel Raleva est inquiété n’est pas fondé puisque le chef de District était présent lorsqu’il avait réclamé les documents. La pratique de l’acharnement judiciaire gagne de plus en plus de terrain pour empêcher les communautés et les lanceurs d’alerte de parler.

Pour que cessent la persécution des lanceurs d’alerte

CRAAD-OI ou Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement-Océan Indien, « Tany » qui est le collectif pour la défense des terres malgaches, Amnesty International, Front line Defenders et le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire demandent aux autorités compétentes « à remplir d'urgence leurs obligations de respecter et de garantir la réalisation des droits fondamentaux de M. Raleva, et de faire cesser les menaces que les conditions carcérales font peser sur son état de santé déjà fragile ». Front line Defenders exhorte les autorités malagasy « à libérer immédiatement et sans condition M. Raleva et abandonner toutes les charges portées contre lui, car il semble qu'il soit détenu uniquement à cause de son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains; d’assurer que le traitement de M. Raleva pendant sa détention, corresponde à toutes les conditions établies dans les «Principes fondamentaux relatifs à la protection de toute personne contre toute forme de détention ou emprisonnement» adoptés par l'Assemblée Générale de l'ONU; et de cesser immédiatement de cibler tous-tes les défenseur-ses des droits humains à Madagascar et garantir qu'en toutes circonstances ils-elles puissent mener à bien leurs activités légitimes en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l'acharnement judiciaire ».  Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique australe avait dénoncé dans un communiqué au mois de mai, « la tendance actuelle visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar ». Clovis Razafimalala a été maintenu en détention « de manière illégale et condamné à une lourde peine sur la base de fausses accusations», en raison de ses dénonciations du trafic illicite des ressources naturelles de Madagascar. Raymond Mandiny a été accusé en août de diffamation publique et d’usurpation de fonction par le chef cantonnement de l’environnement, de l’écologie et des forêts d’Ambanja alors qu’il défendait les droits des communautés affectées par le projet d'exploitation de terres rares de la société Tantalum Rare Earths Madagascar (TREM) à Ampasindava. En novembre 2016, à Madagascar, deux défenseurs de l'environnement ont été déjà inculpés et condamnés à un an de prison avec sursis pour avoir milité pour la suspension des activités de la mine d'or d'une entreprise chinoise. La situation inquiète car les communautés n’auront donc plus droit à la parole alors que les activités concernent leur terre et affectent leur dignité.
■ V.M

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