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L’esclavage et la traite de personnes revêt plusieurs formes
L’esclavage et la traite de personnes revêt plusieurs formes

Depuis quelques années, des organismes spécialisés constatent que les cas de trafic humain et de traite de personnes sont en augmentation. De plus en plus de cas sont rapportés par la population

La police malagasy d’Antsiranana est en relation étroite avec deux consultants canadiens dans cette lutte. En une semaine seulement 8 cas ont été rapportés, dont 6 pour la traite de personnes dans le travail et deux sont de mariages forcés, ce qui est également considéré comme traite de personnes. C’est un fléau qui nécessite des changements radicaux de comportement car travail domestique ne signifie pas esclavage.
Le plus surprenant parmi ces cas de maltraitance envers les employés de maison est que les auteurs sont des personnes qui ont des moyens et sont apparemment cultivées. La majorité des victimes sont des mineurs qui viennent d'autres régions. Ces catégories de gens qui travaillent à Diego Suarez font venir leurs employées des régions du sud de Madagascar ou d’Antsirabe, ou bien encore de Fianarantsoa pour éviter que leurs familles ne viennent visiter leurs enfants travailleurs. Ces victimes sont des citoyens de seconde classe.

Une employée de maison réduite à l’esclavage

Une jeune femme de 19 ans, originaire de Fianarantsoa a été recrutée en août 2017. Avant d’être amenée à Diego Suarez, une personne d’Antananarivo l’a réceptionnée et lui a pris ses papiers (carte d’identité et copie de son acte de naissance). Elle est restée une nuit chez cette personne avant d’être envoyée à Diego Suarez et là, on lui a expliqué le travail qu’elle doit faire. Au début, il a été prévu qu’elle serait payée 50 000 ariary par mois. Depuis son arrivée, la jeune fille a travaillé pour cette famille, « c’était l’enfer » dit-elle. Elle a été obligée de dormir à même le sol durant 4 mois, de plus son salaire était tout le temps réduit car elle devait rembourser ses frais de déplacement d’Antananarivo à Diego Suarez, sans en avoir été informée au départ. La jeune employée était par ailleurs mal nourrie et le plus grave était qu’à chaque fois que son employeur était ivre, celui-ci essayait de la forcer à avoir des rapports sexuels avec lui. Comme elle refusait, l’homme lui proférait d'horribles insultes. Elle a pu partir grâce à l’aide de gens de bonne volonté. Au mois de novembre 2017, elle a déposé une doléance auprès de la direction régionale de la population. Cette direction a convoqué les employeurs, mais ces derniers ne sont jamais venus. Ce qui a déclenché le signalement effectué par la direction de la population à l’endroit de la police judiciaire. Malgré de nombreuses demandes relatives aux papiers de la victime, les employeurs ont toujours refusé de les rendre. La police a alors déferré le dossier au parquet. Le substitut du procureur a convoqué les employeurs qui ont enfin rendu les papiers de la jeune femme et ont payé le solde de son salaire du mois de novembre. Le dossier a été transféré au tribunal le premier mars pour traite de personne.

A notre époque est-il encore possible de pratiquer quasi impunément des actes d'esclavage envers les employés de maison ? Tout être humain a droit au respect et à un minimum vital, manger à sa faim, un endroit pour dormir, des horaires normaux de travail, un jour de repos par semaine et une rémunération adéquate au travail.

Une jeune fille offerte aux viols sur fond de négociation

Une adolescente de 15 ans issue de milieu rural a été abusée sexuellement par un ami de la personne à laquelle sa mère a confié sa garde. Sa mère a dû partir de toute urgence car son mari était gravement malade. La mère a alors laissé sa fille de 15 ans ainsi que trois autres enfants à sa meilleure amie qu’elle dit considérer comme sa propre sœur. La meilleure amie en question a une connaissance qui s’est intéressé à l’adolescente. Le contenu de l’accord que les deux individus ont conclu n’est pas connu, mais une nuit, la dame a fait sortir l’enfant dans la cour en pleine nuit. L’homme l’a récupérée et lui a dit qu’il s’occuperait bien d’elle. Mais une fois chez lui, elle a été violée, elle a été abusée sexuellement pendant plusieurs jours. Les frères et sœurs de la jeune victime ont réussi à prévenir leur mère. Celle-ci s’est accourue, mais lorsqu’elle a parvenu à la récupérer, sa fille était déjà enceinte. L’homme a tenté de dissuader la mère en avançant un lien conjugal. Ce que la mère a réfuté. Sa fille n’a que 15 ans, elle prévoyait pour elle un avenir meilleur et voulait qu'elle fasse des études, pas qu'elle soit mariée, ni être mère à 15 ans. Elle a alors porté plainte auprès de la police et le dossier a été déféré au parquet. Mardi 5 mars, les audiences du parquet ont eu lieu. Après avoir été appelé à la barre, l’homme a été placé en mandat de dépôt, le motif évoqué était le détournement de mineur. Les consultants canadiens qui suivent de près ces affaires sont docteur en droit et avocat, enseignant dans plusieurs universités. Ils relèvent le fait que le tribunal n’a pas pris en compte la notion de viol dans le procès et n’a pas considéré le mariage forcé alors que celui-ci est assimilé à une traite de personne comme le dispose la loi 2014-040 sur la traite des êtres humains. Les condamnations sont tombées le 13 mars. La dame qui a conduit la mineure au violeur et ce dernier sont chacun condamnés à un emprisonnement de deux ans avec sursis et 100 mille ariary d’amende seulement. A titre de dommage et intérêt, les coupables versent 2 millions ariary à la victime.

■ C. Angeline

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