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Casseur de pierres : le problème du travail des enfants à Madagascar
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Mardi, 29 Mars 2011 05:26

Casseur de pierres : le problème du travail des enfants à Madagascar
Le concassage de pierres pour en faire des graviers est une activité économique pour les plus défavorisés, à laquelle participent de nombreux enfants. Entre l’hôpital psychiatrique et la barrière de l’Université, sept familles cassent les pierres à la demande des clients. Reportage

 Cette partie de la ville de Diego Suarez intéresse les casseurs de pierre car les constructions en dur sont de plus en plus nombreuses et les pierres ne sont pas difficiles à trouver.

Père et/ou mère sont accompagnés de leurs enfants. Non seulement, les enfants aident leurs parents, mais ils travaillent dans de rudes conditions (6 heures de travail au minimum par jour, pour ceux qui ne vont pas à l’école, à l’abri seulement d’un arbre pour se protéger du soleil). Casser les pierres nécessite de la force, il faut casser les plus grandes en nombreux morceaux, puis transformer ces morceaux en gravillons. Ces enfants ayant toujours vécu dans la misère ne se plaignent pas de leur situation, ils considèrent que c’est normal d’aider les parents. Ces enfants, dont la plupart sont des garçons ont entre 8 et 14 ans.

Quand son fils aîné, âgé de 12 ans ne va pas en classe, il l’aide à remonter les pierres de la plage, puis à les casser sur le bord de la route

Une mère de famille avec ses deux garçons ont particulièrement attiré notre attention. Ayant perdu son mari récemment dans un accident de voiture, Higène originaire de Vangaindrano est obligée de subvenir seule aux besoins de sa famille. Cela fait maintenant un an qu’elle casse les pierres.

Quand son fils aîné, âgé de 12 ans ne va pas en classe, il l’aide à remonter les pierres de la plage, puis à les casser sur le bord de la route. Pour cela, ils n’ont que des marteaux et une grosse pierre qui sert d’appui comme outils de travail. Ils vendent les gravillons à 1000 Ariary le daba (à peu près un seau de 5l), à 800 quand les acheteurs discutent le prix. Un daba de gravillons équivaut à au moins deux heures de travail (pour une femme). En une journée, Higène, si elle est aidée par son fils, parvient à avoir 3 ou 3 et demi de daba de gravillons. Quand les maçons ont besoin de gravillons, ils achètent 5 à 10 daba.

Higène casse les pierres de 8 heures à 17 heures, sans pause ou petite sieste soit 9 heures de travail. Quand elle est fatiguée ou lorsqu’elle tombe malade, elle s’arrête un peu « plus tôt », c’est-à-dire à 15 ou 16 heures. Elle nous explique : « Je ne veux pas m’arrêter car on ne sait jamais, imaginez que quelqu’un veuille acheter de nombreux daba et qu’il les veut tout de suite. Je ne m’interromps de travailler que pour déjeuner, juste après je continue». Il faut aussi avoir du stock. Ce qui fait qu’Higène ne peut faire d’autre travail.

La terre qu’elle utilise et la petite caravane qui leur servent, à elle et ses fils, de domicile sont la propriété d’un vazaha. Il a bien voulu qu’elle utilise le terrain tant qu’il n’en a pas besoin.

L’été est la période de l’année la plus rude à passer pour les casseurs de pierre, les acheteurs sont rares. Pour Higène, il lui est difficile de faire des projets pour l’avenir, d’avoir des rêves. Elle nous dit qu’elle se préoccupe chaque jour de ce qu’elle et ses fils vont manger le lendemain. Elle prie Zanahary pour qu’elle puisse trouver chaque jour de l’argent pour le riz.
En ce qui concerne les contrôles de l’Administration, Higène nous dit qu’elle n’a jamais eu de problème jusqu’à ce jour. Ses amis et voisins, du même emploi, lui ont dit un jour qu’ils auront à payer prochainement une taxe. Elle a du mal à envisager comment réussirait-elle à la payer, puisqu’elle a déjà du mal avec les besoins de sa famille.
■V.M.

 

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