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L’automédication : une pratique très courante à Madagascar qui peut devenir dangereuse
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Mardi, 12 Avril 2011 05:14

L’automédication : une pratique très courante à Madagascar qui peut devenir dangereuse
La plupart des Malgaches pratique l’automédication et ignore à quel point cela pourrait-être dangereux à long terme.

Notre entretien avec le Docteur TSATSARA Marie Angèle, médecin-traitant au SMIDS, ou Service Médical Interentreprise de Diego Suarez nous donne quelques idées de ce que pourraient être les conséquences de l’automédication sur l’organisme.

L’automédication est le fait de choisir soi-même sa méthode de guérison et de prendre des médicaments sans l’avis d’un médecin. De nombreuses raisons poussent les gens à la pratiquer, mais le plus souvent les malades prennent des médicaments sans avis du médecin par manque d’argent et de moyen. Les amis et l’entourage parlent souvent de médicaments efficaces contre telle ou telle maladie, on les note dans un petit carnet pour ne pas oublier et on ne s’adresse plus au médecin au cas où l’on tomberait malade. Certains pensent que la maladie n’est pas si grave « il faut juste prendre deux paracétamols et cela va se calmer » nous dit une mère de famille. Un cas très fréquent aussi, la rechute, le malade ne voit plus le médecin, il achète juste les mêmes médicaments et répète le traitement. Et enfin, il arrive que le malade a honte de son infection et décide de guérir tout seul, exemple de l’IST (maladie sexuellement transmissible).

Les gens prennent surtout du paracétamol, de l’ibuprofène, de la tétracycline… des médicaments qui ne coûtent pas chers et que l’on trouve en épicerie. Puis, des pommades anti-inflammatoires, sprays pour l’asthme, de l’infusion et des plantes médicinales (que l’on considère inoffensif). A Diego Suarez, s’ajoute à la liste le CURA 7 qui est utilisé pour le traitement d’une IST.

Le Dr TSATSARA Marie Angèle nous explique alors qu’en aucun cas l’automédication ne peut être acceptée. L’état de certains malades nécessite beaucoup plus d’attention et de précaution, il en est ainsi de la femme enceinte, des diabétiques, des hypo et hypertensionnaires…, bref des personnes atteintes de maladies chroniques. Le problème c’est que les personnes concernées ne connaissent même pas leurs états et la conséquence pourrait être fatale. Rares sont aussi les personnes qui connaissent les effets secondaires des médicaments qu’ils prennent car ils sont vendus sans la notice, en plaquette ou par comprimé. Ceux qui pratiquent l’automédication ne savent pas la composition des médicaments (le dosage des composants, la toxicité, la posologie…) et même s’ils lisent la notice, ils ne vont pas tout comprendre, c’est pour cela qu’il faut toujours s’adresser au personnel médical : le médecin ou le pharmacien.
L’effet le plus grave de l’automédication est la résistance des microbes, ce qui peut falsifier le diagnostic médical, complique la tâche du médecin et fatigue le malade. C’est pour cela par exemple que l’on ne parvient plus à guérir le paludisme avec la chloroquine. La maladie s’aggrave et les médicaments qui servent à la traiter sont à plus forte dose et coûtent souvent plus chers.

Afin d’éviter toute complication donc, les médecins conseillent toujours, puisqu’on ne peut pas empêcher les gens de ne pas faire de l’automédication, d’informer le personnel médical de toute prise de médicaments quand on vient en consultation. Au cas où les médicaments n’ont pas eu d’effet, c’est-à-dire, si aucun changement positif n’a été constaté, il faut consulter un médecin. Ne pas prolonger et répéter un traitement suivi en automédication si les symptômes ne disparaissent pas. Arrêter l’automédication quand le médecin prescrit un traitement car une prise simultanée de médicaments peuvent anéantir leurs effets.
■VM

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