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Les journées mondiales des enseignants à Diego Suarez
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Société
Mercredi, 26 Octobre 2011 03:42
Les enseignants défilent dans les rues de Diego Suarez
Les enseignants défilent dans les rues de Diego Suarez

Les deux journées du 5 et 6 octobre ont été consacrées à Madagascar à rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui travaillent dans l’enseignement dans des conditions parfois précaires

Cette année, la célébration nationale a eu lieu à Diego Suarez dont le thème était : « Les enseignants pour l’égalité des genres.»

La célébration de cette journée a été organisée par le Ministère de l’éducation nationale avec le Mouvement National pour l’éducation pour tous et Aide et Action.
Un défilé de l’hôtel de ville au lycée mixte marqué par une forte participation des élèves et de presque toutes les écoles publiques et privées de Diego Suarez a ouvert la journée du 5 octobre. Les discours du Chef de Région et de la représentante des élèves se sont axés sur l’importance du rôle que jouent les enseignants dans l’éducation des jeunes et dans le développement du pays.
Plusieurs enseignants ont reçu des certificats de mérite lors de cette journée. Des méthodes et outils didactiques élaborés par les enseignants ont été exposés, puis il y a eu un exercice pratique dans une classe suivi d’une séance d’échanges.
Sans les enseignants, il n’y aurait pas d’ingénieurs, de généraux, de médecins, de menuisiers… La journée mondiale des enseignants est célébrée chaque année le 5 octobre afin d’attirer l’attention de toutes les institutions internationales et gouvernementales sur l’importance de ce métier, pratiqué parfois dans de mauvaises conditions, mais que le personnel enseignant doit supporter. Ce n’est pas par hasard que cette date a été choisie. C’est le 5 octobre 1966 que l’UNESCO et l’OIT ont signé la recommandation sur les conditions des enseignants et du personnel de l’enseignement supérieur. Cette recommandation qui vise à soutenir les enseignants pour qu’ils puissent continuer à subvenir aux besoins des générations futures, entre dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. La représentativité des femmes dans les postes de prise de décision et l’accès des filles à l’éducation suivent aussi cet ordre.
Selon une directrice d’école privée, une femme qui enseigne est beaucoup plus performante qu’un homme. D’après elle, pour réussir à transmettre son savoir aux élèves, il faut établir une relation de confiance, d’empathie et d’autorité. Les hommes ont tendance à oublier les deux premiers et agissent seulement avec autorité et sévérité. Mais elle ajoute aussi que certaines femmes y impliquent trop de sentiments ce qui conduit toujours à des problèmes d’indiscipline dans leur classe.
Le rapport de l’UNESCO sur l’éducation a permis de savoir que 62% des enseignants dans le monde entier sont des femmes. A Madagascar, les enseignantes sont plus nombreuses dans les écoles primaires privées et publiques. C’est cette féminisation de l’emploi qui dégrade son statut ou c’est l’Etat qui n’offre pas de meilleures conditions de travail aux enseignants ? Force est d’admettre que c’est depuis les années 1980 que la profession tendait à perdre peu à peu de la valeur et actuellement les jeunes qui veulent faire carrière dans l’enseignement sont de plus en plus rares. La plupart des enseignants restent à leur poste faute de mieux.

Mais il faut dire aussi que le salaire n’est pas assez ou n’est pas du tout motivant. Les maîtres FRAM, instituteurs payés par l’association des parents d’élèves, ne gagnent qu’environ 40 000 Ariary par mois. Tout ce qu’ils espèrent c’est être recrutés définitivement par l’Etat. Pour les fonctionnaires, les indemnités et remboursements (lors des problèmes de santé surtout) tardent à arriver, ce qui constitue une autre charge que l’enseignant ne sait comment assumer. Il y aussi le cas d’enseignants dont l’Etat par l’intermédiaire de la DREN (Direction Régionale de l’Education Nationale) et de la CISCO (Circonscription scolaire) ne connait pas l’existence. C’est parce que ces enseignants sont appelés simplement « chargés de cours » par leurs employeurs (enseignement privé). Ils sont payés à l’heure, entre 1000 et 2000 Ariary et à chaque absence, quelque soit la cause, ne sont pas payés. Il est rare que ceux-ci obtiennent une attestation de travail.

Notons aussi que le rapport de l’UNESCO sur la mission d’évaluation des ENS ou Ecoles Normales Supérieures en 2003 a démontré que beaucoup d’enseignants formés ne sont pas recrutés alors que des contractuels, pas toujours qualifiés, sont payés par l’Etat.
■ V.M. 

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