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Défilé des associations de femmes dans les rues de Diego Suarez
Défilé des associations de femmes dans les rues de Diego Suarez

A Madagascar, plus de la moitié de la population vit dans des zones enclavées, loin de tout. Nul n'est sans savoir ce que cette situation engendre sur la sécurité, la santé, en garantissant une quasi-impunité à toutes sortes d'abus 

Dans le cadre de la célébration de la Journée Africaine de la Femme, les échanges qui ont eu lieu entre les associations de femmes d'Antsiranana I et II et d'Ambanja n'ont permis que de se faire une idées des détails sordides de ce qu'endurent les femmes et enfants victimes d'abus et de violences dans ces régions. Des cas qui ne sont pas toujours rapportés au niveau des services et réseau de protection concernés ni même constatés par les forces de l'ordre. Selon les statistiques de la Direction de la Population et des Affaires Sociales de la DIANA, 13 filles de 3 à 17 ans ont été violées pendant l'année 2012 et trois cas de viols seulement ont été enregistrés du mois de janvier au mois de juin 2013. Il est probable que ces chiffres dérisoires cachent une réalité autrement plus inquiétante.

Lors des échanges, deux personnes ont rapporté avoir cherché une solution auprès du centre de santé de base d'Anivorano-nord pour le cas d'une femme d'Antsoha violée depuis des années par son père -et ce même après son mariage. Ni son mari ni son entourage n'osent intervenir pour mettre un terme à ces viols. L'éloignement serait, selon une femme membre d'une de ces associations, la cause d'une absence d'intervention de la part des forces de l'ordre lorsque le cas leur a été rapporté. Les femmes d'Anivorano-Nord ont insisté sur cette recrudescence de cas de viols et de violences dans leur commune qui les inquiète réellement. Cela fait quatre ans que le réseau pour la protection des droits de l'enfant y a été mis en place, mais l'absence de suites à un certain nombre de cas rapportés « à cause de la corruption » a poussé un coordonnateur à démissionner. Le CSB fait état d'une effroyable constatation : les victimes sont de plus en plus jeunes, des petites filles de 4-6 ans. Le 25 juin 2013 par exemple, une fille de 12 ans a été violée par son grand-père. La superstition ne fait qu'aggraver les choses : la responsable du Centre d'Ecoute et de Conseil Juridique relate le décès d'une fille décédée à la suite d'un viol, que les parents ont emmené chez un guérisseur traditionnel qui s'est avéré incapable de la sauver. Ce manque de discernement des parents expose les enfants à de plus graves dangers.

Des parents qui profitent du dommage subi par leurs enfants

S'il y a des parents qui ignorent où vont leurs enfants mineurs ou des parents qui acceptent les arrangements avec les auteurs de violence envers leurs enfants, d'autres exposent eux-mêmes leurs filles mineures au détournement ou au viol. En effet, aussi insensé que cela puisse paraitre, des parents poussent leurs filles mineures à avoir des relations sexuelles avec des hommes « qui ont les moyens », qu'ils menacent ensuite de porter plainte quand ils ne sont pas satisfaits de l'arrangement proposé par l'individu qu'ils accusent d'avoir profité de leur enfant. La jeune fille, qui n'a pas son mot à dire, subit la violence et l'exploitation sexuelle. Tant qu'elle n'ose affronter ses parents ou tant qu'un tiers ne dénonce de tels actes, le crime reste impuni. L'association Fanamby a dénoncé la négligence et l'abandon des parents alors que l'enfant a été brutalisé. «Dès que l'association prend en main la fille violée, les parents en profitent pour s'éloigner et laisser leur enfant. Le cas le plus triste c'est la fille abandonnée par sa mère à la suite d'un viol commis par le beau-père ou le père. La mère préfère rester avec le criminel plutôt que de prendre soin de son enfant» déplore un membre de l'association. Les effets psychologiques et sur la santé sont de plus en plus lourds. L'entourage culpabilise l'enfant, tenu responsable des difficultés occasionnées à la famille par ces événements. Il en est de même pour les mariages précoces et «à l'essai». Certains parents profitent de «l'essai» pour s'enrichir car à chaque changement de fiancé, la fille a droit a une nouvelle dot qui est perçue par ses parents.

Programme de prévention : partenariat MPAS-UNICEF

La résolution prise lors de la journée africaine de l'enfance avec les chiffres alarmants sur la maltraitance et les violences envers l'enfant pendant ces quatre années de crise à Madagascar est en début de mise en oeuvre. Le Ministère de la Population et des Affaires Sociales et l'UNICEF ont posé des objectifs bien précis pour les régions au niveau desquelles seront menées les actions : Boeny, Menabe, Analanjirofo, le sud-ouest et la DIANA. Des objectifs qui ont été exposés par l'assistant technique régional d'UNICEF dans la DIANA, Rivoson Raoelinarivo lors de la réunion avec les associations de femmes : la prévention de l'abus, de l'exploitation sexuelle et la violence, le signalement et la prise en charge des enfants victimes, la disponibilité des données pour informer le plaidoyer national, 800 000 enfants sensibilisés, 5 000 enfants victimes bénéficiaires d'une prise en charge d'urgence et d'insertion, 130 RPE (réseau pour la protection de l'enfant) seront renforcés… Pour dénoncer la maltraitance et les violences et viols envers les enfants, la population, qu'elle soit en milieu rural ou en ville, peut s'adresser directement à la gendarmerie, au centre de santé de base, à la police des moeurs et des mineurs, aux membres du réseau pour la protection de l'enfant ou contacter le 147. Une étape fondamentale dans la lutte contre la maltraitance et la violence est en effet la dénonciation, qui marque le refus de se taire face à un acte qui fait de l'enfant une victime.

■ V.M

Commentaires   

+2 # J.rami 18-08-2013 09:25
Aucun commentaire ? Les violeurs ne méritent rien d'autre que la prison pour avoir détruit la vie de leur enfant. Les parents qui mettent leur enfant sur le trottoir idem! C'est inadmissible ! Des fillettes de 4 à 6 ans ? C'est UN CRIME ! Une infamie que rien n'excuse.

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