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Tortue imbriquée (eretmochelys imbricata) sur une plage d’île de Sahamalaza (Nord-Ouest) - Photo : ONG C3
Tortue imbriquée (eretmochelys imbricata) sur une plage d’île de Sahamalaza (Nord-Ouest) - Photo : ONG C3

Les sept espèces de tortues marines du monde entier sont en danger. La chute de leur effectif présage leur disparition imminente au rythme de la destruction des zones de ponte et du braconnage, sachant également que les nouveau-nés sont des proies faciles pour les chiens, les oiseaux et les crabes

Les tortues marines figurent dans la liste rouge de l’ONG mondiale UICN ou Union Internationale pour la Conservation de la Nature. L’océanographe et biologiste marin, Bemahafaly Randriamanantsoa avance qu’au niveau mondial 40 000 tortues par an sont victimes de la pêche accidentelle au palangrier et chalut. Les filets de pêche abandonnés deviennent des pièges à tortues, les sacs plastiques provoquent l’occlusion digestive, s’y ajoute la pollution lumineuse (l’éclairage artificiel a des effets sur l’environnement marin) et la dégradation des habitats.
Les tortues marines sont des reptiles, ovovipare, poïkilothermes (leur température corporelle varie avec celle de leur milieu), de respiration pulmonaire avec capacité d’apnée pendant six heures. Leur vitesse de nage atteint les 35 km/h. Bien que la curiosité de tous se rapporte à la détermination de l’âge d’une tortue, par observations des écailles ou de la carapace, il n’est pas facile d’avoir des précisions par simples observations. Tout comme la distinction mâle-femelle d’ailleurs. Ce n’est qu’au stade sub-adulte (maturité sexuelle) que l’on peut reconnaitre le mâle de la femelle à cause de l’appendice caudal (caractère sexuel secondaire) que développe le mâle. Ce sont les nageoires antérieures qui servent à la tortue pour nager, les deux autres nageoires lui permettent de préciser sa direction (lui servent de gouvernail). Les cinq espèces de tortues marines de Madagascar se distinguent par leurs carapaces. La carapace de la tortue luth ne comporte pas d’écailles, celle des quatre autres est constituée de plaques allant par pair. Les écailles de Eretmochelys imbricata sont imbriquées d’où la dénomination de la tortue. Le poids de la tortue luth adulte peut atteindre les 500 kg et la taille d’un adulte de 1 mètre 80 cm. La femelle pond plus de 100 œufs par ponte pour quatre à dix pontes par saison. Chez les tortues marines, la durée d’incubation varie de 45 à 75 jours. La température oscillant entre 26 et 30°C. L’âge de maturité sexuelle chez la tortue verte est de 8 à 15 ans, il est de 10 à 12 ans chez la tortue luth. La tortue verte est herbivore, la tortue imbriquée et la tortue luth sont quant à elles omnivores (consomment des algues et des cnidaires). Les tortues verte et caouanne, carnivores, se nourrissent de mollusques, de crustacés, de petits poissons et d’invertébrés.

Les tortues sont une source d’inspiration pour les artisans de Nosy Komba
Les tortues sont une source d’inspiration pour les artisans de Nosy Komba

Au stade œuf, les prédateurs sont les chiens, et les crabes. Ces derniers s’attaquent aussi aux nouveaux-nés tout comme les oiseaux et les gros poissons car les bébés tortues rejoignent la mer à quelques jours de l’éclosion. Au stade juvénile, les tortues sont chassées par les gros poissons et les requins. Au stade adulte par les hommes, les requins blancs et les requins tigres.

Un projet pour la préservation des tortues marines à Nosy Hara

La zone nord-est de Madagascar est la zone d’alimentation des tortues marines. Elles se reproduisent dans les côtes des îles de l’Océan Indien telles que Mohéli, les Seychelles et Mayotte, les îles Eparses ainsi que dans les îles du nord-ouest de Madagascar. Nosy Hara ainsi que quatre autres îles sont des zones de ponte des tortues marines. Le projet est mis en œuvre par de nombreux organismes et institutions : le Parc Marin de Nosy Hara (Madagascar National Parks), « Community Centred Conservation » (C3), Faculté des Sciences (Université d’Antsiranana), l’équipe de la Convention des Espèces Migratrices (CMS) au Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie de la Mer et des Forêts, chercheurs et les communautés locales. Il vise à renforcer la conservation des tortues marines menacées dans le parc marin de Nosy Hara à travers des approches intégrées. Les principales menaces sur les tortues sont le braconnage, le ramassage des œufs, la destruction des sites de ponte (les cailloux envahissent le sable) et la capture accidentelle aux grands filets. Un atelier organisé par l’ONG C3 avec le comité local du parc marin a permis de savoir que le filet appelé « jarifa », destiné à la capture de requins ramène aussi, certes accidentellement, des tortues. Dans le sud du parc, des pêcheurs utilisent encore le harpon pour capturer et tuer les tortues. Dans la région de Lalandaka Vohilava, une tortue est tuée chaque année pour le joro (demande de bénédiction). Les nouveaux-nés sont la proie des crabes et des poissons. Des lacunes ont été constatées : un contrôle et une surveillance déficients (faible nombre des agents marins), la non-application du texte législatif en vigueur et l’insuffisance d’éducation environnementale.
Il existe cinq espèces de tortues marines dans le parc marin Nosy Hara (Chelonia mydas, Eretmochelys imbricata, Lepidochelys olivacea, Caretta caretta, Dermochelys coriacea). Le projet vise plus particulièrement la tortue imbriquée.
D’ONG C3 dans son communiqué explique les activités et les actions de conservation du projet « elles devraient améliorer le changement de comportement des utilisateurs des ressources naturelles sur les espèces menacées à travers des stratégies d’activités génératrices de revenus pour le développement économique et éducatif. Par ailleurs, le projet améliorera l’implication des parties prenantes dans la conservation et la gestion des ressources marines, en particulier les tortues marines du parc marin de Nosy Hara. » Ces activités de conservation mises en œuvre de juin 2015 à juin 2016 toucheront quatre sites de ponte : Nosy Vaha, Nosy Hao, Nosy Fotsy et Nosy Hara. Le développement des activités génératrices de revenus et programme éducatif sur l’environnement (combiné avec ces initiatives de conservation dans les zones côtières de Nosy Hara) sont prévus.

Des tortues à ne pas consommer (des tortues toxiques),

L’impact des fady (interdits coutumiers) sur la préservation des espèces de tortues marines n’est plus aussi important qu’il ne l’a été auparavant. Le fait est que la peur des effets néfastes du fady s’attenue à cause de l’arrivée notamment de migrants. Néanmoins de nouveaux interdits s’appliquent au sein de nombreuses sociétés du nord de Madagascar dus aux décès liés à la consommation de tortues marines comme le drame qui a frappé Andovokonko en 2013. Trois personnes ont trouvé la mort après avoir mangé de la viande de tortue. L’océanographe et biologiste marin, Bemahafaly Randriamanantsoa explique la toxicité de la viande des tortues marines « c'est à cause des micro algues toxiques (appelées Dinoflagelles) que les tortues consomment beaucoup durant leur stade juvénile-pélagique, ces micro algues toxiques se concentrent avec le temps dans les tissus de la tortue ce qui rend toxique sa chair, une fois qu’elle est adulte ». Des sensibilisations sur l’intoxication par consommation d'animaux marins se tiennent chaque année dans les zones côtières de Madagascar, d’octobre au mois de mars, période propice au développement de micro algues toxiques. Deux tortues marines figurent à l’affichage de sensibilisation : la tortue imbriquée, eretmochelys imbricata, fanotanga, fanosisika, fanohara, njoaty et la tortue verte, chelonia mydas ou fanofotsy, fanolava, fanozaty.
Projet pour la préservation des tortues marines à Nosy Hara : résumé des activités et résultats attendus
Objectifs du projet Activités Indicateurs Résultats attendus
Objectif 1 : Renforcer la politique de l’espèce cible et les habitats Suivi communautaire de l’espèce. Recherche entreprise par les étudiants de l’Université d’Antsiranana Intégration des communautés locales et les étudiants aux programmes de suivi Implication large des communautés locales à la conservation des tortues marines
Objectif 2 : Renforcer la politique et la législation Adoption d’une convention locale sur la protection des tortues marines et leurs zones de nidification par la communauté locale et l’administration

Ateliers :
- Patrouille et surveillance des zones de nidification durant la saison de reproduction
- Analyse de capture aux marchés

Réduction de nombre de captures des femelles nidifiantes et leurs œufs.
Réduction de capture directe et accidentelle des tortues marines.

Objectif 3 : Sensibiliser les communautés locales pour minimiser les exploitations par les résidents Programme éducatif formel et informel pour les parties prenantes concernées Changement positif de comportements des communautés locales Les communautés locales sont convaincues de l’importance de la conservation des tortues marines

Source : ONG C3

■ V.M

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