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Crevettes de Madagascar
Près de 938 kg de crevettes et plusieurs centaines de mètres de filets à crevettes saisis par le Centre de Surveillance des Pêches d’Antsiranana durant ces deux derniers mois pendant la fermeture

L’arrêté ministériel n°40611/10 portant fermeture de la pêche crevettière pour la campagne 2010 a été signé le 1er décembre 2010. Si cette disposition semble globalement appliquée, le Centre de Surveillance des Pêches d’Antsiranana, CSP d’Antsiranana a saisi durant ces deux derniers mois près de 938 kg de crevettes ainsi que plusieurs centaines de mètres de filets à crevettes. Rencontre avec Jean-Louis RABE du CSP d’Antsiranana.

Jean-Louis RABE CSP Antsiranana
Jean-Louis RABE
CSP Antsiranana


Créé en avril 1999, le Centre de Surveillance des Pêches de Madagascar a pour mission la protection et la conservation des ressources halieutiques et aquacoles dans ses activités de suivi, de contrôle et de surveillance pour une exploitation durable et rationnelle. Son aire géographique d'intervention couvre le territoire national et l'ensemble des eaux sous juridiction de la République de Madagascar. Des antennes régionales comme celle d’Antsiranana ont été mises en place pour permettre une surveillance et un contrôle renforcé dans les principales zones de pêche de l’île.

« Tous les secteurs sont concernés, que ce soit la pêche traditionnelle, artisanale ou industrielle ; le contrôle des activités de pêche s'exerce sur l'ensemble du territoire ; la surveillance veille au respect des dispositions législatives et réglementaires par tous les navires opérant dans les eaux nationales malgaches et par tous les opérateurs économiques des secteurs de la pêche et de l'aquaculture. » nous explique Jean-Louis RABE du CSP d’Antsiranana.
D’un point de vue logistique, le CSP dispose d’une base à Mahajanga où 3 navires et 8 vedettes rapides effectuent régulièrement des missions en mer pour identifier et intervenir dans le cas d’éventuelles pêches illicites non déclarées et non réglementées (pêche INN). La signature d’un protocole d’accord avec le Ministère de la Défense permet qu’un équipage mixte soit à bord et puisse ainsi intervenir à tout moment. La mutualisation des moyens avec les pays membres de la Commission de l’Océan Indien et le Mozambique facilite l’organisation de missions régionales pour la surveillance et l’application des lois en vigueur en termes de pêche dans toute la zone Océan Indien.

Des contrôles renforcés dans le nord de Madagascar

L’équipe du CSP d’Antsiranana est seulement composée de quatre personnes mais des recrutements devraient intervenir dans les prochaines semaines. Pour autant, les contrôles ont été renforcés et il semblerait aujourd’hui qu’il soit de plus en plus difficile pour les contrevenants de passer à travers les mailles du filet… Un protocole d’accord a été signé avec la Gendarmerie Nationale pour l’organisation de missions conjointes dans les zones littorales et à terre. Un gendarme est d’ailleurs détaché auprès du CSP d’Antsiranana tout au long de l’année.

Ce n’est donc pas le niveau de pauvreté qui amène ces personnes à agir de la sorte, c’est une fausse excuse. Une demande pour ces produits existe même pendant la fermeture de la pêche, ce qui n’incite pas les auteurs à cesser leur pillage

« Depuis début décembre 2010, nous avons organisé en moyenne deux missions par mois aux périodes de grandes marrées pour effectuer des contrôles dans la Région dans les zones de pêche ou de transit des produits : à Ambanja, dans la baie d’Ambaro, à Ambilobe, à la SIRAMA, à Port-Louis, à Anivorano ou encore dans les villages de pêcheurs d’Ankazomborona, d’Antsatrana ou de Ramena. Résultat des opérations, 90 kg ont été saisis ce vendredi 4 février du côté de la SIRAMA, et plus de 40 kg rien que cette semaine au marché de Diego. En effet, notre action ne se limite pas à des contrôles ponctuels en brousse. Nous essayons d’identifier tous les auteurs concernés, de la pêche à la destination finale à savoir, les pêcheurs, les collecteurs, les vendeurs sur étalage aux marchés ou encore les restaurateurs. A ce jour, 880 kg de crevettes bouillies salées, 58 kg de crevettes fraîches et deux filets de 200 mètres ont été saisis. Si la pêche sera à nouveau ouverte au début du mois de mars, il est fort à prévoir que nos saisies ne s’arrêteront pas là. Notons par ailleurs que toutes les saisies font l’objet de cessions gratuites à des institutions de bienfaisance pour les orphelins, personnes âgées ou détenus. »

Ignorance, confusion ou mauvaise intention

« Les textes de loi sont clairs et connus de tous. Il n’est pas interdit de commercialiser des crevettes et des camarons durant la période de fermeture de la pêche si les stocks ont bien été déclarés auprès de nos services et ce, avant le 10 décembre. Nous effectuons ensuite des contrôles réguliers et inopinés auprès de vendeurs et restaurateurs pour vérifier l’écoulement des stocks jusqu’à leur épuisement. Malgré tout, certains ne respectent pas les dispositions en faisant de fausses déclarations ou en continuant de s’approvisionner auprès de revendeurs. Certains vendeurs pris sur le fait nous ont aussi indiqué que certains clients fortunés (la plupart résidents étrangers) et peu soucieux du devenir de nos ressources veulent à tout prix acheter des crevettes fraîches malgré la fermeture de la pêche pour leur consommation propre ou celle de leurs clients. Ce n’est donc pas le niveau de pauvreté qui amène ces personnes à agir de la sorte, c’est une fausse excuse. Une demande pour ces produits existe même pendant la fermeture de la pêche, ce qui n’incite pas les auteurs à cesser leur pillage. »

Des sanctions parfois très lourdes

« Ces personnes s’exposent à des pénalités parfois très lourdes. Dans un premier temps, les produits ainsi que les moyens utilisés pour la capture, le transport et la commercialisation sont saisis par nos services. Le contrevenant est ensuite auditionné pour que nous puissions obtenir des renseignements complémentaires sur la provenance des produits, les transporteurs, revendeurs, clients… Une fois le rapport d’inspection transmis au Ministère de la Pêche et les éventuelles sanctions appliquées, nos agents de renseignements continuent leur travail de surveillance et d’intervention en cas de récidive ».

A quelques semaines de la réouverture de la pêche à la crevette (annoncée entre le 1er et le 10 mars), le Centre de Surveillance de la Pêche d’Antsiranana en appelle à une collaboration de tout un chacun pour le respect de cet arrêté, indispensable pour freiner la surexploitation de ces ressources qui a pour incidence directe la baisse de la production annuelle.

Interview de deux vendeurs de crevettes au marché de Diego :

La Tribune : Savez-vous que la pêche aux crevettes est fermée ?
La vendeuse : Oui je sais, mais j’ai vu que les autres en vendaient alors j’ai décidé de reprendre. Au moment où j’ai su qu’il était interdit de pêcher et de vendre les crevettes, j’ai tout de suite arrêté. J’ai vendu des légumes, mais ça ne marchait pas bien.
La Tribune : Les personnes qui vous achètent des crevettes sont-elles nombreuses ?
La vendeuse : Oui, elles sont nombreuses. Il n’y a pas tellement de changement en cette période de fermeture de la pêche crevettière.
La Tribune : Est-ce que vous gagnez un peu plus alors ?
La vendeuse : Pas plus, ni moins. Les crevettes coûtent cher chez nos fournisseurs
La Tribune : Combien coûte le tas et combien y a-t-il de crevettes dans un tas ?
La vendeuse : 500 et 1000 Ariary le tas. Un tas de 500 Ar compte 6 crevettes de petite taille, un tas de 1000 Ar : 6 crevettes de grande taille. On ne change pas le prix des tas, on diminue seulement le nombre de crevettes.
La Tribune : D’autres personnes vendent de minuscules crevettes, pourquoi n’en avez-vous pas ?
La vendeuse : Ça ne m’intéresse pas. Ça attire l’attention, même les clients font des remarques : « vous devriez attendre qu’elles grandissent quand même ».
La Tribune : Vous n’avez pas peur que les autorités viennent vous questionner et vous empêcher de vendre ces crevettes ?
La vendeuse : Bien sûr que j’ai peur, mais que voulez-vous, c’est mon gagne-pain.
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La Tribune : Combien coûte le tas s’il vous plaît ?
Le vendeur : 500 Ar.
La Tribune : Mais elles sont minuscules vos crevettes !
Le vendeur : C’est tout ce que j’ai en ce moment, j’attends un arrivage (elles sont plus grosses, les crevettes qui vont arriver) si vous pouvez patienter.
La Tribune : Je croyais que la pêche aux crevettes était fermée !
Le vendeur : La pêche oui, mais je ne crois pas que vendre des crevettes séchées soit interdit. Celles qui vont arriver ont été séchées, il y a 5 mois. Ce n’est que maintenant qu’elles sont prêtes à être vendues.
La Tribune : Celles qui sont plus petites ont l’air d’avoir été pêchées tout récemment ?
Le vendeur : Je n’en sais rien. C’est possible. Ce n’est pas moi qui les ai pêchées.

 

Pour tout complément d’informations, et renseignements sur d’éventuels contrevenants :

RABE Jean-Louis
CSP Antsiranana
Tél.: +261 32 07 039 29
E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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