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« Je suis un habitant de la planète c'est tout ce que je sais, pour moi l'amour n' a pas de race, pour moi l'amour n' a pas de prix » chante Eddy Renaud
« Je suis un habitant de la planète c'est tout ce que je sais, pour moi l'amour n' a pas de race, pour moi l'amour n' a pas de prix » chante Eddy Renaud

Eddy Renaud Ramasinandro est un chanteur originaire d’Andapa, habitant actuellement à Antananarivo et sillonnant ces derniers temps la grande Île en tournée pour plusieurs concerts. Rencontre

Pouvez vous nous raconter vos débuts dans la chanson ?
J’ai commencé à chanter de façon très naturelle, à l’âge de 10 ans, en suivant mon grand frère qui était guitariste professionnel dans un groupe qui tournait assez souvent dans les villages autour de ma ville natale, Andapa. C’est seulement depuis la fin de l’année 2006 que j’ai choisi d’embrasser une carrière professionnelle, après la fin de mes études en sciences économiques à l’Université d’Antananarivo.

Avez-vous toujours été dans le chant uniquement ?
Non, parce que de par le passé, je faisais du théâtre avec la compagnie Zolobe d’Antsiranana, en 2005, et comme nous chantions aussi beaucoup dans la compagnie, quelqu’un m’a convaincu de tenter une carrière plus professionnelle axée vers le chant.

Et pourquoi avez-vous attendu si longtemps, après l’Université ?
Eh bien, tout simplement, dans le milieu d’où je viens, le statut d’artiste ne disait rien qui vaille aux parents, à la société, et moi-même j’avais un certain préjugé sur la question. Être « bureaucrate » était mieux considéré, et du coup, je me disais que je ne serai jamais un tel objet de dérision sociale avec tous les vices imaginables qu'on y attache là d'où je viens (ce que je tenais pour vrais à l’époque).

Dans quel but poursuivez vous une carrière d’artiste alors, maintenant ?
En tout cas, pas pour être riche, car ce n’est pas toujours aussi facile (Rires). Je chante pour exprimer mes émotions, pour être connu dans le bon sens (c'est un peu égoïste de ma part mais bon... c’est un plaisir de répondre à des sourires et de savoir que quelque part les gens te connaissent à travers tes œuvres). Mais surtout, je chante pour pouvoir être utile à la société, à ma façon. Je voulais être médecin, les choses se sont passées autrement, alors, à défaut de pouvoir soigner le corps, je vais essayer de soigner le cœur et l’âme. Et la musique a cet effet curatif parfois.

Ton premier tube est « Habitant de la planète ». Pourquoi cette prise de position contre le racisme ?
Je l’ai vécu. Ma propre histoire d’amour était une histoire sans couleur de peau. Avec « Elle », j’étais juste un être humain au sang rouge, aimant une personne ayant la même couleur de sang. « Elle » m’avait demandé alors, à cette époque « Eddy, pourrais tu te marier avec une « Vazette » ? Ma réponse a été « Oui, sans hésiter du moment que l’on s’aime », et je lui retournais la question, si elle-même pouvait épouser un homme de couleur, en l’occurrence, un Gasy… « Elle » m’avait répondu : «  Je peux me marier avec n’importe quel homme digne d’amour, il suffit qu’il soit un habitant de la planète. »

Quelle est ta vision de la génération des jeunes chanteurs malgaches actuels ?
Je trouve qu’ils ont du potentiel, mais qu’ils sont trop pressés de produire. En fait, le monde de l’art Malagasy a été beaucoup aliéné en quelque sorte, par le « show business » et le copiage à l’aveuglette. Même moi personnellement, je dis « dès fois » ce que les gens aimeraient entendre pour pouvoir s’amuser sans trop réfléchir… Juste danser et non pas philosopher... Alors, je garde pour plus tard mon essence spirituelle, et puis c’est un autre public cible.

Qu’est ce que tu proposes alors pour essayer de changer cette situation ?
Je pense qu’il faudrait faire attention au vedettariat, mais il faut surtout être créatif et patient. Les jeunes devraient aussi savoir que copier ou utiliser illégalement le fruit du travail des autres (instrumentaux, mélodies...) pourrait éventuellement leur être juridiquement préjudiciable (Droit d’auteur, code sur la propriété intellectuelle, etc..). Ces jeunes ont de la matière brute de qualité, à nous donc société et consommateurs de les orienter, pour être notre fierté nationale. Si nous sommes exigeants en tant que consommateurs, ils seront attentionnés en tant que créateurs.

Vos réactions par rapport aux textes un peu crus et directs ?
La dureté de la vie parfois empêche les gens d’analyser les textes au sens figuré. Ils veulent du direct, sans pour autant être vulgaire. Cela n’empêche pas d’entretenir des créations plus poétiques et riches en figures de styles... Parfois aussi la barrière linguistique fait comprendre aux gens autre chose que ce qui est réellement dit. Certaines de mes chansons ont été ainsi perverties, et pareils pour d’autres amis artistes. Je prends juste par exemple la chanson de Booshirany qui dit « Ty hienga eto manafo, mila mangataka lalagna (si je veux partir, il faut d’abord que je demande la permission) » Beaucoup de personnes ont compris « Ty hangeto manafo, mila mangataka lalagna (Il me faut demander la permission, pour pouvoir pêter...) » alors, vous comprenez, parfois qu'entre ce qui est dit et l’interprétation qui en est faite, la différence est énorme...

Comment se passe votre collaboration avec les autres artistes ?
Nous entretenons des rapports très humains, amicaux et professionnels. Dernièrement justement, je donnais un concert avec Vaiavy Chila, et j’ai déjà chanté en duo avec bon nombre de mes compatriotes artistes. Nous sommes solidaires, dans ce milieu, mais un mieux est toujours possible.

■ Propos recueillis par Luis K.

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