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Auteur, compositeur, interprète et arrangeur, Raharisoa Njakatiana est un géant de la variété malagasy
Auteur, compositeur, interprète et arrangeur, Raharisoa Njakatiana est un géant de la variété malagasy

Avec plus de vingt albums à son actif Raharisoa Njakatiana est un géant de la variété malagasy qui s’est lancé dans une carrière solo depuis 1992. C’est le grand spécialiste national de la chanson d’amour... Rencontre

LTdS : Vous êtes un artiste de référence quand on parle de variété malagasy, et vous maîtrisez parfaitement le parler du Nord de Madagascar, tout en évoluant dans la capitale, ce qui est chose rare...
Njakatiana :
En effet, je chante en Malagasy officiel et en Antakarana, parce que les deux dialectes me reflètent. Étant né à Antsiranana, et ayant habité dans cette ville jusqu’à l’âge de 20 ans, j’y ai trouvé une attache particulière, et ma ville résidence actuelle qui est Antananarivo m’a aussi injecté ses essences de créativité.

LTdS : Revenez-vous de temps à autre à Antsiranana ?
Njakatiana :
Bien sûr, ayant une bonne partie de ma famille vivant dans cette ville, dont un frère qui m’est très cher, je reviens régulièrement, mais pas « officiellement ». L’artiste a aussi une vie, beaucoup plus discrète et que je tiens à garder loin des projecteurs.

LTdS : Vous jouez de quel instrument ?
Njakatiana :
Sans être un virtuose (c’est pourquoi je travaille avec des professionnels), je maîtrise assez bien la guitare, la batterie, et clavier. Depuis peu, je me suis mis au saxophone aussi.

LTdS : Vous êtes auteur, compositeur, interprète et arrangeur. Pour vous, la mélodie vient avant le texte ou la le texte avant la mélodie ? Njakatiana : Il n’y a pas de formule de base. Ce n’est pas systématique. Parfois, je trouve un beau texte et j’essaie de mettre une mélodie convenable dessus, et parfois, la mélodie m’inspire à écrire le texte qu’il faut.

LTdS : Vous n’interprétez que vos textes ou vous travaillez avec d’autres paroliers ?
Njakatiana :
L’un et l’autre, ainsi qu’une troisième option. Souvent, j’interprète mes textes, parfois, je chante le texte d’autres paroliers comme Bessa, Georges Andriamanantena ou Fanja Andriamanantena, et quelquefois, je donne mes textes à d’autres amis artistes pour qu’ils les interprètent à leur manière.

LTdS : Vous aimez aussi les duos…
Njakatiana :
C’est tout à fait juste. Il a été souvent vérifié que deux valent mieux qu’un, et comme chaque artiste a une empreinte émotionnelle propre, travailler avec les autres est toujours enrichissant. C’est ainsi que j’ai chanté des duos avec Bodo, Melky, Onja ou Rija Ramanantoanina et bien d’autres.

LTdS : Vous avez déjà une grande notoriété dans le monde de la chanson malagasy. Comment gérez-vous la célébrité ?
Njakatiana :
Eh bien, ce n’est pas toujours évident, mais le plus simple pour moi c’est de rester moi-même, ouvert et accessible. Vivre comme tout le monde et ne pas se cacher tout le temps ou se donner des grands airs sous prétexte de célébrité. J’essaie juste d’épargner à ma famille les harcèlements qui surviennent parfois. Je les protège du mieux que je peux, car ma famille subit juste les éclats de l’image que je me suis fait dans le milieu artistique.

LTdS : Vous êtes un chanteur qui évolue entre deux générations, vous envoutez les mélomanes des années 90’ tout comme vous subjuguez la génération de l’an 2000. Pouvez vous nous donnez votre appréciations sur ces deux périodes ?
Njakatiana :
A mon avis, si avant il était plus difficile de produire, parce que tout coûtait plus cher mais surtout que tout était moins accessible, que ce soit en terme d’audimat qu’en terme de distributions et de duplication, les artistes avaient plus de facilités de se protéger des pirates et avaient plus de temps à consacrer à leurs oeuvres, avant de les amener vers le public. Actuellement, c’est l’inverse. Tout est plus accessible et la technologie qui évolue très vite permet d’atteindre un maximum de public en un minimum de temps, mais c’est une lame à double tranchant qui favorise le piratage et qui pousse les artistes à faire des productions compulsives, bâclant ainsi quelquefois la qualité de leur art.

LTdS : Toutes vos chansons ont-elles des versions vidéos ?
Njakatiana :
Non pas toutes, et parfois, c’est un choix délibéré. Si la version audio passe déjà très bien et atteint l’âme de mon public, je ne produit plus la versions vidéo. A mon avis, les clips sont surtout pour la promotion…

LTdS : Si vous aviez à choisir, quelles sont à votre avis, les tops 3 de vos chansons ?
Je dirais que je mettrais « Zaho mitia », « Avelao aho hitia » et « Aingampo » en tête de liste.

LTdS : Quelles sont selon vous les conditions de la réussite d’une carrière d’artiste ?
Njakatiana :
Je pense que chaque résultat devrait être le résultat d’un travail bien effectué. Je pense qu’il faut tout d’abord avoir un bon niveau de créativité ensuite en second lieu, le travail doit être bien arrangé et bien exécuté, ensuite, en troisième position, il faut avoir une bonne prestation scénique, après il faut un bon comportement artistique (respectueux de soi et respectueux des autres) enfin, il faut aimer ce que l’on fait. La passion est un bon levier pour le succès.

LTdS : Parlez-nous de votre meilleur souvenir en tant qu’artiste.
Njakatiana :
Mon meilleur souvenir d’artiste c’était quand je chantais à New York, aux Etats-Unis, lors d’un festival interculturel international organisé par les Nations Unies, en 2009. J’ai partagé la scène avec des musiciens triés sur le volet, ainsi que des chanteurs d’envergure comme Paul Simon, Céline Dion ou la regrettée Whitney Houston.

LTdS : Et votre pire souvenir ?
Njakatiana :
C’était en France, en 2010, quand un organisateur nous avait arnaqué (nous étions plus de 15 groupes d’artistes), et que pour rentrer à Madagascar ce fut un vrai parcours du combattant.

LTdS : Avez-vous des conseils à donner à nous jeunes futurs chanteurs ?
Njakatiana :
Le succès ne relève pas du miracle, alors, travaillez dur, mais surtout travaillez sérieusement. Ne prenez pas de la drogue, ayez une bonne hygiène de vie, et pensez à bien soigner votre création avant de la mettre sur le marché. Soyez ponctuel à chacun de vos rendez-vous : ce sont des petits détails qui peuvent faire la grande différence, et n’oubliez pas, « le trop tue l’essentiel ».
■ Propos receuillis par Luis K

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