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Momo Jaomanonga est à Antsiranana pour présenter son recueil de poèmes
Momo Jaomanonga est à Antsiranana pour présenter son recueil de poèmes

En voilà un qui appelle un chat un chat. Un poète qui n’a pas sa langue dans sa poche, ni sa plume dans sa trousse. Il a fait de sa langue maternelle, le Malagasy, un outil de conscientisation, de militantisme contre toute forme d’injustice, d’inconscience ou d’indifférence collective

Momo Jaomanonga, est une icône, dans son style. Malgré son jeune âge, il fait honneur aux plus vieux, en prônant la sagesse ancestrale malagasy. Jouant sur les mots, touchant les cœurs les plus insensibles à la poésie par le tranchant de ses mots riches de pertinence, de circonstance. Il n’a pas peur de choquer de ce choc qui fait effet, qui fait écho. Sa modestie contraste avec la qualité reconnue de ce qu’il produit.
Momo Jaomanonga est de passage à Antsiranana pour la promotion de son recueil « Taratasin’i Zaman’i Jao », et pour doter la bibliothèque municipale de quelques exemplaires de son ouvrage. Jaomanonga, ce qui signifie « le mâle viril en ascension », porte bien son nom.

Qui est Zaman’i Jao ?

Pour ce qui est de Zaman’i Jao, auteur des fameuses lettres. Il s’agit d’un personnage fictif qui a subi tous les aléas de la vie. Alors qu’il est « haut diplômé », Zaman’i Jao est victime de la corruption, victime du délestage. Menuisier reconverti en chauffeur de taxi, il a été embêté par les policiers. Cultivateur malmené par les catastrophes naturelles et bien d’autres circonstances éprouvantes encore, le narrateur a décidé de se faire « clandestin » à Mayotte, tout en sachant les dangers de la traversée en « Kwassa Kwassa », il a préféré ce risque au lieu de demeurer bloqué à Madagascar. De là-bas, il a compris que donner le poisson ne suffit pas, donner la canne à pêche est plus important, alors, il écrit ses lettres...

Le meilleur style d’écriture est celui compris par tous

La DIANA, la région du franc-parler ne pourrait pas trouver meilleur ambassadeur que Jaomanonga. Fils d’Ambanja, enfant d’Antsiranana, Malagasy dans le sens le plus complet du terme. Il signe des titres qui, tantôt prônent le respect des anciens tantôt fustigent l’imitation bête et le snobisme invétéré. Il met à nu la cupidité des politiciens véreux ou plutôt des « politicards bas de gamme » qui passent le plus clair de leur temps à essayer d’abrutir le peuple en le gavant de toutes les inepties discursives, les démagogies en tout genre qui font leur réputation.

Dès l’Age de dix ans, Tinogny Fabio pour l’état civil a déjà donné à son entourage certains de ses débuts de recueil. Actuellement âgé de 25 ans, à travers les vingtaines de lettres adressées par « Zaman’i Jao » à tout le monde, il a, dans ses longues tirades, parodié la réalité socioéconomique et psychosociale du pays. Il considère que « les amis, sont la fortune même ». Herizo Rakotonavalona, un ressortissant malagasy habitant à Bordeaux (France) le démontre, en finançant gracieusement les exemplaires à donner aux bibliothèques de Madagascar, notamment dans la région DIANA. BeriKely le chanteur a coaché son cadet et préfacé son livre car le passage de flambeau se fait toujours entre les plus anciens et les plus jeunes. Sebastien Alzerreca alias « Zoul », actuel gérant du restaurant Balafomanga est le principal initiateur de la venue de Momo à Antsiranana. Un exemple de partage de bonne philosophie. Momo Jaomanonga a compris que « respecter sa culture nationale est un pilier du développement d’un pays », car il n’y aucun pays puissant sans une conviction culturelle solide. Commencer par « consommer national » est une bonne base, car la société malagasy est trop enfoncée dans le consumérisme étranger, il commence à dénigrer sa propre identité nationalité. Orphelin de mère à l’âge de quinze ans, cette situation a fait comprendre à l’auteur que l’entraide est primordiale. Etudiant en sciences juridiques internationales à l’Université Caddi Ayaad, à Marrakech (Maroc), le jeune homme garde les pieds bien sur terre et pourtant, alors que pour le contexte national, il aurait pu avoir la grosse tête, ayant réussi à écouler un nombre conséquent d’exemplaires de son ouvrage. Il est convaincu qu’utiliser la langue et les idiomes du terroir est un moyen de revulgariser la lecture, car le plus essentiel est de se faire comprendre. Pour lui, le meilleur style d’écriture est celui qui arrive à être bien compris par la majorité, sans tenir compte des incompréhensibles figures de rhétorique chères à certains esprits conservateurs. L’auteur fait au mieux de ne pas avoir à assumer une double personnalité, entre sa vie d’écrivain et sa vie sociale, personnelle ou autres. Car de ce qu’il étudie ou ce qu’il vit, ce sont ses œuvres qui en sont les vitrines. Seulement, à force de se focaliser sur ses écrits, il s’ « oublie » un peu parfois. Etre le même tout en étant éventuellement perçu différemment est un défi au quotidien. Agir pour Antsiranana, agir pour Madagascar, agir pour l’Humanité.

■ Luis .K

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