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Mayoub, le survivant d’une usine sucrière
Mayoub, le survivant d’une usine sucrière

En 2005, débute dans la région d’Ambilobe, non loin de la SIRAMA à Anjiabe, la construction d’une usine destinée à la fabrication de sucre artisanal financée par la Banque Mondiale. L’usine verra le jour mais ne fonctionnera jamais, laissant sur place un homme devenu artisan sucrier, qui tente de la faire fonctionner en dépit de l’absence de moyens et de soutien technique.

Dans l’ombre de la grande usine de sucre artisanal d’Anjiabe, Mayoub s’est donné pour mission de poursuivre cette fabrication utilisant les techniques les plus traditionnelles qui soient, véritable inventeur qui avance de manière empirique dans sa recherche. Nous avons voulu connaître son histoire.

Histoire d’une usine qui n’a jamais fonctionné

En 2006, les travaux de la construction d’une unité de transformation de sucre artisanal d’ANJIABE s’achèvent. Ces travaux ont été financés par le PSDR d’Anstiranana (Programme de Soutien au Développement Rural ) et l’UPEP à hauteur de 79 013 795, 6 Ariary, afin de réaliser ce bâtiment destiné à promouvoir l’industrie sucrière de la région.
Six personnes, dont Mayoub, vont s’installer dans l’usine pendant deux ans sans parvenir à la faire fonctionner. Selon les propos de cet employé, cette usine n’était pas réellement adaptée à la fabrication de sucre artisanal, et surtout il a manqué un vrai technicien capable de faire fonctionner ce type d’usine. « Il était prévu un technicien, selon Mayoub. Mais celui-ci n’est jamais venu. Seul un prestataire de renforcement de capacité a été envoyé par le PSDR sans pour autant parvenir à lancer l’usine ». De plus, les expérimentations de Mayoub lui font affirmer que le four n’est pas adapté pour obtenir un degré de cuisson du jus de canne à sucre convenable. Le séchoir non plus… Autant d’hypothèses échafaudées par un homme qui ne s’est formé que par lui même, de manière empirique, à l’aide notamment des cassettes vidéo qu’il a pu se procurer sur le sujet.

La petite entreprise de sucre Bio de Mayoub

Véritable entrepreneur, Mayoub décide avec son fils en 2008, en attendant que les bailleurs du projet donnent une suite à leur investissement, de poursuivre l’aventure en installant sa propre unité de transformation à l’extérieur de l’usine. Et il met peu à peu au point sa méthode de production en quatre étapes, de la coupe à la mise en barquettes.

Les quatre étape de la production de pains de sucre

Le bâtiment financé en 2006
Le bâtiment financé en 2006

Le séchoir qui n’a jamais fonctionné
Le séchoir qui n’a jamais fonctionné

Broyage de la canne à sucre
Broyage de la canne à sucre

Le produit fini : un pain de sucre
Le produit fini : un pain de sucre

Mayoub fait pousser sa propre canne à sucre dans un champ de cinq hectares qui lui appartient. La première étape du procédé de transformation est la coupe. Elle est dite « verte » si les cannes sont coupées sans avoir été auparavant brûlées dans le champ. Elles n’auront pas besoin d’être nettoyées. La coupe est au contraire dite « noire » si les cannes ont été brûlées. Elles seront dans ce cas nettoyées à l’eau. Cette première étape est suivie du broyage des cannes à sucre dans un « moulin à canne » pour en extraire le jus. La troisième étape est celle qui permet d’obtenir un jus clair : « la clarification ». Cette opération est réalisée dans une grande marmite dans laquelle le jus de canne est versé. La cuisson dure une heure grâce à un four à bois que Mayoub a fabriqué dans la terre, installé à proximité de l’usine. Il faut théoriquement atteindre 80 degrés lors de la cuisson pour une parfaite clarification. Mais il lui est difficile d’obtenir une température constante. Selon Mayoub, notre apprenti sucrier, « il faut absolument éviter l’ébullition. Parfois j’ai des réussites, parfois des échecs » avoue t-il. De cette cuisson, il sort un sirop concentré jaune : la mélasse, un sirop très épais, complet, et non raffiné. Ce sirop concentré va être versé dans des barquettes en aluminium. C’est la quatrième étape du procédé qui donnera, lorsque le sirop sera parfaitement refroidi le « pain de sucre ».
Les pains de sucres ainsi produits seront alors acheminés à Ambilobe pour y être vendu soit en pain à 6 000 Ariary, soit coupés en petits morceaux vendus 200 Ariary l’unité. Pouvant servir de sucre, il est le plus souvent dégusté comme une sucrerie à croquer.

Attraction touristique dans la région d’Ambilobe ?

Pourquoi pas ? Se faisant connaître à l’office de tourisme, dans le cadre d’un tourisme durable, celui-ci propose aux visiteurs de venir découvrir la fabrication de pains de sucre de canne depuis la coupe des cannes jusqu’au produit fini. Tout visiteur qui se rend sur son site de transformation pourra assister aux quatre étapes nécessaires pour produire un pain de sucre, en participant depuis la coupe des cannes à sucre dans le champ jusqu’à l’élaboration du produit final.
Parallèlement à toutes ses initiatives personnelles qui contribuent à valoriser la fabrication du sucre artisanal dans la région d’Ambilobe, Mayoub continue à croire que l’usine d’Anjiabe pourrait un jour repartir. « D’après mon imagination, nous confie t-il, l’usine devrait marcher très bien ».Des demandes d’amélioration de l’unité de transformation du sucre ont été envoyées au Ministère du Commerce, aux techniciens du centre malgache de la canne à sucre (CMCS) qui ont proposé d’ouvrir un dossier pour relancer l’usine ; le centre de recherche de l’enseignement supérieur d’Antananarivo a également été contacté. Souhaitons avec Mayoub que cette incroyable « usine fantôme », qui vit le jour en décembre 2006, puisse un jour fonctionner à son plein potentiel.
■CB

Commentaires   

+3 # buteau 02-01-2014 11:41
Bravo! peut-être le début d'une grande aventure, et la création de quelques emplois;
# pitiki 04-01-2014 22:31
Bravo pour votre persévérance.
Moi qui suis originaire d'Ambilobé et mon père, planteur de canne, je vous encourage dans votre entreprise.
Et, je souhaite vivement que des soutiens financiers, techniques vous aident dans votre beau projet.
# Jean REVOL 11-02-2014 13:53
Bonne chance.

Dommage que les malgaches ne prennent pas de sucre roux : c'est le meilleur à la santé.

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