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Un thonier dans la cale de radoub de la SECREN
Un thonier dans la cale de radoub de la SECREN

Malgré l'âge respectable de ses installations, la SECREN, avec sa cale de radoub de près de 200 m de long, reste le plus grand chantier naval de l'Océan Indien qui répare chaque année une centaine de navires de toutes catégories

Restauration d'un alternateur Sablage

Héritière de la DCAN, la SECREN, Société d'Etudes, de Construction et de Réparation Navales, répare chaque année une centaine de navires de toutes catégories: pêche, commerce, servitude, plaisance, militaires, etc.. Nichée au cœur de la Baie de Diego Suarez, dans l'anse en eaux profondes remarquablement protégée des cyclones de la Baie des Amis, elle bénéficie d'une situation stratégique sur le passage de l'une des plus grandes voies maritimes et se trouve à proximité de la zone de pêche « Western Indian Ocean ». Le chantier, qui s'étend sur près de 400 000 m², comprend plus de 11 ateliers abritant les spécialités nécessaires à la réparation et la construction navale. Il emploie environ 850 personnes dont plus de la moitié pour l'activité de réparation navale. Le taux d'occupation des installations dans l'activité réparation navale est de 60% en moyenne dans l'année. Durant la campagne thonière de mars à juillet ce taux atteint 100%. Les réservations sont faites plusieurs mois à l'avance, voire un an. Malgré la concurrence d'autres chantiers de la zone, la SECREN est une escale technique de référence pour une clientèle à la fois nationale et internationale.

La cale de radoub
Dans la cale de radoub Dans la cale de radoub Soudure à l'arcHangar tôlerie Pont roulant Cintreuse Culasse Poulies

L'élément principal des infrastructures du chantier est sa cale de radoub. Celle-ci, de dimensions impressionnantes avec ses 198 m de long, 26,4 m de largeur et 8 m de tirant d'eau, peut être modulée en deux bassins indépendants de 128 m et 70 m de long. Construite entre 1905 et 1916, cette cale reste la plus grande de l'Océan Indien (la cale du CNOI à Maurice, le principal concurrent de la SECREN, mesure quant à elle 128 m). Soumise à de rudes contraintes par les opérations de remplissage et de vidage successives, la maçonnerie magnifique nécessite un entretien constant, et régulièrement des injections de béton sont réalisées pour lutter contre l'usure du temps.
L'ouverture et la fermeture du bassin sont effectuées à l'aide d'un bateau porte qui est immergé devant l'entrée. La pression de l'eau suffit à maintenir l'étanchéité, et le bassin est asséché à l'aide de quatre pompes qui peuvent refouler les quelques 74 274 m3 que contient le bassin en 2h30. Le remplissage, une fois les travaux terminés, se fait par simple gravité en ouvrant les vannes prévues à cet effet. L'utilisation d'un deuxième bateau porte permet de moduler l'ensemble en deux bassins.
Deux grues sur rail pouvant soulever jusqu'à 18 tonnes permettent d'assurer les manutentions le long du bassin. De nombreuses rampes d'escaliers permettent l'accès au fond de la cale. De part et d'autre, les quais sont équipés d'eau, d'électricité et d'air comprimé fourni par une station toute proche. La cale est éclairée la nuit de façon à permettre la poursuite des travaux pendant la nuit.

En avant de la cale, deux pontons flottants metalliques de 75 m et 50 m de long, équipés eux aussi d'eau, eau de mer, électricité et air comprimé sont utilisés pour l'accueil des navires et aux travaux qui ne nécessitent pas la mise à sec du navire et peuvent être réalisés à flot.
Pour les travaux sur des navires plus petit, un slipway (plan incliné) permet de hisser à terre des unités pouvant peser jusqu'à 80 tonnes.

Le chantier est autonome pour l'electricité. La production est assurée par une centrale implantée sur le site pouvant fournir près de 2 mégawatts.
Onze ateliers réunissant toutes les compétences requises pour la maintenance navale

Le long de la cale et sur toute l'emprise du chantier, de nombreux bâtiments accueillent des ateliers spécialisés qui regroupent toutes les compétences requises par la construction ou l'entretien des navires. Juste au bord de la cale, l'atelier mécanique regroupe les activités de réparation moteurs, auxiliaires machine et pont, propulsion et de fabrication mécanique. Cet atelier est équipé de nombreuses machines outils dont des tours permettant la rectification des arbres d'hélice jusqu'à 14 m de portée, des fraiseuses pouvant usiner des pièces d'un diametre supérieur à 1 m, réaliser des alésages jusqu'à 3 m de diamètre, etc.. qui permettent d'assurer la visite et la remise en état de tous les appareils mécaniques, hydrauliques et pneumatiques des navires, les travaux de démontage et de remontage, des petits et de gros travaux sur les pompes, vannes de coque, soupapes, clapets, etc., la révision des turbosoufflantes, la visite de ligne d'arbre, etc..
Un atelier fonderie permet de réaliser des pièces moulées. Il comprend une unité de galvanisation à chaud des métaux par immersion.
Dans l'atelier électricité, toutes les compétences sont réunies pour être à même d'éffectuer la visite, le contrôle, et l'entretien des moteurs électriques, alternateurs, et de tous les appareils électriques à bord, ainsi que l'installation de nouveaux appareils.
L'atelier tôlerie, situé dans un immense hangar un peu en retrait, comprend toutes les machines necessaires au découpage et au formage de tôles pouvant aller jusqu'à 28  mm d'épaisseur, l'oxycoupage des tôles jusqu'à 100 mm d'épaisseur. Un corps d'une soixantaine de soudeurs certifiés par le Bureau Veritas et titulaires d'une qualification suivant les normes NFEN 287-1 sont à même de réaliser tous les types de soudures nécessaires, dont la soudure sur coque en acier à l'arc électrique jusqu'à 30 mm. Ils sont encadrés par des ingénieurs certifiés en technique de soudage et en contrôle de soudure. Un département radiographie assure le contrôle des travaux par rayons X, par rayons gamma, par ressuage ou contrôle d'épaisseur aux ultrasons. Ces contrôles sont mis en oeuvrepar des agents certifiés CAMARI, COFREND 2.

Construction navale
ToursUsinage

La présence de l'ensemble de ces compétences permet à la SECREN de réaliser entièrement des navires neufs.
Ces dernières années, par exemple, ont été réalisés :
- en 2006 construction du Jaolahy, un remorqueur de 17,50 m et 330 CV,
- en 2007 du Skiff Men Goe ( Skiff de 540 CV) 11 m et de 14 vedettes de pêche de 7 m munies d'un moteur hors bord de 25 à 75 CV pour le PSDR,
- en 2008 de 4 Bacs MTP (bacs fluviaux de type transversal) d'une puissance de 100 CV, etc..
Mais la SECREN à la particularité de proposer dans son offre également la construction de navire en bois massif marin local, le Vintanina ou Callophyllum sp dont la spécificité est l'aptitude au ployage. Le Vintanina est un bois extrêmement maniable qui peut s'adapter à toutes les formes de coque ou designs demandés.

Diversification

La SECREN ne se contente pas seulement de l'activité navale. L'ensemble des métiers et machines constituent pour la région un pôle unique de compétence qui est fréquement sollicité par les autres entreprises industrielles notamment dans sa spécialité chaudronnerie, que ce soit pour des intervention d'entretien ou de la construction d'installations neuves.
Et c'est quasi quotidiennement que sont réalisées des petites interventions telles que par exemple, le jour de notre visite, la réparation d'un élément d'un concasseur pour une petite entreprise locale.

Quel avenir pour la SECREN ?
La SECREN Les bureaux de la SECREN

Pour le Chantier SECREN SA, l'année 2010 a marqué un tournant dans son évolution. L'anniversaire de ses trente cinq ans d'existence a été l'occasion de mener une reflexion sur la stratégie à long terme à mettre en oeuvre pour adapter l'entreprise aux contraintes imposées par un monde toujours plus concurrentiel, tant au niveua régional qu'international. C'est dans cette optique qu'un partenariat a été engagé le 17 août 2010 à Brest entre la SECREN et les Etablissement Meunier, une importante société industrielle bretonne, afin de bénéficier de son expertise pour l'assistance, la formation technique du personnel de la SECREN, et le développement du chantier.
Depuis plusieurs années, la SECREN étudie la mise en place d'un centre de formation qui lui permettrait de valoriser l'investissement permanent qu'elle réalise avec la formation son personel, en faisant rayonner son savoir faire auprès de toutes les autres entreprises de la région en demande de personnel technique de haut niveau.
L'objectif que s'est fixée la SECREN pour les prochaines années est de capter la clientèle des navires plus gros même si les thonniers senneurs resteront le coeur de sa clientèle avec laquelle elle peut se prévaloir d'une experience de plus de vingt cinq ans. Mais la piraterie, avec la réduction du trafic maritime dans la zone qu'elle entraine, reste un grand problème.

 

La rédaction remercie MM Moratombo Philbert, Directeur de la Réparation Navale et François Tsiolavina, Conseiller technique du DG pour leur accueil

 

Schéma de la cale de radoub de la SECREN

Schéma de la cale de radoub de la SECREN

Fonctionnement du bateau porte

Bateau porte en place à l'entrée de la cale
Bateau porte en place à l'entrée de la cale

Fonctionnement du bateau porte (1)

Bateau porte
Bateau porte

 

 

1 - Quand le navire est entré dans la cale de radoub, le bateau porte est approché de l'entrée de la cale et les ballasts sont remplis avec de l'eau.

2 - au fur et à mesure que l'eau de la cale est refoulée à l'aide de puissantes pompes, la pression de l'eau plaque le bateau porte contre l'entrée de la cale, ce qui assure l'étanchéité.

3 - Une fois les travaux terminés, il suffit de laisser entrer l'eau dans la cale et de vider les ballasts du bateau porte pour que l'entrée soit ouverte.

Fonctionnement du bateau porte (2)

Salle des pompes
Salle des pompes
Salle des pompes

La rédaction remercie MM Moratombo Philbert, Directeur de la Réparation Navale et François Tsiolavina, Conseiller technique du DG pour leur accueil

Commentaires   

+2 # léa 05-04-2012 15:16
ha que des souvenirs !!!!!!!!
# cathie 31-03-2013 19:19
Lors de mon séjour à Diego en décembre 2012, j'ai cru comprendre que le chantier naval allait fermer ? Qu'en est-il ?

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