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La dernière ruée vers.. le grenat démantoïde


Madagascar regorge de pierres précieuses et fines. En mars, les creuseurs de toute l’île ont accouru à Antetezambato. L’eau menace à présent l’exploitation du ‘trésor’!


Comme souvent dans les histoires díor ou de pierre précieuses, cela avait commencé de la manière la plus banale. Un paysan de la région d’Ambanje située sur la côte nord ouest de la Grande Ile découvre il y a 8 mois, dans la mangrove infestée de moustiques que des crabes déposent au bord de leurs trous, de petits morceaux díune pierre teintée d’un vert singulier. L’éclat de ces morceaux líintrigue, mais líhomme ne se doute pas un instant quíil a entre les mains un objet aussi précieux quíillustre : le fameux grenat démantoïde, la pierre préférée des tsars de Russie que ces derniers avaient découverte et polie dans les montagnes de líOural. « La dispersion de l’éclat de la pierre est supérieure à celle du diamant, ce qui lui donne sa grande valeur », explique Thierry Wins de la boutique l’Arche en pierre, rue Colbert. Aussitôt, la nouvelle circule, attirant les creuseurs de tout Madagascar et vidant díun seul coup le fameux village díAmbondromifehy, où les creuseurs s’adonnaient à la quête du saphir étoilé. En quelques semaines, ce sont des milliers de personnes qui síinstallent aux abords de la mangrove, recréant en un instant l’éternelle ambiance faite d’espoir et de déconvenues d’une ruée vers l’or.

« On a quitté Ambanje, il y a 8 mois », raconte aujourdíhui Rachel, qui habite comme des milliers díautres, une petite case située dans un bourg improvisé à 3 km à pied de la mine. Sur le chemin de la mine qui traverse une végétation dense et emplie de bruits d’insectes, des hommes et des femmes armés de pioches et de barres de fer se croisent dans un va et vient plutôt calme Sur la route, certains s’arrêtent et sortent de leurs poches quelques pierres qu’ils se montrent et évaluent d’un air nonchalant. A l’entrée de la mine, quelques militaires, accablés par la chaleur, veillent, ainsi que les habituels
intermédiaires qui restent discrètement aux aguets et aux abords. Derrière eux, ce sont désormais des centaines de trous qui se succèdent, bordés chacun d’une cahute où les creuseurs se reposent, en attendant leur tour de manivelle ou de descente dans les entrailles de la terre. Chacun avec l’espoir tenace et déraisonnable d’y trouver la pierre qui propulsera leur vie dans le monde de líopulence.
« Chaque trou creusé, coûte entre un et 5 millions d’Ariary  (entre 300 et 1500 euros) », nous confie un intermédiaire, « les meilleurs trous ont rapporté entre 150 et 200 millions d’Ariary (de 45 000 à 60 000 Euros) ». Une somme mirobolante pour un pays dont le salaire mensuel moyen est de 70 000 Ar. Une somme qui s’explique par la rareté de la pierre et son cours exceptionnel, vendu entre 300 et 1300 dollars le carat sur le marché international.

 

Que fait le lapidaire?


J.L. Izidiny est lapidaire. Il a fait des études à l’Institut de gemmologie de Madagascar, avant de se former sur le terrain.
-Comment reconnaître une bonne pierre?
-Il y a trois critères importants: la couleur, la transparence et la dureté de la pierre.
-Comment taillez vous la pierre?
-Il faut recourir à l’indice de réfraction de la pierre. L’indice de réfraction se caclcule à partir de la vitesse de la lumière et la vitesse de la lumière qui traverse la pierre. A partir de l’indice de réfraction que l’on nomme l’IR, on choisit un angle critique, soit le meilleur angle pour que la lumière se réflechisse de la culasse, soit le bas de la pierre à la couronne, soit le haut de la pierre qui disperse la lumière. Tailler une pierre en facettes peut mettre des heures.
-Comment trouvez vous la pierre?
-Je vais dans les mines du pays. J’ai des intermédiares qui me présentent des pierres. La pierre précieuse de l’île est le saphir étoilé.

Mais huit mois après le fol engouement, certains signes laissent penser que l’on assiste à un épuisement, -tout au moins temporaire. Cette fois, ce n’est pas la crise politique malgache qui est fautive, mais la nature. La mine d’Antetezambato est située dans un bassin alluvionnaire, qui est régulièrement envahie par les grandes marées, sans parler de la saison des pluies qui démarre au mois de décembre. Bon nombre de trous sont à présent remplis d’eau salée et semblent vouloir le rester. D’autres trous font l’objet díun pompage coûteux pour pouvoir continuer l’exploitation. « Louer la pompe, coûte 20 000 Ariary (7 Euros) de l’heure, plus l’essence », explique le propriétaire d’un trou à moitié inondé. La mine résonne à présent du bruit constant des moteurs des pompes à eau, qui retentit comme une sorte de compte à rebours contre l’eau et le destin. Et pour achever le tableau sombre qui se profile en ces mois de pluies pour les creuseurs, la recherche du grenat démantoïde est particulièrement hasardeuse. « Pour trouver le grenat, on ne peut suivre un filon, comme pour l’or. On le trouve par poche. Il faut donc creuser au hasard ! », assure J.L. Izidiny, un lapidaire qui a passé 3 mois dans la mine et expose ses pierres dans la boutique «In vaovao», rue Colbert.

L’accumulation de ces difficultés pousse à présent les creuseurs à quitter, -même temporairement-, le site d’Antetezambato. Des centaines de huttes sont abandonnées. « On assiste à une baisse de 50 pc de l’activité », confirme Marco, un intermédiaire qui travaille pour le compte díun Russe, « car creuser devient trop cher. Il faut descendre à 25 mètres ». A quelques pas de ses déclarations, un homme gonfle cependant un sac poubelle d’air qu’il envoie par un tube en plastique jusqu’au fond de la mine, où espèrent encore quelques hommes, en manque d’oxygène. Mais cela devient vraiment risqué. Un barrage a même tenté d’être construit pour retenir la mer, en vain.
Alors, il reste les bonnes vielles recettes. « Moi, je fais désormais des beignets », sourit Rachel, résignée, pendant que son mari continue de palper les quelques pierres à l’éclat terne au fond de ses poches. Désormais Rachel se lève avant le départ des mineurs, prépare ses beignets, les leur vend et les regarde sagement partir s’esquinter au fond des trous : un beignet ne vaut-il pas mieux que deux, tu l’auras ?

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