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Le Salazie à Diego Suarez
Le Salazie à Diego Suarez

La baie de Diégo- Suarez qui a fait rêver tous les marins du monde offre sans doute un des havres les plus sûrs que puisse souhaiter un capitaine… A condition, pour s’y abriter, d’avoir vaincu courants et tempêtes qui, pendant des siècles, ont fait trembler les hommes de mer les plus courageux.

 Dès le XVIe siècle le géographe Magister parlant de ce terrible Cap d’Ambre qui avait fait rebrousser chemin à l’escadre de l’intrépide Juan de Nova le qualifiait - dans l’orthographe de l’époque - de « fascheux à passer ».
Et puis, même si les cyclones sont, sur Diégo, moins nombreux qu’à Tamatave, l’histoire garde le souvenir de certains d’entre eux qui ont jeté à la côte ou envoyé par le fond nombre de bâtiments avec leurs équipages et leurs passagers.
Il n’est pas question ici de les citer tous mais ayons une pensée pour ces navires, grands ou petits, pour qui l’escale de Diégo fut la dernière…
Le terrible destin du Djemnah
Paquebot des Messageries Maritimes, le Djemnah, affecté à la ligne de Madagascar, et allant de Diégo à Tamatave, se trouve pris dans un terrible cyclone dans la nuit du 14 au 15 décembre 1899, au large de Vohemar.
Gouvernail cassé, il est remorqué à Diégo par le Caravellas, des Chargeurs Réunis.
S’il a pu, cette nuit-là, échapper à une fin tragique, il rencontrera son destin le 14 juillet 1918. Se rendant à Madagascar avec un millier de soldats, il est torpillé au sud de la Crète par le sous-marin allemand UB 105.Coupé en deux, il disparaîtra en deux minutes avec 489 passagers et 59 membres d’équipage.

Un navire malchanceux : le Bagdad

Le Bagdad
Le Bagdad

Echoué à Ambilobe le 27 janvier 1913 en raison du déplacement des bancs de sable du à la crue du fleuve, il s’échoue le 19 octobre 1917 sur un récif au large de Tintingue.
Sauvé une fois encore, il est victime à en 1923 d’un incendie qui détruit tous les aménagements et le force à rejoindre Diégo- Suarez
L’année suivante, il s’échoue à Manakara en testant le mouillage du port. Il devra décharger toute sa cargaison pour pouvoir ressortir.
Enfin, le 29 novembre 1935, il sera entièrement perdu (sans déplorer de victimes heureusement) au sud du cap Bellone à Antanambe !
Malchance, mauvais entretien, commandement incompétent ? Il valait mieux éviter de faire une croisière sur le Bagdad !


Le miracle du Salazie

Le Salazie échoué
Le Salazie échoué

Le Salazie, paquebot-courrier de 130 m assure à partir de 1904 la ligne de Madagascar.
Le 23 novembre 1912, il quitte, par temps lourd, Diégo pour Tamatave.
Dans la nuit le vent forcit et les vagues deviennent énormes.
Vers 7h du matin l’évidence est là : un cyclone s’annonce.
Le paquebot est alors secoué avec violence par des lames immenses, hautes de plus de 40 m selon un témoin.
L’accès au pont-dévasté-est interdit aux passagers.
D’heure en heure le baromètre chute : le 24 novembre à 18h il est descendu à 721 !
Le fumoir, le petit salon, sont enfoncés par les vagues ; les cabines sont inondées.
À 3h de l’après-midi la machine s’arrête, l’hélice étant immobilisée par les cordages et les débris provenant des avaries du navire. Vers 3h30 le premier lieutenant est emporté par les vagues pendant que les mâts se brisent en défonçant le pont.
Les passagers-pensant leur dernière heure venue- se font leurs adieux ou récitent des prières.
Soudain, vers 8h30 du soir, deux secousses formidables se font entendre et la machine explose répandant une vapeur brûlante : hommes d’équipage et passagers, pris entre le choix de brûler à bord ou de se jeter à la mer se voient perdus.
Mais ce qui devait être leur perte sera leur salut : le bateau a en effet heurté les récifs. Cependant, il s’est produit un événement extraordinaire : une vague énorme a posé le bateau sur un rocher. Encastré sur le récif, le Salazie reste debout cependant que- miraculeusement - le baromètre remonte et que le vent faiblit. Les passagers sont sauvés !
Le 25, tout le monde débarque de grand matin sur l’îlot de Nosy Ankomby, au nord de Vohemar, où -trois jours plus tard-ils seront secourus par l’Eugène Grosos de la Compagnie Havraise qui ramènera les passagers et une partie de l’équipage à Diégo- Suarez, elle-même dévastée par ce terrible cyclone de novembre 1912.

Le drame de la drague Janine
Le 20 août 1936, vers 17h30, deux hommes épuisés, accrochés à une planche, sont portés par les vagues près du phare du Cap d’Ambre. Ce sont les seuls rescapés de la drague Janine partie de Diégo- Suarez pour Tulear. Ils raconteront plus tard que, dans une mer démontée, la drague a chaviré dans les parages du Cap d’Ambre à la suite d’une panne de chaudière. Ils ont vu le commandant et son second, ainsi que trois matelots, cramponnés à un canot renversé. Ils ont également aperçu plusieurs membres d’équipage et passagers, qui, munis de ceinture de sauvetage, nageaient vers la côte.
L’accident n’ayant été connu à Diégo que le samedi après-midi, les recherches s’organisent avec beaucoup de retard. Cependant, ni les gardes envoyés pour fouiller la cote, ni le vapeur « Maréchal Gallieni «  qui a croisé longuement au large du Cap d’Ambre, ni même les avions militaires qui ont survolé toute la zone du naufrage n’ont pu apercevoir le moindre débris ni fournir le moindre indice.
D’après les deux rescapés, leurs camarades ont dû être emportés vers le large par les courants violents.
Le naufrage de la drague Janine coûta la vie à 26 personnes : aucune ne fut jamais retrouvée.

L’explosion du Star Carrier
Le M/S Star Carrier, naviguant sous pavillon norvégien, était arrivé à Diégo -Suarez le 27 septembre 1961.
Son déchargement était pratiquement terminé quand un début d’incendie est constaté dans une cale à 8h.
Le Star Carrier étant chargé de 5200 tonnes de dynamite et de bouteilles de gaz, le capitaine du port décide de lui faire quitter le quai et de le conduire près de Nosy Lonjo où les marins - pompiers de la Marine Nationale s’activent à éteindre l’incendie.
À 20h, alors que l’incendie semble maîtrisé, l’avant du bateau explose, détruisant le remorqueur Pingouin qui se trouvait à couple pour pomper l’eau pour le navire.
L’explosion fut entendue jusqu’à Joffre et causa la panique en ville où le feu s’était communiqué au quartier du Lazaret.
Vers 6h30, le 30 septembre, le bateau coulait par 15 m de fond.
Les mâts et la cheminée sont encore visibles ou l’étaient encore il y a peu de temps.
Le bilan en pertes humaines était lourd : 21 morts dont huit norvégiens, sept marins français et six malgaches ainsi que de nombreux blessés

1942 : la fin horrible des sous-marins français
Le Héros
Au moment de l’attaque anglaise sur Diégo -Suarez, en mai 1942, les trois sous-marins français dont dispose la base sont en opération.
Le 5 mai, les sous-marins reçoivent les télégrammes suivants du Commandant de la Marine :
20h 04 : « Ralliez Diégo attaqué »
20h19 : « Vous ne rentrerez à Diégo que sur nouveaux ordres de moi. Votre mission consiste à faire le plus de mal possible à l’ennemi. »
Le commandant Lemaire ayant dérouté son bateau contourne le Cap d’Ambre par l’ouest dans la nuit du 7 mai.
À 4h30, le sous-marin se trouve face à la baie du Courrier, défendue par les récifs et les champs de mines français.
À 5h00, un avion est signalé à tribord arrière. Le bombardier Swordfish du porte-avions anglais Illustrious les a repérés au radar.
Le sous-marin plonge immédiatement mais, une violente explosion secoue le bâtiment. Le commandant ordonne : « moins 30 m » mais, par les hublots, il aperçoit la surface : l’explosion a fait remonter le sous-marin.
Devant les dégâts occasionnés, le commandant ordonne l’évacuation. Huit minutes après l’attaque le sous-marin a disparu par 300 m de fond.
Les 72 naufragés, se débattent dans des vagues énormes, à 13 km de la côte.
Une dizaine d’hommes sont dépourvus de ceinture de sauvetage : épuisés, ils couleront rapidement.
Cependant l’avion a signalé son attaque et deux bateaux anglais vont tenter de sauver les survivants que le vent repousse vers le large.
Soudain un hurlement : «les requins !»
C’est seulement 4h00 après le drame que les deux bâtiments britanniques recueillent les 52 survivants.
Un seul des 20 morts sera retrouvé : les autres - portés disparus - auront sans doute été la proie des requins.
Le Monge
Le Monge parvient en vue de Diégo - Suarez dans la nuit du 7 au 8 mai.
À 7h 56, le Monge attaque le porte-avions IHMS Indomitable qui évite de justesse ses torpilles.
Aussitôt attaqué à la grenade anti sous-marine, le Monge est coulé avec ses 69 marins au large de la passe.

Le Monge en 1935
Le Monge en 1935



S. Reutt - Association Ambre

 

 

 

Commentaires   

# Lorcet 25-08-2012 17:31
Quelle émotion en lisant cet article !
Mon père âgé aujourd'hui de 92 ans a vécu l'invasion anglaise de 1942. Il était fourrier à l'arsenal de Diego, a participé aux combats avant d'être ramené captif en Angleterre dans un camp en compagnie de sous-mariniers allemands.
Vous pouvez le contacter au 0240829990 si vous désirez entrer en contact

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