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Les Tsingy Rouges
Depuis quelques semaines il faut acquitter un droit d’entrée pour pouvoir se rendre aux Tsingy Rouges, ce qui ne manque pas de susciter de la grogne et des interrogations parmi les opérateurs touristiques qui se demandent à quoi vont être utilisés les fonds collectés.

Nous sommes allés interroger les responsables du projet à l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez pour en savoir plus.

La secrétaire de l’Office Régional du Tourisme de Diego Suarez (ORTDS) en charge de ce dossier, Mlle BEAMJARA Eudoxie Volasoa, nous a rassuré d’emblée : ce droit d’entrée est tout à fait officiel. Il est la conséquence de la création du Comité de gestion du site des Tsingy Rouge en septembre 2010, qui rassemble la Région DIANA, la commune d’Ankarongana, l’ORTDS, la Direction Régionale du Tourisme et la Direction Régionale de l’Environnement. L’objectif de ce comité est de permettre l’exploitation et la mise en valeur de ce site dans le souci de le préserver et de s’assurer que les retombées économiques profitent aux habitants des environs. Jusqu’à présent, les seules actions entreprises sur ce site ont été le fait d’opérateurs privés qui n’avaient aucun projet collectif associant les populations locales.

Les Tsingy Rouges

Les Tsingy Rouges : un chef d’œuvre de l’érosion.

On appelle Tsingy Rouges un vaste ensemble de concrétions naturelles dues à l’érosion par la pluie de couches de terrain de naturelles différentes (Demoiselles). Paradoxalement, ces formations que l’on cherche maintenant à préserver, sont une conséquence directe de la déforestation de la région due aux charbonniers qui ont totalement éliminé la forêt ancienne pour alimenter le réchaud des ménagères de la région... Ce phénomène d’érosion offre des paysages fantastiques, en alliant des formes dantesques à une palette de couleurs éclatantes, au sein d’une végétation extrêmement riche et diversifiée

Les Tsingy Rouges

Un droit d’entrée a donc été institué pour financer le programme du comité de gestion du site. Le tarif en vigueur depuis le 25 octobre 2010 est de 10 000 Ar pour les visiteurs étrangers et de 5 000 Ar pour les Malgaches. Il est prévu que 50% des recettes soient attribué à la commune pour l’accompagner dans des actions de développement humanitaires et sociales avec notamment un volet éducation avec la fourniture de kit scolaires aux enfants, l’accès à l’électricité au travers de solutions utilisant les énergies renouvelables (éolien / solaire), l’accompagnement à l’agriculture et en particulier le maraichage qui actuellement souffre d’un manque de débouchés. Les solutions envisagées sont la rénovation d’une piste et l’achat collectif d’une camionnette pour faciliter l’extraction de la production et l’acheminement vers les marchés de la ville. Amélioré les débouchés de l’agriculture aurait pour conséquence un effet positif sur la déforestation puisqu’il permettrait la reconversion de charbonniers en agriculteurs.
Les 50% restant sont alloués au comité de gestion pour ses frais de fonctionnement et qu’il exécute le plan d’aménagement et de valorisation du site. Les frais de fonctionnement sont principalement constitués des salaires du personnel : un coordinateur pour diriger le projet, un agent d’accueil chargé de percevoir le droit d’entrée, et des gardiens / cantonniers chargés de la surveillance et de l’entretien du site. Le plan d’aménagement prévoit la mise en place de panneaux de signalisation sur les différents parcours (balisage et sensibilisation environnementale), la construction d’un kiosque d’accueil à l’entrée du site, l’aménagement de parkings et d’une aire de pique nique avec des paillotes, des sanitaires, ainsi qu’une aire de camping. Ce projet bénéficie également du partenariat avec d’important opérateurs institutionnels dont le Conseil Général du Finistère, qui dans le cadre de son programme de coopération décentralisé s’est engagé à financer les différents aménagements à hauteur de 16 millions d’Ariary. Actuellement, le kiosque d’entrée est en cours de construction et les panneaux de signalisation posés.
En parallèle, le comité de gestion du site à entrepris la préparation d’une vaste campagne de communication et de promotion sur différents supports : création d’un site internet, édition de brochures, représentation dans les salons du tourisme, etc.
Des réactions en demi-teinte
Interrogé sur la réaction des opérateurs touristiques, Bruno, le coordinateur du projet recruté par le comité de gestion du site constate une réaction généralement positive une fois qu’il a expliqué la nature du projet. Il constate qu’il y a donc un travail d’information important à réaliser mais il a confiance dans le soutien des opérateurs convaincus. La réhabilitation et l’entretien permanent des pistes d’accès doit d’ailleurs permettre à ces mêmes opérateurs de se rendre sur le site toute l’année – saison des pluies comprises - dans des conditions acceptables pour les passagers et les véhicules, équilibrant le surcoût engendré par ce nouveau droit de péage. Du côté des opérateurs le ton est un peu moins optimiste : si ce projet est bien perçu, c’est la multiplication de ces droits de péage qui fait peur. « À trop vouloir nous taxer, on ne va plus aller nulle part » nous confie la secrétaire d’un excursionniste bien connu, « on est obligé d’ajouter une partie de tous ces droits au prix qu’on fait payer aux visiteurs, ce qui fait baisser notre bénéfice tout en étant plus chers aux yeux des touristes qui risquent de ne plus vouloir venir visiter une région si chère surtout en cette période de crise ». Une hôtelière de la région, expatriée, est scandalisée par la discrimination qu’elle voie une fois de plus dans la double tarification pour les malgaches et les étrangers. Elle vit en effet comme une humiliation qu’au bout de vingt ans passés ici, elle soit encore obligée de payer le double de ce que payent son mari ou ses enfants pour pouvoir accéder aux différents sites touristiques de la région. A cette question épineuse les responsables du Comité de Gestion des Tsingy Rouges répondent qu’ils sont bien conscients du problème, mais que le tourisme parmi les malgaches est très peu pratiqué, notamment en raison du faible niveau de vie d’une part importante de la population, et qu’il faut voir cette différence comme une mesure d’incitation au développement d’un tourisme malgacho-malgache qui serait la clé de la stabilisation et de la pérennisation d’un secteur touristique pour le moment exclusivement dépendant des visiteurs étrangers.
Le projet du Comité de Gestion de Tsingy Rouge fait l’objet de toutes les attentions des autorités locales concernées par le développement et le tourisme, qui le considèrent comme un projet pilote destiné à être reproduit à d’autres sites touristiques majeurs de la région si l’expérience se révèle concluante.
 A.M.

 

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