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« si la répression est nécessaire, seule la prévention et la réinsertion apporteront une solution à long terme »
« si la répression est nécessaire, seule la prévention et la réinsertion apporteront une solution à long terme »

Alors que la situation semble s’améliorer sur le front de la délinquance juvénile, un rapport du BIT analyse les causes profondes du phénomène et rappelle que si la répression est nécessaire, seule la prévention et la réinsertion apporteront une solution à long terme.

Foroches, Togo, Fantômes, Jamaïque … ce sont les bandes d’adolescents bien connues de Diego Suarez. L’intégration à un groupe est volontaire ou forcée : il faut en faire partie pour avoir sa protection contre les bandes adverses. D’autres sont par contre, tout simplement fiers d’être « foroches ».

La monoparentalité pointée du doigt

Il est superflu de dire que la monoparentalité est l’unique source de la délinquance des jeunes et des enfants de Diego Suarez. Tous les enfants élevés par leurs mères ou leurs pères seuls ne sont pas tous délinquants et tous les délinquants ne sont pas issus de familles monoparentales. Néanmoins, des éducateurs ont constaté que la plupart de ces jeunes sont élevés sans leurs pères. Des effets néfastes à leur éducation en découlent : le manque de moyens financiers, l’angoisse des adultes qu’ils doivent supporter au quotidien, les violences dont ils sont parfois témoins. La mère ou la grand-mère qui garde l’enfant ne pouvant satisfaire ses besoins et ses caprices le laissent se débrouiller seul, ferment même les yeux sur ce que l’enfant fait d’illégal ou de dangereux.
« Ces enfants manquent d’affection  » soutient Alice Ramandimbialifera, directrice d’un établissement scolaire qui recueille des jeunes en difficulté. « Au début, il faut les obliger pour qu’ils restent en classe. Après, ils sentent que les enseignants sont attentifs à eux et essaient de les comprendre. Ces jeunes tiennent à ces marques d’attention et de reconnaissance ». C’est ce que soutient également la consultante de l’Organisation Internationale du Travail. Elle a fait une enquête auprès de ces jeunes pour la réalisation d’un document sur la délinquance des jeunes et des enfants à Diego Suarez. Elle affirme que ces délinquants manquent d’attention.
Et bien qu’aucun nom n’ait été jusqu’ici divulgué, il est régulièrement rappelé que les jeunes et les enfants de Diego Suarez font l’objet de manipulations. C’était le cas lors des événements politiques de 1991, 2002... Pendant la dernière période de campagne électorale pour les présidentielles et les législatives, les perturbations provoquées par ces jeunes étaient nombreuses autant que les arrestations.

Extension du phénomène à d’autres grandes villes

Sambava : dans la matinée du 9 mai, une bande de jeunes ont entouré un journaliste dans la rue rejoignant le quartier Antanifotsy 2, sa caméra lui a été dérobée. La population environnante a accouru pour porter secours à la victime, mais les jeunes ont eu le temps de prendre la fuite avec le matériel. Un élève, soupçonné d’avoir participé à ce vol a été arrêté par la police l’après-midi, il est en classe de troisième dans un établissement scolaire privé de la ville.
Des constitutions de bandes de jeunes délinquants sont aussi rapportées dans les deux quartiers les plus cosmopolites de la Capitale : Ambohipo et 67ha. Le phénomène se propage-t-il ? Les explications données par quelques responsables de la sécurité intérieure démontrent que cet état de fait suit une logique. Des jeunes mêlés dans des affaires obscures à Antsiranana sont envoyés par leurs parents rejoindre des membres de leur famille dans ces deux villes afin de les éloigner. Or les jeunes déjà habitués à vivre dans un groupe (ce qui leur fait se sentir plus fort) rencontrent d’autres adolescents qui sont eux aussi dans ce besoin. Une situation plus dangereuse car ils constituent des gangs similaires à ceux de Diego Suarez, mais dans une autre ville. Ce point de vue reste pour l’instant une hypothèse car il n’est pas prouvé que les jeunes de Diego Suarez soient réellement à l’origine de ces gangs.

Répression ou réinsertion ?

Organiser des rencontres sportives ou des manifestations culturelles pour rassembler et réconcilier les jeunes. Punir sévèrement les délinquants. Autant de propositions collectées durant les nombreuses concertations pour une solution durable à ce phénomène.
Le Bureau International du Travail a réuni dans la matinée de jeudi 15 mai, les représentants de services techniques déconcentrés, de la société civile, les chefs fokontany… pour recueillir les informations supplémentaires et les changements qui se sont opérés depuis l’atelier de validation du document en octobre 2013. Cette réunion précède l’atelier avec les partenaires financiers. Le directeur du centre de rééducation de Joffreville, Jao Razaka a déclaré que bien que le centre soit fonctionnel depuis quatre ans, il est difficile de garantir les zéros récidives puisque les infrastructures ne sont pas adaptées, les matériels manquent et le centre éloigne les jeunes de leurs parents. Ces derniers jouent pourtant un rôle primordial dans la rééducation.
Au quartier des mineurs, les jeunes apprennent l’art et s’habituent aux activités artisanales. Tous n’ont pas la même motivation. Un adolescent incarcéré : « Je suis là pour être emprisonné non pour travailler » propos rapporté par Volazara Sakina, directeur régional de l’administration pénitentiaire. Les propositions quant à la réinsertion sociale de ces jeunes incarcérés abondent vers les activités en dehors du système scolaire de l’enseignement général.
Le Commandant de la Compagnie Territoriale de la Gendarmerie, Lova Randrianasolo quant à lui soutient que « s’il y a des actions à entreprendre pour prévenir les violences, c’est le moment le plus opportun car la ville est calme. Les têtes de troupes sont soit en prison soit en fuite ». Il avance que les alertes relatives aux actes de « foroches » se font rares ces dernières semaines.

■ V.M

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