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Le personnel de la Trésorerie Générale d’Antsiranana tout comme leurs collègues de la Grande île sont en grève depuis le 12 mars
Le personnel de la Trésorerie Générale d’Antsiranana tout comme leurs collègues de la Grande île sont en grève depuis le 12 mars

A Antsiranana, les usagers sont confrontés à une machine administrative partiellement bloquée : le service des domaines, le Trésor Public et les greffiers sont en grève. Les enseignants chercheurs de l’enseignement supérieur ont eux aussi tiré la sonnette d’alarme. Le point commun de ces différentes revendications est la gestion des fonds et des affaires publiques

Les employés du Trésor contre le Ministère

Le personnel de la Trésorerie Générale d’Antsiranana tout comme leurs collègues de la Grande île font la grève depuis le 12 mars. Ils condamnent la pression et intimidation dont ils font l’objet suite au refus du Trésor Public de décaisser 40 milliards d’ariary pour le ministère d’État en charge des projets présidentiels, des équipements, des infrastructures et de l’aménagement du territoire. La procédure que le Trésor Public qualifie d’illégale a été lancée en décembre 2014.

Le Trésor Public ne sera jamais complice des malversations perpétrées par certains tenants du pouvoir   Un employé du Trésor public d’Antsiranana

Ces 40 milliards proviennent en partie des recettes du port de Toamasina et une autre partie du Fonds d’Entretien Routier. La raison avancée par le ministère pour ce décaissement exceptionnel était au départ la réfection routière, puis récemment la situation d’urgence. Le Trésor Public, par les explications de son Directeur Général à travers les médias, a refusé le déblocage de cette somme. La procédure va en effet selon lui à l’encontre du principe d’orthodoxie financière et de la bonne gouvernance des finances publiques. La réaction du ministère ne s’est pas fait attendre : le DG du Trésor Public, Orlando Robimanana a été limogé par décision prise en conseil des ministres du 11 mars. Les fonctionnaires de la Trésorerie générale d’Antsiranana soulignent toutefois que leur objectif n’est pas de défendre une personne, mais les principes qui régissent la gestion des fonds publics. Ils s’insurgent ainsi contre « la tentative (voire même l’action déjà entreprise) de manipuler et de rendre malléable le Trésor Public ». Lors de leur point de presse du 25 février, les employés du Trésor Public ont déclaré « le Trésor Public ne sera jamais complice des malversations perpétrées par certains tenants du pouvoir ». La durée de la grève n’est pas déterminée, mais la banderole « Trésor public en grève » devant la Trésorerie Générale d’Antsiranana a été enlevée dans la matinée du 16 mars. Le syndicat des employés du Trésor Public se réunit à Antananarivo. Les provinces y étaient représentées. Lundi 16 mars, a eu lieu une rencontre entre le nouveau directeur général du trésor et le syndicat. Pendant trois jours (14, 15, 16 mars) les employés assurent le paiement de la pension des retraités et le salaire des fonctionnaires. Il ne s’agit donc que d’un service minimum..

Où va l’argent des enseignants ?

Pour les enseignants chercheurs, la question se pose sur ce qu’il est advenu du budget relatif à leur nouvelle grille indiciaire. Celle-ci a été adoptée en 2009.Depuis 2010, le budget est mentionné dans la loi de finances. Seulement « l’argent n’est jamais arrivé dans nos poches » : il n’a jamais figuré dans le bon de caisse des enseignants, affirme le président du Syndicat des Enseignants-Chercheurs de l’Enseignement Supérieur, SECES, section Antsiranana, Rakotomalala Hery Frédéric. Les rapports d’exécution du budget montrent que les sommes ont été décaissées, mais elles n’ont jamais profité aux enseignants.

L’argent n’est jamais arrivé dans nos poches. Nous nous sommes faits voler et il faut savoir par qui   Un enseignant chercheur de l’UNA en grève

« Nous nous sommes faits voler et il faut savoir par qui » réclament les enseignants venus se réunir à l’université d’Antsiranana dans la matinée du 11 mars. Ils exigent que leur situation soit régularisée et leurs indemnités de recherche et d’heures supplémentaires versées.
Fortunat Ramahatandrina, membre du SECES Antsiranana explique que si les enseignants chercheurs ne réagissent que maintenant c’est parce qu’ils ont accepté de faire des concessions pendant la période de crise. Toutefois, il avance que le syndicat a toujours attiré sur la situation l’attention des responsables qui se sont succédés. En 2014, les enseignants-chercheurs ont donné un an au régime Rajaonarimampianina. Ils attirent de nouveau l’attention sur leurs droits. Le syndicat des enseignants-chercheurs revendique par la même occasion les moyens adéquats à l’application du système LMD (Licence-Masters-Doctorat) et attire l’attention sur le fait que jusqu’à aujourd’hui, l’UNA n’a pas reçu son budget de fonctionnement.

Gestion de carrière et des biens publics

Les quarante deux greffiers du tribunal de première instance, de la cour d’appel, du tribunal administratif et financier d’Antsiranana sont en grève depuis le 9 mars. Ils demandent à ce que leur carrière soit mieux gérée et que 600 000 ariary d’indemnités leur soient octroyés.
Les greffiers sont en grève, tout comme la dernière fois, le service minimum n’est pas assuré. Depuis lundi 9 mars, toutes les procédures d’ordre judiciaire et administratif sont bloquées. Un médecin qui constitue son dossier pour participer à un concours de spécialisation est rentré bredouille. « Le dossier de candidature est à déposer avant vendredi et il me reste à obtenir mon extrait de casier judiciaire auprès du tribunal de première instance. J’espère que cette histoire de grève sera résolue d’ici peu » déplore-t-il.
Les revendications du syndicat des greffiers sont identiques à celles de 2012 et 2013, une partie a été accordée pendant la Transition. Les greffiers réclament maintenant que soient exécutés le reste, soit la plus grande partie de ces revendications. Les greffiers demandent à ce que l’évolution de leur carrière se fasse systématiquement tous les cinq ans. Razamany Désiré, délégué du syndicat des greffiers d’Antsiranana explique « les greffiers sont formés par l’école nationale de la Magistrature et des Greffes. Pourtant à chaque recrutement, il y a toujours des gens qui viennent on ne sait d’où et qui sont nommés aux postes importants (greffiers en chef des services judiciaires ou greffiers en chef concepteurs). Ils n’ont ni qualification ni diplôme de l’ENMG (Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes). Pendant ce temps, certains d’entre nous sont en poste depuis des années et n’avancent pas dans leur carrière». Les greffiers demandent alors l’annulation de la nomination de ces recrutés qui n’ont pas suivi de formation. Ils sont catégoriques « il ne doit pas y avoir de recrutement de greffiers contractuels. Le greffier est formé par l’ENMG ».
Les greffiers avancent que tout comme les magistrats, leur profession comporte aussi des risques. Ils demandent donc à ce que leur soient octroyés des indemnités. Avec d’autres contraintes de la profession qui nécessitent indemnisation, le montant serait de 600 000 ariary. La transition leur a accordé 100 000 ariary. Les greffiers acceptaient que leurs autres réclamations soient étudiées durant la quatrième République. Razamany Désiré avance qu’un dialogue s’est installé le 9 mars entre le syndicat des greffiers de Madagascar et le ministère de la Justice, mais aucun compromis n’a été trouvé. Un projet de décret portant « tarifs de greffe devant la Cour suprême et la Cour de cassation » a été adopté en conseil de gouvernement. Le dialogue est installé et les greffiers ont décidé de reprendre le service depuis lundi 16 mars..

Les particuliers écartés des terrains domaniaux

Les employés du service des domaines quant à eux réclament (entre autres) que soit levée l’interdiction d’acquisition de terrains domaniaux pour les particuliers. Ils qualifient cette mesure d’atteinte au droit fondamental des citoyens.
Rappelons que depuis le 11 juillet 2014, la réception de nouvelles demandes de terrains domaniaux a été suspendue. Ceci selon le ministère d’État en Charge des Infrastructures, de l’Équipement et d’Aménagement de Territoire, afin de procéder à l’inventaire des biens relevant du domaine privé de l’État pour « constituer des réserves foncière en vue de la promotion du développement par les infrastructures ». Il était prévu que les cessions et désaffectations des immeubles du domaine privé de l’État soient suspendues jusqu’au 31 décembre 2014, mais le délai a été prolongé pour une durée encore indéterminée. La grève du syndicat des employés du service des domaines a commencé le 9 mars 2015 et se poursuit jusqu’à ce jour.

■ V.M

Commentaires   

# RE: Grogne sociale : les administrations en grèveANDRIAM 24-03-2015 17:42
Normalement les ministres représentent une partie politique qui signe des documents après appréciations de la direction compétente dans le métier. Le ministre ne peut pas imposer mais simplement proposer. Le problème est réglé. De même l'urgence d'état est dans la situation de guerre avec l'ennemi extérieur.

50 milliards d'Ariary = 14 millions d'euros = 670 milles fois le smic malgache

Le salaire annuel de 55 000 foyers.

De même,Il devrait y avoir quand même une signature sur chaque document de la sorte comme:
- "Les rapports d’exécution du budget montrent que les sommes ont été décaissées, mais elles n’ont jamais profité aux enseignants."
- "c’est parce qu’ils ont accepté de faire des concessions pendant la période de crise."

- "Ils demandent à ce que leur carrière soit mieux gérée et que 600 000 ariary d’indemnités leur soient octroyés."

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