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La surexploitation et le gaspillage touchent aussi la mer
La surexploitation et le gaspillage touchent aussi la mer

Les effets du gaspillage et de la surexploitation des ressources naturelles sont de plus en plus manifestes. Pour Antsiranana, la pénurie en eau témoigne des conséquences de cette dégradation. Mais des exemples existent d’actions qui peuvent renverser cette tendance pour le profit de tous

Société de consommation ou société de gaspillage ?

Les ressources sont faites pour être consommées. Sur les sept milliards d’habitants que compte la planète, très peu se préoccupent de la durabilité des ressources qu’elle offre à l’humanité. Si rien n’est fait « la planète sera comme une orange pressée jusqu’à la dernière goutte » indique l’environnementaliste Mac Gordon, lors de son intervention durant la conférence-débat pour la célébration de la journée mondiale de l’environnement à Antsiranana. Cette année, le thème de cette journée était « Sept milliards de rêves, une planète, consommons avec modération ».

Qu’adviendra-t-il de la planète si les sept milliards d’individus mettent tout en œuvre pour réaliser leur rêve en se servant de la planète ? Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon alerte « l’humanité continue de consommer bien plus de ressources naturelles que la planète ne peut en fournir durablement. De nombreux écosystèmes approchent dangereusement du point de non-retour. Il est temps pour nous de changer » lance-t-il. Dans son discours, durant la célébration de la journée mondiale de l’environnement à Antsiranana, Via Sabine Marie-Dorothée, directrice régionale de l’environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts de la DIANA déplore que « ne sachant pas comment consommer rationnellement, même les nouvelles pousses ne sont épargnées alors qu’elles garantissent le renouvellement des ressources ». Pour la même occasion, à l’hôtel de ville d’Antsiranana, Mac Gordon de l’organisation de la société civile pour l’environnement a exhorté tout un chacun à agir individuellement, indépendamment des autorités pour une consommation rationnelle des ressources « il faut commencer d’abord par des pratiques durables dans sa vie privée et s’engager ensuite dans la vie sociale ».

Montagne d’Ambre : la destruction de l’environnement à Bezavona tarit la source

L’eau manque. Certes, les infrastructures ne suivent pas la croissance démographique et sont vétustes, mais l’environnement à Bezavona, là où se trouve le lac Mahery (la source) se dégrade. Et pourtant, la zone fait partie du parc national de la montagne d’Ambre. Celui-ci est vaste (plus de 30 000 ha de superficie) alors que le parc ne compte que 28 membres du personnel. 350 personnes font partie du comité local du parc et avec le personnel, ils surveillent 66% de l’aire protégée. Les délinquants parviennent à s’incruster. Le défrichement et les feux y sont pratiqués pour la culture de katy et le charbonnage. Venty Odile qui est la directrice du Madagascar National Parks, parc national de la montagne d’Ambre, explique que 50 personnes sont recensées comme auteurs de délit. En 2014, près de 45 ha ont été défrichés, environ 8 ha étaient détruits par le feu et environ 41 arbres coupés. L’EMMOREG (Etat-Major Mixte Opérationnel de la Région), la direction régionale de l’environnement, de l’écologie, de la mer et des forêts, Madagascar National Parks, le comité local du parc ont réalisé l’opération coup de poing 2015. Elle a permis l’arrestation d’une vingtaine de présumés délinquants. Treize sont en prison, leur peine allant de trois à six mois d’emprisonnement ainsi que d’amende de 100 000 à 200 000 Ariary par individu condamné. Venty Odile affirme que l’impunité est l’obstacle dans la répression des activités destructrices de l’environnement dans cette zone. « Des gens influents », selon le rapport qu’elle a exposé durant la célébration de la journée mondiale de l’environnement, « interviennent pour la libération des personnes arrêtées ».

De moins en moins de produits de pêche

La surexploitation et le gaspillage touchent aussi la mer. « Des pêcheurs venant de la ville viennent à Bobaomby pour y pêcher. Pour faciliter leur tâche, ils utilisent du famato (plante) pour empoisonner les poissons. Tous meurent… il n’y a aucune sélection » raconte Fred, pêcheur originaire de Bobaomby et chef secteur à Lazaret sud. « Certains ne réfléchissent pas à ce qu’ils font et tout le monde en fait les frais » ajoute-t-il. Un pêcheur raconte qu’en 1987-1988, il partait à la pêche pendant trois jours et ramenait environ 60 kg de poissons, maintenant trois jours de pêche rapportent 10 kg au maximum. Dans la nouvelle aire protégée d’Ambodivahibe, les menaces et contraintes à prendre en considération sont les techniques de pêche destructrices de l’environnement marin, il y a aussi coupe sélective de mangroves. Le problème est que les habitants des espaces environnants (la mer et les forêts) ont pris l’habitude de se « servir » sans rendre compte à qui que ce soit et sans se soucier de ce qu’il en sera demain. Mais que faire pour une exploitation plus rationnelle ?

La gestion raisonnée de l’environnement facteur de développement durable

« Mettre les gens qui ne respectent pas la loi en prison n’est pas la priorité » indique Toahiry René, responsable du volet éducation et développement de MNP montagne d’Ambre. De plus l’interdiction stricte de toucher aux ressources naturelles n’est pas l’objectif. Les aires protégées sont constituées de zones où l’exploitation est interdite (noyau dur), il s’agit de périmètre de préservation intégrale, mais aussi de zone tampon où l’occupation est contrôlée pour une utilisation durable. Des zones de services soumises à cahier de charges. Les ONG gestionnaires d’aires protégées accompagnent les populations riveraines dans la création d’activités génératrices de revenu ne dépendant pas ou peu des ressources naturelles. A Antsalaka, le projet incitant les habitants à la culture de haricot a été initié par MNP, tout comme le projet palmipède dans d’autres zones. A Ampasindava et ses environs, la population est dotée de barques à moteur pour atteindre les zones de pêche plus profondes et sauvegarder ainsi l’espace de reproduction. Dans la nouvelle aire protégée d’Ambodivahibe, gérée par Conservation International, le cycle de fermeture et ouverture de la pêche est désormais rôdé et la quantité des produits s’améliore. Durant la première journée d’ouverture de la pêche en mars 2015, 66 pêcheurs ont récolté une tonne de produits (99% sont des poulpes). Le poids d’un poulpe atteint les 8 kilos alors qu’avant la fermeture il n’était que de 5kg. La fermeture de la pêche a commencé en 2010 à Ivovona. Depuis la mise en place officielle de la cogestion en 2009, les villageois ont été appuyés pour le développement d’activités indépendantes de la pêche  : de la culture maraîchère, élevage ovin et caprin… Ceci afin de prévoir la période de fermeture de la pêche de décembre 2010 au mois de mars 2011. A l’ouverture de la pêche, les pêcheurs ont récolté en une heure, 609 kg de poissons et de poulpes. De la bonne production (en qualité et en quantité) est ainsi prévue pour les mois suivants selon Conservation International, ce qui démontre tous les avantages à attendre d’une gestion raisonnée de l’environnement et des ressources naturelles.

■ V.M

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