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Le dugong est un herbivore qui vit principalement près des zones côtières, dans des eaux peu profondes. Il se nourrit principalement d’herbiers marins, comme les phanérogames qui forment des prairies sous-marines
Le dugong est un herbivore qui vit principalement près des zones côtières, dans des eaux peu profondes. Il se nourrit principalement d’herbiers marins, comme les phanérogames qui forment des prairies sous-marines

Même si les dugongs et les herbiers marins sont des espèces encore mal connues par la majorité de la population, ils contribuent fortement à l’équilibre de l’écosystème marin, mais sont néanmoins menacés.

Les dugongs une richesse peu connue

Le dugong est un mammifère marin de l’ordre des siréniens qui vit dans les zones côtières de l’Océan Indien, de la Mer Rouge et de l’océan pacifique. Il est cousin des trois espèces de lamantins qui vivent dans la zone tropicale de l’Atlantique. Ce mammifère marin, appelé également vache de mer ou halicore, mesure quatre mètres de long et peut atteindre plus de 500 kg. Il peut vivre jusqu'à soixante dix ans en solitaire ou en petits groupes. Le dugong est un herbivore qui vit principalement près des zones côtières, dans des eaux peu profondes. Il se nourrit principalement d’herbiers marins, comme les phanérogames qui forment des prairies sous-marines. Le dugong peut passer jusqu’à 16h par jour à s’alimenter, consommant jusqu’à 50 kg d’herbes marines. Il privilégie deux espèces : halophila spp. et halodule spp. Il se nourrit généralement jusqu’à 10 m de profondeur, mais peut occasionnellement se nourrir à des profondeurs plus importantes, jusqu’à 30 – 40 m. La maturité sexuelle d’un dugong a lieu aux alentours de 10 ans. La femelle a un petit tous les 4 à 5 ans. Après une gestation de 12 à 14 mois, la femelle met bas un seul petit qui mesure 1,20 m, pèse 20 à 35 kg et ne sera sevré que 18 mois plus tard. La morphologie du dugong est adaptée au milieu marin. Il est doté d’un corps massif, proilé et fusiforme, se terminant par une nageoire caudale large, échancrée et aplatie horizontalement. C’est d’ailleurs cette dernière caractéristique qui permet de le distinguer facilement du lamantin, son proche cousin, avec lequel il est souvent confondu.

Siréniens : dugongs et lamantins (source : Encyclopaedia Britannica)
Siréniens : dugongs et lamantins (source : Encyclopaedia Britannica)
Les dugongs facteurs d’équilibre de l’écosystème marin

Ces animaux herbivores broutent la végétation se trouvant sur les fonds peu profonds et généralement très près des côtes où ils vivent. Un adulte a besoin de 30 à 40 kg de nourriture chaque jour. Il contribue alors à l'épanouissement des fonds marins car la végétation prospère plus rapidement après son passage. Egalement, il contribue au brassage des fonds marins, ce qui favorise le développement de la faune locale. Le dugong a connu une réduction importante de sa population globale, couplé à la diminution de sa zone de distribution.

Les dugongs menacés

Le dugong fait face à différentes menaces dont la capture ciblée pour la consommation et la vente, la capture accidentelle par le matériel de pêche, la perte des habitats côtiers en particulier les herbiers marins. Par ailleurs, le besoin d’un habitat en zone côtière peu profonde et le taux de reproduction très faible (cycle de vie lent) des dugongs en font une espèce particulièrement sensible aux activités humaines. Par conséquent, le dugong est classé comme vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN. Les zones côtières du Nord présentent encore de grandes étendues d’herbiers, ce qui indique la possibilité de présence de populations viables de dugongs dans cette région.

Aire de répartition des dugongs
Aire de répartition des dugongs
Des traités et conventions de protection existent

Les dugongs sont protégés aux échelles internationales et nationales par des traités et conventions comme le Mémorandum d’Entente sur la conservation et la gestion des dugongs et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition qui a été mis en place par la Convention pour les Espèces Migratrices (CMS). Son objectif est de favoriser les actions transfrontalières en faveur des populations de dugong et de leurs habitats. Il est effectif depuis le 31 octobre 2007. Il regroupe aujourd’hui 18 pays signataires.

Les herbiers marins, petits mais non négligeables

Quant aux herbiers marins appelés également phanérogames marines, ils sont les seules plantes à fleurs photosynthétiques qui vivent dans l’eau et qui forment de grands herbiers le long des côtes de tous les continents sauf l’Antarctique. Toutefois, ce ne sont pas des algues. Il existe peu d’espèces, seulement 58 qui sont connues et qui se répartissent en 12 genres différents. Les phanérogames marines sont présentes dans des eaux peu profondes et abritées comme des estuaires, lacs, lagons. On peut parfois les trouver jusqu’à 40 m de profondeur et les herbiers sous-marins sont souvent en association avec d’autres écosystèmes comme les récifs coralliens, les mangroves, les marais salants ou d’autres habitats marins. Un grand nombre de paramètres environnementaux interviennent dans la colonisation des phanérogames. Ces paramètres incluent les paramètres physiques (température, salinité, vagues, courants, profondeur, substrat et longueur du jour), les phénomènes naturels qui limitent l’activité photosynthétique des plantes (lumière, nutriments, épiphytes et maladies), et les apports anthropogéniques qui limitent la disponibilité en lumière pour la croissance des plantes (chargement en nutriments et en sédiments).

Sans les herbiers marins, ce serait le chaos sous la mer

Les herbiers ont des rôles importants dans l’équilibre de l’écosystème marin. Ils capturent l’énergie solaire et la convertissent en matière organique qui peut être utilisée par toute la chaîne alimentaire. Dans un autre angle, les herbiers diminuent la concentration en sédiments dans la colonne d’eau, piègent de grandes quantités de nutriments et de matière organique dans le sédiment, absorbent directement le CO2 et relâchent de l’oxygène dans la colonne d’eau par photosynthèse. Cet oxygène peut être utilisé ensuite par tous les organismes vivants. En outre, les racines des herbiers couvrent le sédiment mou dans lequel ils grandissent, formant ainsi une matte qui stabilise le sédiment. La combinaison du réseau dense des racines, des rhizomes et des feuilles stabilise les fonds sableux et servent de barrière hydrodynamique qui tamponne l’énergie des vagues et la vitesse du courant, réduisant ainsi la turbidité et l’érosion côtière. Actuellement, plus de 3 000 espèces animales vivent en association avec les herbiers. Les herbiers fournissent une multitude de niches et de micro–habitats différents et pratiques comme résidences permanentes ou transitoires pour de nombreux organismes benthiques, démersaux et pélagiques. Les herbiers sont d’importants sites de nurseries pour une grande variété de faune comme les dugongs et les tortues marines dans les tropiques. Les herbiers fournissent également une source de nourriture pour les poissons, les oursins et les tortues marines, ainsi qu’un site d’attachement pour les algues, les éponges et les œufs. De nombreuses espèces passent leurs stades post-larves et juvéniles dans les herbiers avant de migrer vers d’autres habitats.

Comme toutes espèces, ils font face à des menaces

Cependant, plusieurs menaces mettent les herbiers marins en danger. Les herbiers se trouvent au croisement de la terre et de la mer et donc sont très vulnérables aux populations humaines qui habitent les zones côtières. Le déclin des habitats des herbiers est causé par une combinaison de facteurs de turbidité élevée, de concentration élevée en nutriments et de dégâts mécaniques directs. Il y a les menaces naturelles d’ordre géologique comme le soulèvement ou abaissement côtier qui changent les conditions dans lesquelles les herbiers peuvent pousser. De même, les tempêtes importantes peuvent détacher des feuilles, déraciner et éroder de grands herbiers. Les inondations des tempêtes ou les pluies peuvent augmenter les nutriments, les sédiments et la turbidité dans les herbiers. Une réduction de lumière peut avoir une influence sur les taux de photosynthèse ou peut même étouffer les herbiers. Le processus continu de broutage constitue aussi une menace. Des poissons oursins, dugongs et tortues vertes, nombreux poissons et mollusques se nourrissent directement des épiphytes présents sur les herbiers et ont un impact sur la densité et la santé des feuilles. Les maladies naturelles comme les bactéries, les parasites et la croissance fongique ont un impact sur la santé des herbiers. Les espèces envahissantes comme l’algue Caulerpa taxifolia prolifèrent et remplacent les herbiers. De plus il y a les menaces anthropogéniques comme celles qui viennent de la mer telles le dragage, la réclamation de la terre, chalutage de fond, échouages de bateaux, ancrage, propulseurs, constructions côtières, aquaculture, dégâts mécaniques, perte d’habitats. Mais aussi les menaces provenant de la déforestation et la sédimentation accrue, le ruissellement de nutriments, les déchets, toxines, espèces invasives. Sans oublier les menaces dues au changement climatique comme l’augmentation du niveau des océans, la salinité, les courants marins.

La méthode Seagrass watch pour limiter la dégradation des herbiers marins

Néanmoins, des activités de conservation ont déjà été élaborées. Dans ce cadre, une surveillance a été mise en place grâce à la méthode Seagrass Watch qui est un programme d’évaluation et de monitoring des herbiers qui est scientifique et non destructif. Ce programme vise à éduquer la communauté sur l’importance des herbiers en tant que ressources, conscientiser les managers côtiers, former les membres locaux aux méthodologies scientifiques standardisées, conduire un monitoring à long terme de l’état des herbiers et des habitats côtiers, fournir un système d’alerte précoce sur les changements dans l’environnement côtier et soutenir les mesures de conservation qui permettent la résistance à long terme des herbiers. Les efforts de monitoring de Seagrass-Watch sont vitaux pour surveiller la santé globale des herbiers et évaluer les impacts humains sur ceux-ci.
■ Raitra

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