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Une étude de cas réalisée afin de comprendre les dynamiques en jeu dans les chaînes d’approvisionnement du litchi de Madagascar
Une étude de cas réalisée afin de comprendre les dynamiques en jeu dans les chaînes d’approvisionnement du litchi de Madagascar

Selon les estimations, 70 000 travailleurs malagasy sont engagés chaque année dans la chaîne d’approvisionnement du litchi à Madagascar. Le caractère saisonnier du travail prive ces travailleurs de leur droit à une sécurité sociale, et puisque la plupart est dans l’informel, les mesures de sécurité sont quasi-inexistantes

Plusieurs risques liés au travail de production du litchi

Quelques productions sont enregistrées à Antsiranana, mais l’exploitation du litchi se situe surtout dans la côte est du pays. Dans tous les stades de la production, le travail est saisonnier. La durée du travail est de cinq jours à trois semaines et ce suivant la nature des tâches. Environ 45 000 personnes récoltent le litchi destiné à l’exportation, près de 4 000 travailleurs sont engagés dans le transport et environ 25 000 sont dans le traitement et la transformation des produits. Jusqu’à aujourd’hui « la protection et la surveillance sanitaire tout au long de l’année sont limitées par le caractère temporaire des contrats et l’absence de régimes de protection sociale non contributifs » relate le rapport de l’étude de cas portant sur la chaîne d’approvisionnement du litchi de Madagascar. Pourtant les risques d’accident et la contraction de maladie liée au travail sont importants. Dans la production de litchi, les techniques sont très limitées. Les arbres ne sont pas taillés et leur hauteur peut atteindre les 15 mètres. Pendant la récolte, les principaux risques sont les chutes, l’exposition à la chaleur, les piqûres d’insectes, l’eau insalubre et ceux liés à la manutention de charges lourdes. Au cours du traitement et transformation du litchi, outre les risques d’incendie et de chutes d’objet, les femmes se tiennent debout pendant des heures (manipulation des fruits). De plus, elles peuvent être affectées par les résidus de souffre. Les hommes sont eux aussi exposés aux produits chimiques à cause de ce traitement au souffre et les risques liés aux charges à manipuler sont considérables. Les travailleurs étant dans l’informel, il est difficile pour eux et à leurs familles de faire face aux conséquences physiques et financières d’un accident ou d’une maladie liés au travail.

Une étude pour l’amélioration de la sécurité et de la santé au travail

L’enjeu relatif à la perte humaine et aux coûts économiques des maladies et des accidents liés au travail est de taille. Au niveau international, les discussions se concentrent sur leur prévention. Les ministres du travail et de l’emploi des pays du G20 (groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union Européenne-NDLR) ont pris l’engagement d’améliorer la sécurité et la santé au travail dans leurs pays et dans le monde entier. Ce dernier point touche Madagascar dont 80% des exportations mondiales de litchi sont destinées aux pays de l’Union Européenne. L’étude de cas permet de comprendre les dynamiques en jeu dans les chaînes d’approvisionnement mondial (des études de cas ont été également réalisées en Indonésie et en Colombie) afin d’identifier les facteurs incitatifs et les contraintes pour l’amélioration de la sécurité et la santé au travail. L’étude de cas a été réalisée par Lou Tessier du Bureau International du Travail et Michel Jahiel du Centre de coopération Internationale en Recherche agronomique pour le Développement (CIRAD). Il est aussi du Centre Technique Horticole de Tamatave (CTHT). La présentation des résultats de cette étude s’est tenue à Antananarivo le 13 décembre.

Les conditions de travail à améliorer dans l’intérêt humain et économique

D’après Christian Ntsay, directeur du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles, l’amélioration de la sécurité et de la santé au travail lie les questions de compétitivité et l’amélioration des conditions de travail. L’intérêt est donc d’un côté économique, et de l’autre, humain. Madagascar dispose d’un Programme Pays du Travail décent 2015-2019 et cette amélioration de la sécurité et de la santé au travail répond à une des priorités du programme, à savoir « améliorer la productivité du travail par la promotion du dialogue social et des principes et droits fondamentaux au travail et de la protection sociale ». Outre ce Programme Pays, Madagascar dispose aussi de textes censés réglementer le domaine du travail à Madagascar, dont le code d’hygiène, de sécurité, et de l’environnement du travail. Les membres de la conférence des travailleurs de Madagascar ont soulevé à de nombreuses reprises le non-respect par les entreprises de ses dispositions. Le directeur de la sécurité sociale des travailleurs au sein du ministère du Travail et de la fonction publique soutient que son département incite déjà les entreprises du secteur agricole (dont il est question) à intégrer les services médicaux inter-entreprises. Elle avance aussi que l’étude pour la sécurité sociale des travailleurs du secteur rural est en cours. Lou Tessier, auteure de l’étude de cas quant à elle estime qu’il faut surtout se pencher sur l’instigation d’une culture de prévention au sein des entreprises. Un long processus par ailleurs.

■ V.M

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