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Concours de pétanque au boulodrome « Cercle mess »
Concours de pétanque au boulodrome « Cercle mess »

La pétanque se joue dans de nombreux pays francophones comme par exemple en Belgique, Mayotte ou la Réunion, mais elle est également fortement présente à Madagascar qui est une véritable terre de prédilection pour ce sport

Les résultats parlent d'eux mêmes : Madagascar est sacrée championne du monde en 1999 et vice championne du monde en 2011. La ville de Diego Suarez ne fait pas exception à la règle et possède des bons joueurs passionnés de pétanque qui, depuis plus d'une dizaine d'année, restent frustrés de ne plus pouvoir participer aux championnats de pétanque de Madagascar. Nous sommes allés à la rencontre de ces pétanquistes en quête de reconnaissance.
A l'origine, le mot « pétanque » provient de l'occitan pé « pied » et du mot tança « pieu », c'est à dire « pieds joints ». En ce sens, la pétanque se joue dans un cercle (de 35 à 50 cm), sans élan et sur un terrain court (15 mètres de longueur et 4 mètres de largeur). Elle se différencie du « jeu provençal » où le joueur prend son élan pour tirer ou pointer sur un terrain plus long. L'objectif est simple : marquer le plus de points possibles en plaçant ses boules au plus prés du but (le cochonnet). Les équipes, nommées « doublettes », sont composées d'un tireur qui place sa boule au plus

La pétanque à Diego Suarez : une affaire serieuse...

prés du but et d'un pointeur qui déplace les boules afin de les éloigner du but. La triplette est la formation utilisée lors des championnats de pétanque, elle requiert un milieu, c'est à dire un joueur polyvalent. En fonction de ces différents rôles (tireur, pointeur ou milieu) le choix du diamètre mais aussi du poids des boules est déterminant. Un pointeur choisira une boule lourde d'au moins 710g, un tireur une boule légère d'au plus 690g et un milieu une boule d'un poids médian (entre 690g et 710g). Et puis précise Rive, vice champion de pétanque à Diego Suarez, « ce qui est important c'est la qualité d'analyse du joueur, on travaille beaucoup avec les méninges. Il faut par exemple bien compter le nombre de boules du partenaire et la place des boules. C'est un jeu très stratégique. A chaque mène (une mène est une partie qui se joue en treize points) tu dois analyser même si tu es un bon tireur ou un bon pointeur ». Toutefois, ne perdons pas de vue que ces généralités doivent être rapportées aux réalités économiques de Diego Suarez. La rareté et le prix d'achat élevé d'une paire de boules (entre 160 000 et 200 000 Ariary à Antananarivo), ainsi que les problèmes d'entretien ou d'éclairage des boulodromes, font que les joueurs de pétanque à Diego Suarez sont confrontés à des difficultés matérielles évidentes. Mais qu'importe si les conditions sont difficiles, le niveau d'exigence des joueurs de pétanque à Diego Suarez reste l'excellence.

 

Les boulodromes de Diego Suarez

A Diego Suarez, les joueurs de pétanque peuvent être répartis en trois catégories. Premièrement, il y a ceux qui jouent uniquement pour le plaisir et que nous retrouvons Place Kabary. Il s'agit plutôt de retraités qui jouent pour passer un bon moment entre eux. Ensuite, il y a ceux qui jouent pour le plaisir, mais parient de petites mises symboliques (généralement, de 1 000 à 21 000 Ariary).

La pétanque à Diego Suarez : une affaire serieuse...

Ils jouent à part, sur un deuxième terrain de la place Kabary laissé à leur disposition. Puis il y a les « professionnels » ou « semi-professionnels » qui jouent à la fois pour le plaisir, mais aussi pour de plus grosses sommes d'argent ou de plus gros gains (sous forme de lots). Ces derniers se repartissent entre le terrain de Tanambao 1 et celui du Cercle Mess qui, selon l'expression d'un joueur, est le terrain de pétanque « le plus classe de Diego Suarez ». Le cercle mess, CBA (Club Bouliste d'Antsiranana), est un boulodrome où se retrouvent essentiellement les indiens et les malgaches. Sous le feu de puissants projecteurs, les compétitions de pétanque se prolongent de 18h à 2 heures du matin dans une ambiance quasi religieuse. Il n'est pas rare que des bons joueurs soient recrutés pour jouer dans une équipe en tant que « mercenaires ». C'est le cas de Monsieur Rive, que nous avons rencontré place Kabary. Deux fois, nous raconte t-il, « les indiens m'ont pris comme tireur dans leur équipe. Ils me payent 20 000 Ariary, mais l'équipe peut gagner jusqu'à 200 000 Ariary s'il y a dix équipes en jeu. L'avantage du mercenaire, c'est que s'il gagne ou s'il perd, il empoche toujours ses 20 000 Ariary ».

 

Diego Suarez à l'écart des championnats de pétanque de Madagascar
Le vice président du CBA (Club Bouliste d'Antsiranana), Ahmad Parakh, regrette que « le club ne soit pas officiellement reconnu et que Diego Suarez reste dans les compétitions de province ; il faudrait adhérer à la Fédération Malgache de boules, mais pour cela il nous faut deux sections (boulodromes) alors que nous n'en avons qu'une avec le club du Cercle Mess. On essaye de motiver ceux de la place Kabary ou Tanambao pour qu'ils forment eux aussi un club ». Faute d'adhésion à la Fédération Malgache de boules, Diego Suarez mais aussi la région de DIANA, ne participe plus depuis une dizaine d'années aux championnats de Madagascar. Mais d'autres raisons expliquent aussi la mise à l'écart de Diego Suarez des championnats de Madagascar. Disons que d'une manière générale, les sponsors ne semblent pa vouloir s'intéresser à ce sport qui réclame sur Diego Suarez plus de moyens pour attirer d'une part les jeunes avec des mises plus importantes, et pour d'autre part permettre l'entretien des terrains ou financer le transport des joueurs lors des compétitions. Moustafa, un joueur rencontré au Cercle Mess, en appelle « à tous les gens de Diego Suarez car », précise t-il, « c'est un sport où il y a des bons joueurs sur Diego Suarez. On peut aller loin s'il y a des gens qui nous poussent au niveau des autorités malgaches, des sociétés privées et étrangères… ».

La pétanque : une histoire d'amitié

« Même s'il y a de la pluie », fait valoir Flaubert (informaticien à l'université), « on vient toujours retrouver les amis place Kabary. Il n'y a pas que les boules dans cette amitié là. Le dimanche, on mange ensemble. On est comme une famille ».
Le groupe de jeunes dont parle Flaubert est formé de garçons d'une trentaine d'années, ayant un travail et surtout unis par une amitié solide née d'une passion commune : la pétanque. Cette amitié s'est construite sur le boulodrome de la place Kabary et autour de cette discipline.« On devient amoureux de ce sport apporté par les français, précise Flaubert. On progresse de jour en jour » -  Amoureux - un mot qui en dit long sur l'attachement des joueurs de Diego Suarez à la pétanque…
■ CB


Les boules de compétition

Les boules doivent être agrées par la FIPJP et répondre aux caractéristiques suivantes :

  • Être en métal.
  • Avoir un diamètre compris entre 7,05 cm et 8 cm (entre 6,5 cm et 8 cm pour les jeunes de moins de 11 ans dans leurs compétitions spécifiques)
  • Avoir un poids compris entre 650 g et 800 g (entre 600 g et 800 g pour les jeunes de moins de 11 ans dans leurs compétitions spécifiques)
  • La marque du fabricant et les chiffres correspondant au poids doivent être gravés sur les boules et lisibles
  • Elles sont creuses, contrairement à celles des boules lyonnaises, et ne doivent pas être truquées (lestées = « farcies » dans le langage spécifique des joueurs).
  • Le nom et/ou prénom ou surnom du joueur ou ses initiales peuvent y être gravées.
Les boules de compétition

Les « expressions boulistiques » en vogue chez les boulistes de Diego Suarez

Tous les sports ont leur langage, leur code et leurs expressions. Cependant la pétanque à Diego Suarez génère un vocabulaire et des expressions particulièrement imagés tirés à la fois du français et du malgache. C'est autour du terrain de pétanque de la place Kabary à Diego Suarez que nous avons rencontré Pierre Mbima, enseignant chercheur dont le domaine de recherche s'applique à la sociolinguistique de la pétanque. Celui ci effectue son étude sur tout Madagascar mais plus particulièrement à Diego Suarez. Nous lui avons posé quelques questions sur l'avancée de ses recherches.
Tribune de Diego Suarez : Pourquoi orientez vous votre recherche sociolinguistique à Diego Suarez plutôt qu'ailleurs à Madagascar ?
Pierre M : Je suis allé un peu partout à Madagascar pour effectuer mes recherches (Tuléar, Tamatave, Fianarantsoa, Antananarivo, etc.). Mais voyez vous si l'on prend par exemple Diego Suarez et Tana, le lexique est différent par la forme. A Diego Suarez les joueurs ont tendance à franciser les termes tandis qu'à Tana on malgachise les termes. Pour dire « tirer une boule du premier coup » on dira à Diego Suarez « la prem » mais à Tana on dira « Rema » (qui vient d'irayminitra, c'est à dire une minute, qui se transforme en ray m puis en rema). Autrement dit, ce qui m'intéresse à Diego Suarez, c'est l'apport du français sur la pratique de la pétanque. Je trouve que les expressions boulistiques de Diego Suarez provenant essentiellement d'un français très approximatif sont très colorées. Les expressions malgachisées que l'on trouve ailleurs ne m'intéressent pas immédiatement.
Tribune de Diego Suarez : Le lexique boulistique évolue t-il au cours des années?
Pierre M : Les termes gagnent sur les quartiers, et sont mis en circulation, puis ça change et l'on trouve des nouvelles expressions. Mais il y a une cohérence : la plupart des expressions boulistiques de Diego Suarez proviennent du vocabulaire culturel français. D'autre part il faut connaître la culture locale pour rentrer et vraiment comprendre les expressions. Par exemple, si on dit « pointe sur Diego Suarez » cela veut dire qu'on est prés du bouchon. « Pointe Diego Ramena » dans ce cas on est loin du bouchon comme Diego Suarez est loin de Ramena. Si un joueur siffle l'hymne national (français par exemple), cela veut dire que la partie se termine en défaveur d'un Vazaha français.

Petit lexique de la pétanque Diégolaise

Voici quelques éléments du lexique de la pétanque avec des expressions boulistiques à Diego Suarez recueilli par Pierre Mbima, enseignant chercheur:
Point beauf-naka : c'est pris, beau-frère, dans le sens d'avoir le point, par rapport à celles placées par ses adversaires.
Mi-tête : placer une boule qui vient se coller au bouchon.
Pilasia boule dévantaraiky : place une boule de devant.
Mi-pilasy boule sida : placer une boule qui vient se coller contre celle de l'adversaire.
Non, azami-tire ; pointer-va fo : non, ne tire pas ; mieux vaut que tu pointes
Bec à l'entre : boule lancée vers le but et qui prend le point après avoir heurté au passage celle(s) déjà placée(s)
Donné-naofausque : ta donnée ou ta donne n'est pas bonne ( pour parler de la zone d'impact au sol de la boule pointée)
Terrain-tydificil Ë, tension faut qué donnée-naotsara Ë : ce terrain est difficile, attention ! Il faut que tu puisses trouver une bonne donnée.
PointazDiego Suarez-Ramena net bande-naka : le pointage, c'est Diego Suarez-Ramena ; mon gars ! expression utilisée pour parler d'un pointeur qui joue mal. Par analogie, Ramena est un petit village touristique situé à une vingtaine de kilomètres de la ville de Diego Suarez.
Tsyampy la soupe : pas assez de soupe, c'est à dire manque de vitamine. Se dit lorsqu'un joueur envoie une boule beaucoup trop courte.
Points wagon araiky : des points faisant tout un wagon. Se dit lorsqu'on prend plus de quatre points dans une mène en doublette ou en triplette.

Commentaires   

+2 # lea 03-05-2012 17:10
yes
super avec une boisson froide a l ombre d un arbre
# vonsoa 24-05-2012 17:13
Je ne savais pas qu'il y avait tant de vocabulaires particuliers en boule-petanque!

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